Dossier

Sensibiliser les enfants à l'environnement

Pollution, sécheresse, feux de forêt, fonte des glaciers... Comment sensibiliser les jeunes enfants à la protection de l'environnement sans être alarmiste? Il suffit souvent de gestes simples à poser.

Continuer

Parler d’environnement (sans faire peur) aux enfants

Difficile de ne pas s’inquiéter quand on entend parler de changements climatiques, de feux de forêts, de sécheresse, de fonte de glaciers ou d’autres dérèglements de la nature. Mais comment parler d’environnement à votre tout-petit sans lui faire peur?

Par Nathalie Vallerand

Difficile de ne pas s’inquiéter quand on entend parler de changements climatiques, de feux de forêts, de sécheresse, de fonte de glaciers ou d’autres dérèglements de la nature. Mais comment parler d’environnement à votre tout-petit sans lui faire peur?

Comme plusieurs parents, Bouchra Taïbi se demande dans quel monde vivra son enfant, Emile Omar, 4 ans. « Quel sera l’impact des changements climatiques sur les populations? Je pense aussi aux enfants de mon fils, s’il en a. Quand ils grandiront, restera-t-il encore des espaces verts, des forêts? » Cependant, elle fait attention à ne pas transmettre ses craintes à son fils. « C’est important pour moi de le sensibiliser à la protection de l’environnement. Mais je veux que ce soit quelque chose de positif pour lui. Il est trop petit pour porter sur ses épaules le poids de sauver la planète. »

Il est en effet préférable d’éviter d’être alarmiste en parlant d’environnement à un enfant. « Aborder ce sujet en insistant sur les dangers risque de l’effrayer et de lui faire vivre de l’anxiété, affirme le psychologue Joe Flanders. De plus, la question des changements climatiques est trop complexe pour la capacité de compréhension d’un jeune enfant. »

L’écoanxiété est un terme qui désigne l’anxiété causée par les problèmes environnementaux. Devant les nouvelles inquiétantes sur l’état de la planète et l’importance qu’y accordent les médias, de plus en plus de gens en souffrent, même des enfants. Un tout-petit qui est écoanxieux peut avoir des problèmes de sommeil, être triste, agité, agressif ou encore se replier sur lui-même. « Cela affecte son bien-être et nuit à sa capacité de bien fonctionner dans ses activités quotidiennes », indique Joe Flanders.

Si vous vivez vous-même de l’écoanxiété, il faut apprendre à vivre avec l’incertitude et garder un certain optimisme, conseille le psychologue. Une façon d’y arriver est de poser des gestes concrets en lien avec l’environnement. Vous serez ainsi en accord avec vos valeurs et vous vous sentirez mieux.

Inquiets les jeunes enfants?
Selon les résultats d’un sondage mené par Naître et grandir et Équiterre, 25 % des parents sondés affirment que l’avenir de la planète inquiète leur enfant. De même, 35 % rapportent que leur enfant pose beaucoup de questions sur l’environnement et sur la pollution. Toutefois, la majorité des parents (77 %) indiquent que leur enfant ne ressent pas d’anxiété en raison des changements environnementaux. Pour d’autres résultats, consultez notre article sur ce sondage mené auprès de 1 000 parents québécois d’enfants de 2 à 8 ans.

Miser sur le positif

Comment sensibiliser votre tout-petit à l’environnement sans l’inquiéter? Catherine Gauthier, directrice générale d’ENvironnement JEUnesse, suggère de le faire de manière positive et concrète. « Plutôt que de lui parler des problèmes environnementaux, il vaut mieux lui montrer de petits gestes quotidiens qui sont bons pour la nature. »

C’est ce que fait Meika Palmer, maman de Léo, 3 ans, et de Félix, 6 mois. « Par exemple, j’ai appris à mon aîné à ouvrir le robinet juste un peu quand il se lave les mains, parce que l’eau est précieuse. Je lui ai aussi appris à utiliser seulement la quantité de papier de toilette dont il a besoin, car c’est fabriqué avec des arbres. »

Évidemment, il est essentiel de montrer l’exemple. « Les enfants apprennent par imitation, rappelle Murielle Vrins, chargée de projets chez Équiterre. Les parents qui font des efforts pour réduire leur impact sur l’environnement habituent leurs enfants à faire la même chose. » Par exemple, à l’épicerie, un parent peut expliquer à son enfant qu’il choisit tel produit parce qu’il a moins d’emballage plastique.

