Inquiétudes des futurs papas

Inquiétudes des futurs papas
Le père éprouve très souvent les mêmes craintes et les mêmes inquiétudes que sa partenaire.


Durant la grossesse, la future mère devient souvent le centre d’attention. Il ne faut cependant pas oublier que l’idée de devenir parent a également des répercussions sur le futur père. Celui-ci éprouve souvent les mêmes craintes et les mêmes inquiétudes que sa partenaire.

Même lorsque la paternité est désirée et planifiée, elle peut être complexe et exigeante. Il est normal de se sentir nerveux au fur et à mesure que la grossesse progresse. Certains pères peuvent aussi vivre des troubles anxieux et être touchés par la dépression.

Les pères sont d’ailleurs moins portés à parler de leurs sentiments et à faire part de leurs inquiétudes à leur partenaire, à leurs amis ou aux professionnels de la santé qu’ils rencontrent.

Voici 6 questions que se posent couramment les futurs pères à un moment ou à un autre de la grossesse.

Serai-je un bon père?

Presque tous les hommes qui deviennent pères pour la première fois se posent cette question. Ils se demandent quel genre de pères ils seront.

Certains s’interrogent à ce sujet parce qu’ils n’ont pas eu une bonne relation avec leur propre père. Ils souhaitent alors être différents et plus impliqués que leur père l’était. La grossesse est alors une bonne occasion pour réfléchir au père qu’ils souhaitent être, et cela pourra les aider à se préparer à ce nouveau rôle.

D’autres ont des attentes très élevées à l’endroit d’eux-mêmes et craignent de ne pas être à la hauteur. Il faut alors se rappeler qu’il n’est pas nécessaire d’être parfait comme parent pour être un bon père. Les enfants ont surtout besoin de se sentir en sécurité et aimés.

De plus, au début, la grossesse peut leur sembler abstraite. C’est pourquoi certains hommes ont de la difficulté à se sentir un vrai père avant la naissance. Ce sentiment peut-être plus grand si le père n’est pas inclus dans le suivi prénatal. Une bonne façon de rendre le tout plus concret est donc de s’impliquer dans le suivi de grossesse. Par exemple, vous pouvez accompagner la mère à ses rendez-vous médicaux. Il ne devrait plus y avoir d’interdictions d’accompagnement durant le suivi de grossesse en raison de la pandémie, que ce soit chez le médecin ou lors d’un rendez-vous à l’hôpital. Si c’est le cas, informez-vous, posez des questions et portez plainte si nécessaire.

Certains pères peuvent avoir l’impression d’être un parent de second plan et croire qu’ils n’ont pas les habiletés nécessaires pour s’occuper d’un enfant. Ils sous-estiment ainsi leurs capacités à prendre soin d’un enfant.

Peu importe comment vous vous sentez, il est important de parler, dès la grossesse, avec votre conjointe de la façon dont vous voyez l’implication de chacun après la naissance de votre enfant (soins du bébé, boires, votre implication si elle allaite, tâches ménagères, etc.). De plus, discuter avec votre partenaire des valeurs et de l’éducation que vous souhaitez transmettre à votre enfant représente une autre façon de vous sentir engagé, avant même sa naissance.

Rappelez-vous aussi pour vous rassurer que le congé de paternité sera une belle occasion d’observer votre bébé, de faire connaissance avec lui, d’en prendre soin et de créer un lien d’attachement. Peu à peu, vous apprendrez à comprendre ses besoins et à y répondre. Dites-vous que plus vous serez disponible pour votre enfant, plus le lien d’attachement se développera.

Parler de vos attentes et de vos craintes avec un professionnel peut aussi être une bonne façon de mieux comprendre la source de votre inquiétude si vous vous sentez anxieux. Par ailleurs, fréquenter des groupes de soutien et rencontrer des pères peut vous aider à vous sentir plus confiant. Participer aux cours prénataux avec votre conjointe est d’ailleurs une bonne occasion pour rencontrer d’autres parents.

Partager le congé parental
En plus du congé de paternité, un père peut prendre des semaines du congé parental si les deux parents sont d’accord pour le partager. De plus, lorsque les parents partagent un certain nombre de semaines du congé parental, ils ont droit à des semaines additionnelles de congé. Pour en savoir plus, lire : Le congé de maternité, de paternité et parental.

Les choses se passeront-elles bien pour ma partenaire lors de l’accouchement?

Environ 1 père sur 7 est sérieusement préoccupé par l’accouchement. L’accouchement peut être stressant pour les nouveaux pères, car ils ne savent pas à quoi s’attendre. Cependant, l’idée que l’accouchement est dangereux est plus fréquente chez les pères qui ont déjà assisté à un accouchement compliqué.

