Accouchement: la césarienne

Accouchement: la césarienne
Quand recourt-on à la césarienne? Quels sont les effets secondaires d’une césarienne?

Au Canada et au Québec, près de 1 femme sur 4 donne naissance par césarienne. Lors d’une césarienne, le bébé naît au moyen d’une incision faite dans le ventre et l’utérus de la mère.

La naissance par césarienne présente dans certains cas des avantages pour la mère et le bébé, et peut même leur sauver la vie. Dans d’autres circonstances, les avantages d’une césarienne pour la mère et le bébé sont moindres ou remis en question. De plus, une césarienne comporte des risques comme toutes interventions chirurgicales. La décision de pratiquer une césarienne devrait donc tenir compte des bénéfices et des risques liés à cette intervention. Advenant la possibilité d’une césarienne, n’hésitez donc pas à poser des questions afin de bien comprendre les raisons motivant cette intervention.



Pourquoi a-t-on recours à une césarienne?

La décision de pratiquer une césarienne est habituellement prise en fonction de l’état du bébé et de la mère. Dans certains cas, le médecin peut décider de planifier une césarienne avant même que le travail commence pour protéger la santé du bébé ou de la mère. Dans d’autres, c’est pendant le travail que la décision de faire une césarienne est prise. Il s’agit alors d’une césarienne d’urgence.

Césarienne d’urgence

Voici les raisons pour lesquelles la décision de pratiquer une césarienne est habituellement prise après le début du travail :

  • Aucun progrès dans le travail
    Il s’agit de la raison la plus fréquente pour laquelle on a recours à une césarienne. Cela signifie que le col de l’utérus de la mère cesse de se dilater pendant plusieurs heures ou que le bébé ne descend pas dans le bassin et le canal vaginal en vue de naître, même si la mère a des contractions normales et régulières. Si les autres méthodes utilisées pour faire progresser le travail ne fonctionnent pas, une césarienne est alors nécessaire.
  • Des préoccupations concernant le bien-être du bébé
    Il s’agit de la 2e raison la plus fréquente pour laquelle on a recours à une césarienne. La principale préoccupation concerne en général des changements inhabituels de la fréquence cardiaque du bébé durant le travail. Lorsque l’état de santé du bébé semble menacé et que la naissance n’est pas imminente, une césarienne peut être recommandée.
  • Le placenta se décolle de l’utérus (décollement placentaire)
    Le placenta doit demeurer collé à l’utérus jusqu’à la naissance du bébé. Le décollement prématuré du placenta peut entraîner d’importants saignements et prive le bébé de l’oxygène dont il a besoin. Dans un tel cas, une césarienne d’urgence est nécessaire.

Césarienne planifiée

Une césarienne peut être planifiée pour des raisons liées au bébé, par exemple :

  • La position du bébé
    Dans environ 3 % à 5 % des grossesses, le bébé se présente par le front, la face, les fesses, les pieds et même par l’épaule au lieu de par la tête. Ainsi, il arrive que la position adoptée par le bébé ne soit pas favorable à un accouchement par voie vaginale. Le médecin peut alors essayer d’effectuer une version afin de tourner le bébé pour le placer la tête en bas à la 36e ou 37semaine de grossesse. Il arrive cependant que la manœuvre ne fonctionne pas ou qu’il ne soit pas possible de la réaliser pour certaines raisons médicales. Dans ce cas, une césarienne peut être planifiée.
Être enceinte de plus d’un enfant ne mène pas automatiquement à un accouchement par césarienne, tout dépend de la position des bébés et de la façon dont ils se présenteront à la naissance.
  • La grosseur du bébé
    Une césarienne est nécessaire si le professionnel de la santé estime que le bébé est trop gros par rapport au diamètre du bassin de la mère.
  • La croissance du bébé
    Si le bébé présente un retard de croissance important, il peut parfois être nécessaire d’effectuer une césarienne afin de faire naître le bébé avant la date prévue.
Un bébé en siège est-il synonyme de césarienne?
En 2009, la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada a modifié ses lignes directrices sur l’accouchement automatique par césarienne des bébés qui se présentent par le siège. L’accouchement par voie vaginale dans ces circonstances est maintenant possible. Le médecin évaluera le déroulement de votre grossesse - ainsi que de vos grossesses antérieures s’il y a lieu – et vous fera part de son avis concernant la possibilité d’accoucher par siège. Certains médecins sont toutefois plus à l’aise que d’autres pour effectuer un accouchement par siège.