Côtoyer la nature

Mélanie Leblanc-Chénier et ses fils, Zachary, 7 ans, et Kane, 3 ans, font du camping sous la tente toute l’année, sauf l’hiver. « Je veux que mes fils aiment et respectent la nature, dit la maman monoparentale. C’est une valeur fondamentale pour moi. »

Pour éduquer un enfant à l’importance de préserver l’environnement, le contact avec la nature est d’ailleurs essentiel. « L’idée, c’est de lui permettre de développer une connexion et un lien affectif avec le monde vivant, explique Barbara Bader, professeure à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval et titulaire de la Chaire de leadership en enseignement des sciences et développement durable. En fréquentant souvent la nature, il apprendra à l’aimer et il aura envie, plus tard, de la protéger. Un jeune enfant a une capacité d’émerveillement et une curiosité naturelle. Les insectes, les arbres, les plantes, les oiseaux, c’est beau, c’est intrigant, c’est vivant. »

C’est possible aussi sans sortir de la ville. « Jouer dehors, marcher, se promener à vélo ou faire un pique-nique au parc sont autant de façons de se rapprocher de la nature, pourvu qu’il y ait des arbres », ajoute Barbara Bader.

Faire un potager ou faire pousser des fines herbes dans des pots est un autre moyen de favoriser l’attachement à la nature. « Nous faisons pousser des haricots, des carottes, des tomates, des concombres, des cerises de terre et même des kiwis, énumère Éric Bazinet, papa de Maëlie, 6 ans, Léamée, 4 ans, et Alexim, 1 an. Ça fait réaliser aux enfants que les fruits et les légumes viennent de la terre, des arbres ou des plantes. Et ils adorent les ramasser! »

Parler ou non des catastrophes aux enfants?
Inondations, incendies, tornades… Pour ne pas perturber votre enfant, il faut éviter de l’exposer aux images et aux vidéos de ces catastrophes. « Il est préférable aussi de ne pas lui en parler, à moins qu’il aborde lui-même le sujet ou qu’il ait vu des images, dit le psychologue Joe Flanders. Dans ce cas, lui expliquer simplement ce qui s’est passé sans aller dans les détails. Insister plutôt sur le fait que beaucoup de gens vont travailler ensemble pour aider les personnes touchées. »

20 gestes pour l’environnement

Votre famille souhaite en faire plus pour prendre soin de la planète? Voici des idées accessibles et peu coûteuses pour vous inspirer… un pas à la fois.

Votre famille souhaite en faire plus pour prendre soin de la planète? Voici des idées accessibles et peu coûteuses pour vous inspirer… un pas à la fois.

1. Acheter moins de jouets. Les enfants n’ont pas besoin d’une tonne de jouets. De plus, il vaut mieux acheter moins de jouets en plastique parce qu’ils sont difficiles à recycler. Par exemple, Meika Palmer emprunte des jouets à la joujouthèque. « Ça permet de varier les jouets et de maintenir l’intérêt de mes enfants », souligne-t-elle. Il est aussi possible de trouver des jouets d’occasion en ligne ou dans des magasins d’articles usagés.

2. Composter. « Mettre un cœur de pomme dans le bac à compost, ça va de soi pour mes garçons, dit Mélanie Leblanc-Chénier. Ils savent que les restes de table ne vont pas dans la poubelle. » Le compostage réduit les émissions de gaz à effet de serre (GES) et permet de produire du compost qui enrichit les sols.

3. Avant tout achat, se demander : « Est-ce que notre famille en a vraiment besoin? » « Protéger l’environnement, ça passe aussi par la réduction de la surconsommation », souligne Barbara Bader, professeure et chercheuse en éducation à l’environnement. Acheter des articles de bonne qualité et les entretenir peut aussi être avantageux. Se demander si un objet peut être réparé avant de le jeter et de le remplacer est également un bon réflexe.

4. Boire l’eau du robinet. La production de bouteilles d’eau en plastique est polluante et utilise beaucoup d’énergie fossile. Et même si ces bouteilles sont recyclables, elles finissent souvent dans des sites d’enfouissement.