Plusieurs futurs papas craignent donc que les choses ne se passent pas comme prévu et que la santé de la mère soit compromise. Si le déroulement de l’accouchement vous inquiète, évitez les émissions ou les films qui présentent des accouchements catastrophiques et qui pourraient amplifier vos peurs. Au contraire, n’hésitez pas à discuter avec des parents qui ont vécu une expérience positive lors de l’accouchement.

Certains pères sont aussi déstabilisés par la souffrance de leur partenaire durant l’accouchement. Cependant, il ne faut pas oublier que, de nos jours, il existe des moyens d’alléger les souffrances des femmes qui accouchent. De plus, les pères peuvent jouer un rôle actif pour aider leur partenaire lors de ce moment intense (ex. : massage, acupression, se faire le gardien d’une atmosphère calme dans la pièce où l’accouchement a lieu).

Serai-je capable de bien réagir pendant l’accouchement?

Plusieurs pères considèrent que prendre soin de la mère pendant l’accouchement est leur responsabilité. Ils peuvent donc avoir peur de ne pas poser les bons gestes pendant le travail ou même de paniquer. Ce genre de crainte est souvent empiré par le manque de connaissances à propos de l’accouchement. En vous préparant pour l’accouchement avec les cours prénataux ou des lectures, vous aurez un plus grand sentiment de contrôle, qui contribuera à diminuer votre stress. Toutefois, attention à la surdose d’informations, qui peut augmenter l’anxiété.
Pour être bien informé, voir notre section Accouchement.

Par ailleurs, beaucoup de pères constatent lors de l’accouchement que leur anxiété n’est pas si grande et qu’ils savent exactement ce qu’il faut faire. Se concentrer sur les aspects pratico-pratiques est d’ailleurs une bonne façon de diminuer le stress. Vous serez ainsi totalement absorbé par la mère et ce qu’elle vit. De plus, vous serez très impatient de rencontrer votre enfant. Vous serez probablement plus excité que nerveux.

Mon bébé sera-t-il en santé?

 L’une des principales préoccupations des futurs pères est la santé de leur bébé. Il faut dire que se retrouver devant l’inconnu peut susciter des craintes et des appréhensions.

Il est toutefois important de se rappeler que la très grande majorité des grossesses se termine par la naissance d’un bébé en santé. Environ 97 % des bébés viennent au monde sans complications. Bien que ce chiffre soit très élevé, certains pères craignent que les choses tournent mal. Si c’est votre cas, vous pouvez tenter de faire des exercices de relaxation ou des activités que vous aimez pour vous détendre et diminuer votre anxiété. Il est important de mettre son énergie dans ce qui peut être contrôlé et de lâcher prise pour le reste.

Anxiété et dépression
Les experts estiment même que de 4 à 16 % des pères seraient touchés par un trouble anxieux durant la grossesse et de 2 à 18 % après la naissance du bébé.

Certains futurs pères peuvent aussi connaître des symptômes dépressifs. Ceux-ci peuvent se manifester sous forme de tristesse, d’irritabilité ou de perte d’intérêt envers les activités qu’ils aiment habituellement. Ils peuvent souffrir d’insomnie, de fatigue, de difficultés à se concentrer ou de perte d’appétit. On estime que 10 à 14 % des pères sont touchés par la dépression pendant la grossesse. Cette proportion est d’environ 10 % après la naissance de l’enfant.

Comment la venue du bébé se répercutera-t-elle sur notre relation de couple?

La parentalité peut rapprocher le couple et le rendre plus fort lorsque les parents se soutiennent mutuellement. Il est toutefois normal que la paternité cause des frustrations. Par exemple, certains pères peuvent se sentir exclus. De plus, les nouveaux parents ne s’entendent pas toujours sur la nouvelle division des tâches ou sur la façon de prendre soin du bébé. La fatigue et les nouvelles responsabilités peuvent rendre les deux partenaires plus irritables.

Avoir une relation honnête et ouverte avec la mère peut alors aider. De plus, une bonne communication dans le couple peut aider à se sentir plus en confiance, et même à développer un bon lien avec l’enfant.

La grossesse a aussi des répercussions sur l’intimité dans un couple. Certains hommes éprouvent moins de désir envers leur conjointe durant la grossesse, alors que pour d’autres, c’est le contraire. Chez certaines femmes, les hormones de la grossesse augmentent le désir sexuel, alors que chez d’autres, c’est l’inverse.

