La fausse couche

La fausse couche
Environ 1 grossesse sur 5 se termine en fausse couche. Quels en sont les signes et les causes?


La fausse couche est un arrêt naturel de la grossesse qui se produit dans les 20 premières semaines. Elle touche environ une grossesse sur cinq. Elle est d’ailleurs une des grandes peurs des couples qui attendent un enfant.

La plupart des fausses couches (de 80 % à 90 %) se produisent au début de la grossesse, durant les 12 premières semaines. Des études démontrent toutefois que si le foetus est vivant et bien développé à 8 semaines de grossesse, le risque de fausse couche diminue autour de 3 %. De la 12e à la 20e semaine de grossesse, perdre le bébé est plutôt rare et est généralement dû à un problème au niveau du col.

Quels sont les signes d’une fausse couche?

  • Saignements vaginaux rouge clair à rouge foncé.
  • Disparition soudaine de certains symptômes de grossesse, comme ne plus avoir mal aux seins et ne plus avoir de nausées et vomissements.
  • Jusqu’à 12 semaines de grossesse, menstruation douloureuse et abondante.
  • Après 12 semaines de grossesse, contractions comme lors d’un accouchement.

Quand consulter?

Si vous présentez des signes alarmants comme une hémorragie (saignement nécessitant plus qu’une serviette hygiénique à l’heure),de fortes douleurs abdominales ou une perte de conscience, rendez-vous à l’urgence.

En l’absence de ces signaux d’alarme, d’autres options s’offrent à vous si vous soupçonnez qu’une fausse couche se prépare.

  • Si vous êtes suivie par un médecin de famille, vous pouvez contacter l’infirmière de votre groupe de médecine familiale (GMF), qui pourra commencer l’évaluation de votre situation. Elle agira en collaboration avec l’équipe médicale et vous aurez alors un rendez-vous le jour même pour des examens à l’hôpital comme des prises de sang et une échographie. Une consultation médicale sera organisée si la fausse couche est confirmée.
  • Si votre grossesse est suivie par une sage-femme, un gynécologue ou un médecin de famille qui ne fait pas partie d’un GMF, vous pouvez contacter le professionnel qui suit votre grossesse, attendre votre rendez-vous de suivi ou consulter dans une clinique sans rendez-vous pour obtenir des analyses sanguines de votre taux d’hormone de grossesse. Ces analyses permettront au médecin de déterminer si votre grossesse s’est interrompue.

Par ailleurs, plusieurs hôpitaux ont des services particuliers nommés Accueil clinique pour les femmes avec des saignements du premier trimestre de la grossesse. Ces services permettent d’éviter les longues heures d’attente à l’urgence et facilitent l’accès aux services de l’hôpital pour les femmes enceintes.

Que fera le médecin dans le cas d’une fausse couche?

Il est préférable de ne pas utiliser de tampons ni de coupe menstruelle pendant les saignements qui suivent une fausse couche.
  • Traitement médicamenteux
    Il est possible de prendre des médicaments tels que le misoprostol pour aider à l’expulsion de la fausse couche. On vous donnera aussi des médicaments contre la douleur et des antinauséeux. Vous pourrez prendre ces médicaments à la maison. Dans les 12 à 24 heures suivantes, vous aurez des crampes menstruelles et des pertes vaginales. Il arrive qu’une 2e dose de médicament soit nécessaire. Vous aurez ensuite un saignement menstruel normal de quelques jours. Une échographie ou une prise de sang sera faite dans les semaines suivantes pour confirmer l’expulsion complète.
  • Curetage
    Après 10 à 13 semaines, un curetage peut être nécessaire. Ces mesures visent à s’assurer que le foetus ainsi que le placenta sont complètement expulsés et qu’il n’y a pas d’infection ou d’hémorragie. Vous recevrez alors des médicaments antidouleurs et un sédatif. La procédure ne dure que quelques minutes, mais on vous gardera en observation quelques heures à l’hôpital. Un saignement menstruel de quelques jours est normal par la suite. Il n’y a pas d’autre suivi particulier après un curetage.
  • Expulsion naturelle
    On peut aussi vous proposer d’attendre que les choses se fassent de façon naturelle. Comme plusieurs facteurs entrent en ligne de compte, une consultation personnalisée avec un gynécologue est nécessaire pour guider votre décision.