5. Cuisiner davantage. « C’est une belle activité à faire en famille, dit Murielle Vrins, d’Équiterre. Acheter moins de plats préparés permet aussi de réduire les emballages. » Autre suggestion : faire des purées de bébé maison.

6. Faire des dessins et des bricolages avec du matériel recyclé. Rouleaux de papier de toilette et d’essuie-tout, feuilles imprimées d’un seul côté, boîtes de carton, plats en aluminium… « Votre bac à recyclage regorge de trésors pour les projets de bricolage de votre enfant », rappelle Catherine Gauthier, d’ENvironnement JEUnesse.

7. Réduire le gaspillage alimentaire. On estime qu’une famille jette environ 140 kg de nourriture par année. Cela représente plus de 1 100 $. Lorsque vous jetez moins de nourriture, vous posez un geste important pour l’environnement et vous économisez de l’argent.

8. Remplacer les lingettes pour bébé par des débarbouillettes. « Pour les humidifier, vous pouvez garder un vaporisateur rempli d’eau à portée de main », propose Murielle Vrins. Pour nettoyer les petits dégâts de bébé, prendre une guenille. Vous pouvez transformer en chiffons les vêtements de coton tachés ou trop abîmés pour être donnés.

9. Privilégier la marche ou le vélo quand c’est possible. Moins utiliser l’auto est une bonne façon de lutter contre les changements climatiques, car les véhicules personnels causeraient 22 % des émissions de GES au Québec. Par exemple, Meika fait la plupart de ses achats à pied, avec bébé Félix dans sa poussette. Elle marche aussi pour se rendre au travail.

10. À l’épicerie, préférer les grands formats aux formats individuels, car cela permet de réduire les emballages. Mais attention au gaspillage alimentaire s’il s’agit de produits périssables! Si possible, privilégier les produits dont l’emballage est fait d’un seul matériau (ex. : carton) parce que c’est plus facile à recycler.

11. Montrer à votre enfant comment identifier tout ce qui peut être recyclé. Placer un petit bac de recyclage dans la cuisine, par exemple, pour que votre tout-petit soit capable d’y déposer lui-même les emballages de plastique, le papier, le carton, etc.

12. Acheter en vrac quand c’est possible. C’est une autre façon de réduire le suremballage. « J’ai commencé récemment à acheter certains produits en vrac, comme du bain moussant, du savon à lessive et du beurre d’arachide, dit Mélanie Leblanc-Chénier. Changer ses habitudes, ce n’est pas toujours évident. Alors, j’y vais un produit à la fois. »

13. Manger moins de viande. Une pratique adoptée par Catherine Delorme, la maman de Maëlie, Léamée et Alexim. « L’élevage du bétail a un impact vraiment négatif sur l’environnement, explique-t-elle. On a donc remplacé en partie la viande par des légumineuses. Mes filles adorent mon spaghetti aux lentilles! »

14. Utiliser des couches lavables. Pour réduire la grande quantité de couches jetables dans les sites d’enfouissement, plusieurs villes offrent des subventions à l’achat de couches réutilisables. L’entretien des couches lavables nécessite beaucoup d’eau et d’énergie, mais au Québec, avec l’hydroélectricité qui est peu polluante, elles sont un bon choix pour l’environnement. Elles peuvent aussi servir pour plus d’un enfant.

15. Organiser une fête d’enfants sans sacs à surprises. De toute façon, les petits jouets qu’on y trouve finissent rapidement à la poubelle. « À la fête de mon fils Léo, j’ai remplacé les sacs à surprises par une activité de bricolage et les enfants repartaient avec leur œuvre, dit Meika. » Mieux vaut aussi éviter la vaisselle jetable.

Des parents motivés
Selon les résultats d’un sondage mené par Naître et grandir et Équiterre, 81 % des parents sondés se disent motivés à poser des actions pour protéger l’environnement. De plus, 66 % affirment bien connaître les gestes concrets qui peuvent être effectués pour y arriver. Selon eux, les actions les plus importantes à faire sont de recycler et de composter (72 %), d’éviter le gaspillage (62 %) et d’apporter ses contenants et ses sacs (47 %). Pour d’autres résultats, consultez notre article sur ce sondage mené auprès de 1 000 parents québécois d’enfants de 2 à 8 ans.

16. Baisser la température de la maison. La nuit ou le jour lorsqu’il n’y a personne, baisser la température de 3 °C. Cela permet de consommer moins d’énergie et d’épargner sur les frais de chauffage.