Une césarienne peut aussi être planifiée pour des raisons liées à la mère, par exemple :

  • Une naissance précédente par césarienne
    On avait autrefois l’habitude de dire : « Césarienne un jour, césarienne toujours », mais cet adage n’est plus nécessairement vrai aujourd’hui. La décision de réaliser une seconde césarienne dépend de la raison pour laquelle la première a été effectuée ainsi que du type d’incision qui a été faite. De nos jours, de 60 % à 80 % des mères qui ont déjà accouché par césarienne pourront accoucher par voie vaginale lors d’une prochaine grossesse.
  • Des problèmes liés au placenta
    À la première échographie, le placenta peut recouvrir l’ouverture du col de l’utérus. Puis, il peut remonter au cours de la grossesse et ainsi ne plus entraver le passage du bébé dans le canal vaginal. Une césarienne doit cependant être planifiée si une partie du placenta couvre encore le col de l’utérus (placenta prævia) au moment de la naissance.
  • L’état de santé de la mère
    Une césarienne est parfois nécessaire si la mère est atteinte d’un trouble d’hypertension comme la prééclampsie, d’un trouble cardiaque ou d’un diabète ayant entraîné un poids élevé chez le bébé, ce qui peut rendre difficile son passage dans le bassin de la mère.
  • Différents types d’infection
    La césarienne peut être requise lorsque la mère a une infection. Par exemple, si la mère présente des lésions d’herpès actives à la vulve ou au vagin, il convient de planifier une césarienne pour empêcher que le bébé soit infecté lors de l’accouchement.
  • De même, une mère infectée au VIH pourrait transmettre le virus au bébé lors de l’accouchement. Une césarienne pourrait être envisagée pour protéger la santé de son enfant.
  • Des raisons non médicales
    Certaines femmes demandent à leur médecin d’accoucher par césarienne en raison de leur peur ou de leur anxiété face au travail. Dans ces circonstances, l’équipe de soins évaluera les raisons qui motivent la mère à demander une césarienne. Chaque situation est analysée individuellement afin de répondre au mieux aux besoins de chacune des femmes. Lorsqu’il s’agit de la peur de la douleur, plusieurs pistes de solution peuvent être proposées à la mère pour la rassurer et la soulager avant de considérer une intervention chirurgicale comme la césarienne.

Conséquences possibles d’une césarienne pour la mère

De façon générale, les césariennes se déroulent bien. Cependant, comme toutes les chirurgies, cette intervention peut avoir des conséquences sur le rétablissement de la mère.

  • De plus en plus de centres de naissance favorisent le contact peau à peau immédiatement après une naissance par césarienne (voir l’encadré ci-dessous). Toutefois, si l’état de santé de la mère ne le permet pas, il est possible qu’il y ait un délai avant que la mère puisse mettre son bébé en peau à peau, particulièrement en situation d’urgence.
  • Durant les 24 heures suivant une césarienne, la mère doit avoir dans sa chambre d’hôpital une personne qui l’aidera à donner les soins à son bébé.
  • Le temps de séjour à l’hôpital peut être prolongé de 1 jour à 2 jours par rapport au temps passé à l’hôpital après un accouchement par voie vaginale, car la récupération après une césarienne peut être plus longue. Les médecins offrent toutefois de plus en plus aux mères qui ont subi une césarienne planifiée la possibilité d’obtenir leur congé 48 heures après la naissance à condition que leur état et celui de leur bébé le permettent.
  • La douleur ressentie après une césarienne peut être plus intense et durer plus longtemps que lors d’un accouchement par voie vaginale. Lors d’une césarienne, des médicaments sont prescrits pour soulager la douleur.
  • Le risque d’infection à la plaie, dans l’utérus et urinaire si une sonde urinaire a été utilisée est accru. Des antibiotiques sont prescrits pour prévenir ou éliminer l’infection.
  • Le risque d’hémorragie et de problèmes de coagulation est accru.
  • Les pertes de sang sont plus importantes après une césarienne qu’après un accouchement vaginal, ce qui peut entraîner une carence en fer. Le médecin peut prescrire des comprimés de fer au besoin. Une bonne alimentation pendant la grossesse et après l’accouchement permet à la mère d’avoir de bonnes réserves en fer en vue de la naissance et de refaire ses réserves par la suite.
  • Comme pour toute autre chirurgie, l’anesthésie et la médication contre la douleur peuvent causer de la constipation. Boire régulièrement pour satisfaire la soif et manger des aliments riches en fibres contribue à l’élimination de cet inconfort.
  • La mère peut présenter des réactions émotionnelles liées à la déception d’avoir donné naissance par césarienne (ex. : anxiété et dépression). Ces réactions peuvent se manifester peu de temps après l’accouchement ou plus tard durant la période de rétablissement. Peu importe le moment où ces sentiments apparaissent, il est important que la mère en fasse part à son médecin ou sa sage-femme afin de recevoir un soutien professionnel avant son départ du lieu de naissance ou une fois rendue à la maison.
  • La probabilité de revenir à l’hôpital en raison de complications (ex. : hémorragie) est plus grande.
Lien d’attachement et césarienne
De nos jours, les pratiques hospitalières tendent à changer afin de favoriser rapidement le lien d’attachement entre la mère et son bébé après une naissance par césarienne. Lorsque l’état de santé de la mère et celui du bébé le permettent, certains centres de naissance offrent de placer le bébé sur le thorax de sa mère en contact peau à peau en salle d’opération et en salle de réveil. En cours de grossesse, vous pouvez évaluer cette possibilité et en faire la demande au besoin. De multiples bénéfices sont liés à la pratique du contact peau à peau chez les nouveau-nés.