    Si vous préférez attendre une expulsion naturelle, vous devrez prendre régulièrement votre température et retourner à l’hôpital pour des suivis tant que la fausse couche ne sera pas complétée. Lorsque le foetus sera expulsé, vous aurez des crampes et des saignements. Par la suite, des menstruations normales suivront. Un suivi par prise de sang ou par échographie sera fait selon l’âge de la grossesse.

Même s’il n’existe aucun traitement pour stopper les fausses couches, il est important de consulter un professionnel de la santé si vous croyez en avoir fait une. En effet, si vous avez des douleurs au ventre, l’équipe médicale doit s’assurer qu’il ne s’agit pas d’une grossesse ectopique, c’est-à-dire que l’embryon ne s’est pas implanté dans une trompe plutôt que dans l’utérus. De plus, dans les cas de saignements, vous devrez peut-être recevoir un vaccin spécial (WinRhoMD) si votre groupe sanguin est négatif. Cette injection empêchera votre système immunitaire de réagir contre le sang du bébé.

La plupart des femmes qui ont eu une fausse couche peuvent vivre une grossesse normale par la suite. Il est toutefois conseillé d’attendre au moins 2 semaines avant d’avoir des relations sexuelles et de patienter de un à trois mois avant de retomber enceinte.

Certaines femmes vivent des fausses couches à répétition. Il est alors important de consulter un médecin. Il recherchera la cause grâce à des examens ou à des tests. Si, par exemple, un problème de glande thyroïde ou de coagulation du sang est découvert, un traitement pourrait éviter que la situation se reproduise.

Causes et facteurs de risque

Plusieurs causes possibles peuvent expliquer une fausse couche.

  • Une anomalie génétique du foetus. Il est alors éliminé de façon naturelle parce qu’il ne peut pas se développer normalement. Il s’agit de la cause la plus fréquente de fausse couche. Puisque la cause est génétique, il n’est pas possible de la prévenir. Dans la grande majorité des cas, il s’agit d’un accident spontané pendant le développement du foetus, et aucun des parents n’est responsable.
  • Certains problèmes de santé de la femme enceinte. Il peut s’agir de problèmes de coagulation sanguine ou d’hormones, de présence de fibromes utérins ou de malformation de l’utérus.
  • Un décollement du placenta. Il peut être causé par une grosse chute, un accident d’auto ou de la violence conjugale.
  • L’âge de la mère. Le risque de faire une fausse couche augmente à mesure que la femme enceinte vieillit. Plus de la moitié des grossesses à l’âge de 45 ans finit en fausse couche, alors que seulement 13 % des femmes enceintes de 20 ans en vivront une.
  • Le tabac, l’alcool, le café en très grande quantité. Certains produits naturels et produits chimiques ainsi que la fréquentation de saunas ou de spas augmentent aussi le risque.
  • Une amniocentèse. Environ 1 % des amniocentèses peuvent déclencher une fausse couche.

Avez-vous droit à un congé de maternité?

Avant 20 semaines de grossesse, la femme qui perd son bébé a droit à un congé de maternité spécial de trois semaines, sans salaire ni prestation. La loi ne prévoit pas de congé pour le conjoint.
Si l’arrêt de grossesse a lieu après 20 semaines de grossesse, la femme a droit à un congé de maternité de 18 semaines. Elle recevra alors des prestations du Régime québécois d’assurance parentale. Si le conjoint est visé par la Loi sur les normes du travail, il peut prendre 5 jours de congé, dont les 2 premiers seront payés par l’employeur.

Deuil à la suite d’une fausse couche

La fausse couche peut être une épreuve difficile. Plus de la moitié des femmes qui en vivent une disent faire face à un véritable deuil. Des sentiments de vide, d’injustice, de tristesse, de colère et de culpabilité sont parmi les émotions le plus souvent vécues. Les pères vivent aussi de la peine et de la déception. Ils se sentent souvent impuissants devant les sentiments de leur conjointe. Le deuil de l’enfant perdu sera plus ou moins long à faire selon les personnes et les circonstances entourant la fausse couche.