17. Se déplacer en transport collectif. Dans une grande ville, un autobus occupe moins d’espace et transporte plus efficacement ses passagers que si chacun avait une voiture. Il n’y a pas de transport en commun efficace dans votre région? Penser au covoiturage.

18. Consommer des fruits et légumes locaux de saison. La définition et l’impact de « l’achat local » ne font pas l’unanimité, mais selon des experts, ce serait surtout le fait de consommer des aliments locaux de saison qui serait meilleur pour l’environnement. Et c’est encore mieux s’ils sont issus de l’agriculture biologique.

19. Impliquez-vous dans votre communauté! Pour aller au-delà des gestes individuels et faire de belles rencontres avec amis et voisins, il existe une foule d’occasions de vous impliquer pour l’environnement près de chez vous. Vous pourriez, par exemple, participer au nettoyage des barges, vous impliquer dans un comité de parents… N’hésitez pas non plus à faire savoir à vos élus et élues que l’environnement vous préoccupe.

20. Donner au suivant. « Quand j’étais enfant, mes parents, qui étaient très pauvres, m’habillaient avec des vêtements usagés par nécessité économique, raconte Bouchra Taïbi. Aujourd’hui, je fais la même chose avec mon fils, mais par nécessité écologique. Une collègue de travail me donne des vêtements qui ne vont plus à son fils et, quand ils sont devenus trop petits pour le mien, je les donne à une autre maman. » Le même principe s’applique pour tous les articles pour enfants en bon état. De son côté, Éric Bazinet trouve beaucoup de choses pour ses enfants auprès d’amis ou sur les sites de petites annonces. « Avant d’acheter du neuf, je regarde dans l’usagé », dit le papa de Maëlie, Léamée et Alexim.

COVID-19 et environnement: quel impact sur l'effort des familles?

Avec la pandémie qui s’étire, on peut se demander si l’environnement est toujours une priorité pour les familles et quels sont les défis.

La COVID-19 a chamboulé le quotidien des familles : le défi de la conciliation famille-travail, les inquiétudes pour la santé et le développement des enfants, le stress parental, la fatigue… On peut donc se demander si, avec cette pandémie qui s’étire, l’environnement est toujours une priorité pour les familles? Et quels sont les défis?

« J’étais déjà convaincue de l’importance de faire ma part pour protéger l’environnement, mais la pandémie et le confinement ont renforcé mes convictions, dit Mélanie Leblanc-Chénier, maman de deux garçons. La nature, il faut en prendre soin. »

Comme elle, 90 % des répondants au sondage du Baromètre de l’action climatique ont dit, à l’automne 2020, vouloir poser des gestes pour lutter contre les changements climatiques et 78 % ont répondu vouloir en faire plus. Sur certains aspects concernant l’environnement, il y a en effet des améliorations depuis le début de la pandémie, mais il y a aussi de moins bonnes nouvelles.

Ce qui va mieux

Plus de contacts avec la nature. Comme plusieurs activités ont été mises sur pause, les familles ont redécouvert le plaisir de jouer dehors, d’aller marcher, de fréquenter les grands parcs, de faire un potager, etc. « Lorsqu’on trouve du bien-être au contact de la nature, on est plus sensible à l’importance de la préserver », soutient Catherine Gauthier, directrice générale d’ENvironnement JEUnesse.

Volonté d’acheter local. Davantage de personnes consomment des produits locaux (60 % en 2020 contre 55 % en 2019, selon le Baromètre). Plusieurs font aussi des efforts pour effectuer leurs achats dans des commerces d’ici. C’est le cas de Mélanie. « Avant, je ne regardais pas la provenance des choses que j’achetais en ligne, mais maintenant je fais plus attention. Quand c’est possible et s’il n’y a pas une grande différence de prix, je choisis le produit fabriqué au Québec. J’essaie aussi d’acheter sur des sites du Québec. » En plus d’aider les entreprises québécoises à survivre à la crise, l’achat de proximité contribue à réduire la pollution reliée au transport des marchandises.