Après la naissance de l’enfant, les moments d’intimité peuvent aussi se faire plus rares. En effet, la nouvelle maman doit récupérer physiquement de la naissance. Le vagin et le périnée guérissent au fil des semaines suivant la naissance. Les changements émotionnels et hormonaux suivant la naissance, la fatigue, l’adaptation au rôle de parent et les soins de bébé peuvent aussi avoir une incidence sur le désir sexuel.

Soyez à l’écoute de vos besoins et de ceux de votre partenaire. Accordez-vous donc des moments de rapprochement. Même si ces moments sont brefs, ils seront bénéfiques. Ils peuvent favoriser le désir sexuel. Parfois, en raison de l’intensité des changements physiques, sociaux et émotionnels causés par l’arrivée du bébé, certains couples ont toutefois besoin d’une aide extérieure pour reprendre leur vie sexuelle.

Comment mon style de vie va-t-il changer?

La paternité est un important changement de style de vie. Les pères ont désormais de nouvelles responsabilités, et l’arrivée d’un bébé chamboule une vie. Il est donc utile de réfléchir à ses valeurs et de revoir ses priorités. Votre façon de voir les choses pourrait ainsi changer.

Il est toutefois important que vous gardiez du temps pour vous, comme il est important que votre conjointe ait du temps pour elle. Il ne faut pas perdre de vue que prendre soin d’un bébé peut être épuisant et que le parent qui passe beaucoup de temps à la maison doit prendre soin de sa santé mentale.

Plusieurs couples constatent que l’arrivée d’un enfant entraîne aussi un changement dans leur cercle d’amis. Une certaine distance peut s’installer entre vous et vos amis sans enfants parce que vous avez moins de choses en commun et que votre mode de vie devient plus routinier qu’avant. Assurez-vous toutefois de conserver des amis proches. Les personnes qui resteront vos amis et la fréquence à laquelle vous les verrez dépendront de vos nouvelles valeurs, de vos priorités et du temps libre dont vous disposerez.

À retenir

  • Les pères aussi peuvent vivre de l’anxiété ou des sentiments dépressifs à propos de la grossesse, de l’accouchement ou de l’arrivée du bébé.
  • Il est important de parler de ses sentiments et de ses préoccupations à sa conjointe.
  • Les professionnels de la santé et les organismes d’entraide sont de bonnes ressources pour les futurs pères.

 

Naître et grandir

Révision scientifique : Roxanne Lemieux, psychologue, Université du Québec à Trois-Rivières
Recherche et rédaction :Équipe Naître et grandir
Mise à jour : Mars 2022

 Photo : GettyImages/katleho Seisa et GettyImages/Rawpixel

 

Ressources et références

Note : Les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est donc possible qu’un lien devienne introuvable. Dans un tel cas, utilisez les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

  • BALDWIN, S. et autres. « A qualitative exploratory study of UK first-time fathers’ experiences, mental health and wellbeing needs during their transition to fatherhood », BMJ Open, vol. 9, no 9, 2019.
  • BALDWIN, S. et autres. « Mental health and wellbeing during the transition to fatherhood: A systematic review of first time fathers’ experiences », JBI Database Systematic Reviews and Implementation Reports, vol. 16, no 11, 2018, 21182191.
  • CAMERON, E.E. et autres. « “Any advice for a pre-dad who is freaking out?”: A qualitative analysis of paternal perinatal experiences during the COVID-19 pandemic using the reddit forum predaddit », PsyArXiv, 2021. doi:10.31234/osf.io/fdh7k.
  • MORAN, Emma et autres. « The Paternal Experience of Fear of Childbirth: An Integrative Review », International Journal of Environmental Research and Public Health, vol. 18, no 3, 2021, p. 1231.
  • PHILPOTT, Lloyd Frank et autres. « Stress in Fathers in the Perinatal Period: A Systematic Review », Midwifery, vol. 55, 2017, p. 113-127.
  • PILKINGTON, P.D. « Fathers’ Worries During Pregnancy: A Qualitative Content Analysis of Reddit », Journal of Perinatal Education, vol. 26, no 4, 2017, p. 208218.
  • RAO, Wen-Wang et autres. « Prevalence of prenatal and postpartum depression in fathers: A comprehensive meta-analysis of observational surveys », Journal of Affective Disorders, vol. 263, no 15, 2020, p. 491499.
  • REGROUPEMENT POUR LA VALORISATION DE LA PATERNITÉ. « Services répertoriés ». rvpaternite.org/services-aux-peres

À lire aussi