Comprendre le sommeil de bébé pour mieux s'y adapter

Comprendre le sommeil de bébé pour mieux s'y adapter
Comprendre le sommeil de bébé pour mieux s'y adapter
Un livre explique le sommeil des bébés aux parents pour réajuster leurs attentes.

6 mai 2026 | Le sommeil des bébés est souvent une source de stress pour les nouveaux parents. Pour faire baisser la pression, une neuropsychologue spécialiste du sommeil pédiatrique leur propose une approche bienveillante dans un nouveau livre sur le sujet.

« Dans ma pratique clinique, j’observe beaucoup de souffrance liée au sommeil des bébés, mentionne la neuropsychologue Katia Gagnon. C’est parfois dû à des attentes irréalistes par rapport à ce qu’un enfant est en mesure de faire. » Dans son livre Le petit guide du sommeil des bébés et des nouveaux parents, publié aux Éditions de l’Homme, l’auteure explique comment fonctionne le sommeil des tout-petits de 12 mois et moins pour aider les parents à réajuster leurs attentes. Selon elle, les nuits deviennent moins difficiles quand les parents comprennent mieux ce que vit leur bébé.

Déculpabiliser les parents

« Le sommeil des bébés est soumis à un processus développemental qui n’a pas de lien avec la façon dont on les endort », affirme d’entrée de jeu la neuropsychologue. Les parents doivent donc s’attendre à des éveils la nuit et ils doivent comprendre que ce n’est pas nécessairement leur faute si leur enfant se réveille.

Par exemple, ce n’est pas parce qu’une maman endort son bébé au sein qu’il se réveille la nuit. Ce n’est pas non plus parce qu’un parent berce son enfant avant de le déposer dans son lit que le bébé va se réveiller quelques heures plus tard.

Le sommeil des bébés se développe à mesure que la relation avec le parent se crée et que certains mécanismes biologiques deviennent plus matures.

Plusieurs besoins sont à l’origine des éveils nocturnes des bébés, dont le besoin de se nourrir. « Le bébé a un petit estomac et a besoin de boire la nuit, rappelle Katia Gagnon. Ça peut aussi être un besoin de se sentir proche de son parent. » Les bébés ont en effet besoin de contacts physiques fréquents et chaleureux pour réguler leurs émotions.

Elle mentionne dans son livre que dans bien des cas, prendre son bébé dans ses bras « facilite l’apaisement et permet à tout le monde de retourner dormir rapidement. Il ne s’agit pas de "bien faire" ou de "mal faire", mais d’utiliser le moyen le plus adapté et efficace pour calmer un système nerveux encore immature. » Elle insiste pour dire qu’il est correct et attendu que les parents répondent aux pleurs et aux besoins de leur bébé. « Et ce n’est pas parce qu’on répond qu’il se réveille. »

Une horloge biologique à stabiliser

Le sommeil des bébés dépend notamment de la maturation de l’horloge biologique qui régule les rythmes du corps. « Cette horloge est immature à la naissance et se développe durant les 9 premiers mois, explique la neuropsychologue. Les bébés ont besoin de signaux clairs pour la stabiliser. »

Comme la lumière est le signal le plus important pour régler l’horloge biologique, les deux signaux que les parents devraient envoyer à leur tout-petit pour développer son sommeil sont : le jour se passe dans la lumière et la nuit, dans la noirceur. « Cela veut dire qu’on ne va pas ouvrir les lumières la nuit lors d’une intervention avec bébé, souligne la spécialiste du sommeil. Les parents peuvent utiliser une lumière rouge au besoin parce que les cellules de l’œil ne sont pas sensibles à ce type de lumière. » La lumière rouge, par exemple d’une lampe frontale, maintient la sécrétion de mélatonine, l’hormone du sommeil, pour favoriser le sommeil de toute la famille durant la nuit.

En contrepartie, les siestes de bébé devraient se passer à la lumière du jour. « Si un bébé a de la difficulté à s’abandonner quand il fait clair, on s’ajuste, dit la neuropsychologue. On peut l’endormir à la noirceur et rouvrir les rideaux une fois qu’il dort pour que son cerveau comprenne que c’est le jour et que ce n’est pas le temps de sécréter de la mélatonine. »

Accumuler une pression de sommeil

La pression de sommeil est un autre mécanisme biologique qui régule le sommeil de bébé. « Cette pression s’accumule dans le cerveau au fil de la journée en fonction du temps d’éveil et de la quantité d’énergie dépensée », explique Katia Gagnon. Les bébés, comme les parents, ont besoin d’emmagasiner de la pression de sommeil pour s’endormir.

Elle indique que les bébés qui accumulent une grande pression de sommeil le jour ont un sommeil un peu plus profond la nuit. « Ça ne veut pas dire qu’ils ne vont pas se réveiller, précise-t-elle. Mais ça permet des éveils nocturnes plus courts et plus soutenables pour les parents. »

Comment accumuler une bonne pression de sommeil? En offrant des stimulations à son tout-petit. « Lorsqu’un bébé est grognon, ce n’est pas toujours parce qu’il est fatigué, note l’auteure. Parfois, c’est parce qu’il veut être stimulé! »

Une façon simple d’augmenter le niveau de stimulations et la pression de sommeil est d’aller dehors. « Par exemple, bébé voit une voiture passer, il sent l’odeur du gazon coupé, il entend un petit oiseau chanter, illustre-t-elle. Sur le plan sensoriel, c’est fort comme expérience. » Les activités sociales sont d’autres occasions de stimuler son bébé.

Comment améliorer le sommeil des parents

Les parents doivent se préparer à avoir un sommeil perturbé au cours de la première année avec bébé. « Le simple fait d’avoir des attentes irréalistes, comme penser qu’après 6 mois un bébé dort toute la nuit, crée de la fatigue et de la souffrance parce que les parents se demandent ce qu’ils font de pas correct, soutient la spécialiste du sommeil. Mieux vaut se dire que ce sera comme ce sera et qu’on va trouver des solutions. »

Les parents peuvent, par exemple, mieux supporter les nuits avec bébé s’ils arrivent à se rendormir rapidement. « Car ce n’est pas le nombre de fois que le bébé se réveille la nuit qui a un effet sur la santé mentale des parents, mais la capacité des parents à se rendormir rapidement, souligne la neuropsychologue. Ce qui peut les aider la nuit, c’est de ne pas trop se poser de questions et de ne pas attendre trop longtemps avant de répondre à leur enfant. » Le but est d’être efficace : d’aller voir son bébé, de faire ce qu’il faut pour répondre à ses besoins et de vite se rendormir.

Limiter la lumière et les déplacements pendant les éveils nocturnes permet aussi de se rendormir plus rapidement. De plus, elle conseille aux parents de se soutenir en se relayant. Par exemple, papa s’occupe de bébé pendant que maman se rendort après avoir allaité.

« Les parents doivent aussi voir ensemble comment ils peuvent se donner chaque jour un peu de temps pour soi », ajoute Katia Gagnon. Avoir un moment sans bébé (ex. : ne pas être touché, ne pas entendre pleurer) aide à récupérer et à limiter les frustrations avant d’aller se coucher. Elle rappelle enfin aux parents que le sommeil de leur bébé va se consolider et s’améliorer avec le temps.

Pour obtenir des données sur l’évolution du sommeil des tout-petits de 5 mois à 2 ½ ans, consultez notre article Comment se passe le sommeil des enfants à 2 ½ ans?

Julie Leduc – Équipe Naître et grandir

Naître et grandir

Photos : GettyImages/standret et DGLimages

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