Trouver le juste équilibre: à un, à deux, en famille

Trouver le juste équilibre: à un, à deux, en famille
En passant d’une personne à deux, un équilibre s’était déjà créé entre les moments passés seuls et ceux passés à deux. Lorsque les enfants arrivent, il faut créer un nouvel équilibre en famille, tout en conservant son couple.
Avant d’être parents, vous étiez un couple, et avant d’être un couple, des individus. L’idéal, c’est de ne perdre de vue aucun des trois.

« En passant d’une personne à deux, un équilibre s’était déjà créé entre les moments passés seuls et ceux passés à deux. Lorsque les enfants arrivent, il faut créer un nouvel équilibre en famille, tout en conservant son couple. Si on perd son couple de vue, quand les enfants partiront, il ne restera que deux individus n’ayant plus grand-chose en commun », explique Mireille Dion.

L’objectif à atteindre est de trouver un juste équilibre : du temps pour soi, du temps en couple et du temps pour la famille. « Dans chaque cas, mieux vaut prendre quelques minutes chaque jour plutôt qu’attendre d’avoir de longs moments, qui tardent à arriver et sont chargés d’attentes irréalistes. Cela sera plus bénéfique et satisfaisant », conseille Mireille Dion.

Lorsqu’on est conscient de l’évolution de notre dynamique familiale et que chacun sait ce qu’il veut garder de son couple, l’équilibre se crée plus facilement.

En pratique, remarque-t-elle, les pères arrivent davantage à maintenir leurs activités personnelles (sport, rencontres entre amis, etc.). « Ce sont eux qui ont raison, car c’est important pour l’équilibre », rappelle Mireille Dion. Les mamans gagneraient donc à les imiter plus souvent.

Les mères, de leur côté, ont tendance à être plus fusionnelles avec leur enfant. Pour rétablir l’équilibre, les papas ont un rôle à jouer en prenant, par exemple, l’initiative des sorties à deux, en suggérant un simple souper aux chandelles, en s’arrangeant avec les grands-parents pour qu’ils gardent. Les enfants de temps en temps, etc. « Bien des mères ont de la difficulté à sortir de la symbiose mère-enfant et c’est le rôle du père de rétablir la dynamique familiale : un père et une mère amoureux l’un de l’autre, avec un bébé », explique Geneviève Parent.

Si les conjoints ne parviennent pas à trouver un équilibre, l’enfant pourrait devenir le seul « trait d’union » du couple. Le thérapeute John Wright l’observe souvent. « Le risque est de devenir fusionnels autour de l’enfant : il devient notre source de connexion, notre prétexte à être ensemble, notre pouvoir central dans le couple », explique John Wright.

Souvent, remarque-t-il, ces couples laissent de côté leurs problèmes d’adultes. Ils se dévouent entièrement à leur enfant, tant et si bien que l’enfant reçoit plus d’attention que chaque parent et le couple réunis. « C’est une erreur pour le couple, mais aussi pour l’enfant, chez qui se développe un sentiment d’insécurité : ses parents ne sont pas autosuffisants et il devient leur unique source de bonheur. Quelle responsabilité! S’il pouvait réagir en adulte, il dirait sûrement : sortez, amusez-vous, vivez un peu sans moi! », affirme le thérapeute.

Naitre et grandir.com


Source :
magazine Naître et grandir, mai 2012
Recherche et rédaction : Marie Charbonniaud