Plus de plats faits maison. « Avec le télétravail, j’ai plus de temps pour cuisiner, dit Meika Palmer, maman de deux garçons. Par exemple, je fais moi-même ma pizza au lieu de l’acheter surgelée. C’est meilleur et ça fait moins d’emballages. » Les familles n’ont jamais autant cuisiné que depuis les derniers mois, mais cela entraîne aussi plus de nourriture gaspillée à la maison, selon un sondage du Laboratoire analytique en agroalimentaire de l’Université Dalhousie, à Halifax. Bonne nouvelle cependant : 34 % des ménages mangent des restes plus souvent et 22 % congèlent ou mettent en conserve leurs surplus. Comme la production, l’emballage et le transport des aliments nécessitent de l’eau en plus de générer de la pollution, il est important de jeter le moins de nourriture possible.

Qu’est-ce que le Baromètre de l’action climatique?
Le Baromètre de l’action climatique est un sondage annuel qui vise à évaluer la volonté de la population québécoise de poser des gestes pour lutter contre les changements climatiques. L’enquête a été effectuée en ligne en septembre 2020 auprès de 2003 personnes de 18 ans et plus. Le Baromètre est une initiative du Laboratoire de l’action climatique, qui est le fruit d’une collaboration entre une équipe de recherche de l’Université Laval et Unpointcinq, un média web sur l’action climatique.

Plus de CPE certifiés durables. Le nombre de centres de la petite enfance (CPE) certifiés CPE Durable par ENvironnement JEUnesse est passé de 48 en 2019 à 62 en 2020. Il y a donc plus de tout-petits qui sont sensibilisés au respect de l’environnement. La création d’un potager, la fabrication de savons et l’organisation d’un pique-nique zéro déchet sont des exemples d’activités qu’on retrouve dans ces CPE.

Moins de voyages en avion. Avec le resserrement des frontières et les mesures sanitaires, les déplacements en avion ont diminué de façon considérable. Les voyageurs déçus peuvent se consoler en se disant qu’ils ont contribué malgré eux à donner un répit au climat. Réduire les déplacements en avion est en effet l’un des quatre gestes qui ont le plus d’impacts positifs sur les changements climatiques. Les trois autres sont : composter, manger moins de viande et diminuer l’usage de la voiture.

Ce qui va moins bien

Trop de déplacements en auto. Diminuer l’utilisation du véhicule à essence n’est pas un geste très populaire. Seulement 31 % des gens ont l’intention de faire des efforts en ce sens, d’après le Baromètre de l’action climatique. C’est moins qu’en 2019 alors qu’ils étaient 34 %. Et tout porte à croire que ça ne changera pas de sitôt : le nombre de véhicules sur les routes du Québec a augmenté de 100 000 en 2020, selon la Société de l’assurance automobile du Québec. Sans compter que la pandémie a incité beaucoup de ménages à quitter la ville pour la campagne ou une banlieue éloignée. « À l’extérieur des grands centres, la dépendance à la voiture augmente, car il y a peu de services de proximité », note Colleen Thorpe, directrice générale d’Équiterre.

Moins de réutilisables, plus de jetables. L’utilisation des articles à usage unique a augmenté depuis le début de la pandémie. Pensons notamment à tous ces contenants jetables qui viennent avec les repas à emporter des restaurants. Et il y a ces quantités colossales de masques, de gants et de visières, qui sont difficilement recyclables. « Il y en a beaucoup qui se retrouvent dans la nature. C’est très préoccupant », déplore Colleen Thorpe.

Boîtes et emballages à la hausse. La crise sanitaire a fait bondir les ventes en ligne. Résultat : les poubelles et les bacs de recyclage débordent de boîtes et d’emballages. Pas très écolo tout cela. D’autant plus que ce ne sont pas tous les emballages qui sont recyclés. Les consommateurs vont-ils continuer à acheter autant en ligne après la pandémie? « Une fois prises, les habitudes peuvent être difficiles à défaire, dit Colleen Thorpe. Malheureusement, l’achat en ligne se fait souvent au détriment des commerces locaux. »

Et maintenant?

Depuis un an, toute la planète se mobilise contre la COVID-19. « Cette crise que nous vivons collectivement a démontré que nous pouvons nous adapter et changer des habitudes dans notre mode de vie, souligne Colleen Thorpe. Cela prouve que nous sommes aussi capables de faire des changements pour protéger l’environnement. »

Pour Meika, la protection de l’environnement devrait être vue comme un grand projet de société. « La prochaine crise, c’est celle de l’environnement. Tout le monde doit faire sa part, les personnes comme les entreprises. Et il faut un leadership fort des gouvernements sur cet enjeu. On est toujours plus forts lorsqu’on est unis », affirme la maman des petits Léo et Félix.