Si les conditions ne le permettent pas (ex. : césarienne d’urgence et anesthésie générale pour la mère), le père est invité à prendre son enfant le plus rapidement possible afin de favoriser le développement du lien d’attachement. Comme pour la mère, le contact peau à peau avec le père est aussi encouragé.

Risques spécifiques aux femmes ayant déjà accouché par césarienne

Une mère ayant déjà accouché par césarienne est davantage exposée aux risques ci-dessous lors d’une future grossesse ou d’un prochain accouchement :

la probabilité (20 % à 40 %) d’accoucher de nouveau par césarienne si les conditions ne sont pas favorables pour un accouchement vaginal;

un faible risque (environ 1 %) de présenter un problème lié au placenta, par exemple : le recouvrement de l’ouverture du col de l’utérus par le placenta (placenta prævia) ou le décollement du placenta de l’utérus avant la naissance du bébé (décollement placentaire);

un faible risque (1 %) de rupture de l’utérus lors des prochaines grossesses.

Conséquences possibles d’une césarienne pour le bébé

Peu de conséquences importantes sont associées à la naissance par césarienne pour le bébé. Cependant, la césarienne peut parfois mener à :

  • une détresse respiratoire légère et, la plupart du temps, passagère. Les poumons du bébé peuvent aussi contenir un peu plus de sécrétions que s’il était né par voie vaginale puisqu’il ne les a pas rejetées durant son passage dans le canal vaginal;
  • une température corporelle plus basse, car les salles d’opération sont plus fraîches que la température ambiante habituelle. Le contact peau à peau effectué rapidement après la naissance avec l’un des parents contribue toutefois à remédier à cette situation;
  • un transfert à l’unité de soins néonatals afin que le bébé soit observé de plus près et reçoive les soins nécessaires si la césarienne a eu lieu à la suite d’un travail long et difficile. Si la condition du bébé est bonne à la naissance, il ira toutefois directement à la chambre avec ses parents.
Envisager la possibilité d’une césarienne
Comme il est impossible de prédire le déroulement d’un accouchement, vous devez être consciente qu’une césarienne pourrait être nécessaire pour donner naissance à votre enfant.

Pour cette raison, mieux vaut discuter de cette possibilité avec votre médecin ou votre sage-femme avant que votre travail commence. Faites-lui part de vos préoccupations et de vos inquiétudes afin que vous puissiez ensemble définir les options possibles avant de recourir à la césarienne. Faire un choix éclairé consiste entre autres à évaluer les avantages par rapport aux risques d’une césarienne pour vous et votre bébé.

Pensez aussi à inclure dans votre plan de naissance une section indiquant ce que vous souhaitez si vous deviez avoir une césarienne d’urgence.

Récupérer après une césarienne

La récupération peut être plus longue après une césarienne. Il est d’ailleurs normal de ressentir des douleurs importantes dans les premiers jours suivant cette opération. Les femmes ayant eu une césarienne peuvent donc avoir besoin d’antidouleurs pendant 1 à 2 semaines. Par ailleurs, même si elles n’ont pas accouché vaginalement, elles auront des pertes sanguines vaginales et des contractions pendant quelque temps.

Quelques précautions seront également nécessaires pendant les premières semaines pour favoriser la guérison des mères ayant donné naissance par césarienne :

  • Éviter de monter et de descendre les escaliers;
  • Privilégier la douche et éviter les bains ou les piscines;
  • Ne pas conduire;
  • Éviter les activités comme le vélo, le jogging et les exercices d’aérobie pour les 6 premières semaines;
  • Ne pas soulever d’objets plus lourds que leur bébé.

 

Naitre et grandir.com

Révision scientifique : Lise Ross, infirmière, M.Sc., Centre des naissances du CHUM
Recherche et rédaction :
Équipe Naître et grandir
Mise à jour : Septembre 2014

 

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