Il est important pour le couple d’en parler et de partager ensemble ses émotions. Surtout que les parents et les amis ont souvent tendance à tourner la page plus rapidement et à diminuer l’importance de l’événement. N’hésitez pas à consulter si vous sentez que vous avez besoin d’aide pour passer à travers cette épreuve. Votre CLSC peut vous diriger vers un professionnel ou vers un groupe de soutien (voir la liste des ressources cibas).

Comment annoncer la fausse couche à un enfant?

Si votre enfant était au courant de la grossesse, annoncez-lui la fausse couche, si possible en compagnie de votre partenaire. La présence des deux parents sécurisera votre tout-petit. Pour la même raison, choisissez un moment tranquille pour en parler afin qu’il puisse poser toutes ses questions. Optez pour des mots simples, par exemple : « Le bébé n’arrivait pas à bien se développer dans le ventre de maman. Ce sont des choses qui arrivent parfois. » Plusieurs livres destinés aux tout-petits peuvent vous aider à ouvrir le dialogue.

Que dire à une femme qui vient de faire une fausse couche?
Si vous connaissez une femme qui a fait une fausse couche, faire comme si rien n’avait eu lieu peut être plus blessant que d’aborder le sujet avec elle. Évitez toutefois les phrases clichées qui banalisent l’événement. Admettez plutôt que vous ne savez pas quoi lui dire et dites-lui que vous êtes là pour elle.

 

À retenir

  • La plupart des fausses couches se produisent durant le premier trimestre de grossesse.
  • La cause la plus courante est une anomalie génétique du bébé.
  • Plusieurs personnes font face à un véritable deuil après une fausse couche. N’hésitez pas à en parler et à consulter si c’est votre cas.

 

Naître et grandir

Révision scientifique : Dre Chantale Ouellet, médecin
Recherche et rédaction :Équipe Naître et grandir
Mise à jour : Décembre 2021

 

Photo : iStock.com/KatarzynaBialasiewicz

 

Ressources et références

Note : Les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est donc possible qu’un lien devienne introuvable. Dans un tel cas, utilisez les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

  • ASSOCIATION QUÉBÉCOISE DES PARENTS VIVANT UN DEUIL PÉRINATAL. www.parentsorphelins.org
  • CENTRE DE SANTÉ ET DE SERVICES SOCIAUX DU SUD DE LANAUDIÈRE. Décès et deuil périnatal, 2014. www.cisss-lanaudiere.gouv.qc.ca
  • CHU SAINTE-JUSTINE. Décès du bébé et deuil périnatal. 2019. www.chusj.org
  • COMMISSION DES NORMES, DE L’ÉQUITÉ, DE LA SANTÉ ET DE LA SÉCURITÉ AU TRAVAIL (CNESST). Congé de maternité. www.cnt.gouv.qc.ca
  • CYR, Manon et Isabelle CLÉMENT. Fausse couche, vrai deuil. Montréal, Éditions Caractère, 2013, 232 p.
  • ÉDUCALOI. Le congé de maternité en cas d’avortement ou de fausse-couche. educaloi.qc.ca
  • ENTRE DEUX VAGUES. CENTRE PÉRINATAL. entredeuxvagues.com
  • LES PERSÉIDES. Soutien et accompagnement au deuil périnatal. www.lesperseides.org
  • NOS PETITS ANGES AU PARADIS. www.nospetitsangesauparadis.com
  • PRÉMA-QUÉBEC. Soutien en cas de deuil. www.premaquebec.ca
  • QUÉBEC.CA. Pour trouver un groupe de soutien en deuil périnatal, contactez le centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de votre région. www.quebec.ca
  • SOS GROSSESSE. www.sosgrossesse.ca
  • Fréchette-Piperni, Suzy. Les rêves envolés : traverser le deuil d’un tout petit bébé, Éditions de Mortagne, 2011.
  • Hacker and Moore, essentials of obstetrics and gynecology

 

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