 

À retenir
  • Évitez de parler à votre enfant des dangers des changements climatiques afin de ne pas l’inquiéter. Privilégiez plutôt le contact avec la nature en favorisant des activités comme marcher, jardiner ou observer les insectes.
  • Vous pouvez sensibiliser votre enfant à l’environnement en posant vous-même des gestes concrets comme donner des vêtements et jouets, cuisiner davantage, composter, utiliser moins la voiture, etc.
  • Votre tout-petit sera content de participer à certains gestes, comme le recyclage ou le compost.

 

Naître et grandir

Recherche et rédaction : Nathalie Vallerand
Révision scientifique : Claude Villeneuve, professeur titulaire et directeur, Chaire en éco-conseil, Université du Québec à Chicoutimi
Avril 2020 et 2021

 

LIENS ET RESSOURCES UTILES

En ligne

Carbone boréal - pour calculer son empreinte carbone, entre autres
carboneboreal.uqac.ca

ENvironnement JEUnesse
enjeu.qc.ca

Équiterre
equiterre.org

François Bellefeuille : 3.7 planètes
Un balado dans lequel l’humoriste se questionne sur comment réduire son empreinte écologique.
ici.radio-canada.ca/ohdio

Unpointcinq
Bébé décarbo-né – Un dossier sur comment réduire l’empreinte carbonique de bébé
unpointcinq.ca/dossiers

Viens manger! Le végétarisme en toute simplicité (guide et recettes)
nutrition.umontreal.ca

 

Livres pour les enfants

O à 3 ans

Dix petites graines, R. Brown, Gallimard-Jeunesse, 2022, 30 p.

En plein air, texte : Marie Cartwright, ill. : Grace Habib, Useborne, 2022, 10 p.

Les animaux de la forêt, P. Jalbert, Seuil jeunesse, 2019, 24 p.

Ma rivière, Marianne Dubuc, Casterman 2022, 24 p.

Mon arbre, Marianne Dubuc, Casterman 2022, 24 p.

3 à 5 ans

Greta et les géants, texte : Z. Tucker, ill. : Z. Persico, Éditions Multimondes, 2020, 32 p.

Je déteste les moustiques, mais…, texte : M. Messier, ill. : C. Petit, Éditions de l’Isatis, 2022, 24 p.

Je suis écolo, texte : A. Delaunois, ill. : P. Béha, Éditions de l’Isatis, 2020, 32 p.

Le voyage d’un petit sac en papier, H. Cole, Scholastic, 2021, 48 p.

Mémoires d’une pelure, texte : A. Delaunois, ill. : B. Deshaies, Les 400 coups, 2019, 32 p.

Où naîtront les hirondeaux, texte : Émile Demers, ill. : R. Roy, Boutons d’or Acadie, 2022, 32 p.

Pourquoi a-t-on besoin des abeilles?, texte : K. Daynes, ill. : C. Pym, Usborne, 2017, 10 p.

Une seule Terre, texte : E. Spinelli, ill. : R. Coelho, Scholastic, 2021, 32 p.

Un jour je bercerai la Terre, M. Levert, Éditions de la Bagnole, 2017, 40 p.

5 à 8 ans

100 faits exceptionnels sur la planète Terre, texte : M. Fortin, ill. : R. Pilon, Petits Génies, 2022, 96 p.

Debout comme un grand cèdre, texte : N. I. Campbell, ill. : C. Victor, Hannenorak, 2021, 44 p.

L’extraordinaire génie des arbres, P. Bunting, 1.2.3. Soleil, 2022, 32 p.

Mii maanda ezhi-gkendmaanh - La Terre me parle, texte : B. Luby, ill. : J.M. Pawis-Steckley, Scholastic, 2021, 44 p.

Mon Abécédaire des animaux du Québec, C. Faucher, Goélette, 2020, 32 p.

Sauvons notre planète : les forêts, texte : J. French, ill. : A. Mostov, Éditions Multimondes, 2021, 64 p.

 

Photos (dans l’ordre) : Nicolas St-Germain, GettyImages/monkeybusinessimages et nazar_ab, Maxim Morin, Isa René de Cotret, Maxim Morin