Sommeil: les effets sur le développement et le comportement

Sommeil: les effets sur le développement et le comportement

Un bon sommeil aide l’enfant à bien se développer et à apprendre. À l’inverse, ne pas dormir assez peut l’affecter dans ses apprentissages.

Un sommeil de qualité favorise le développement de l’enfant et l’aide dans ses apprentissages. À l’inverse, ne pas dormir suffisamment peut nuire à sa santé, en plus d’affecter sa mémoire, son raisonnement logique, son comportement et sa capacité à contrôler ses émotions.



Combien d’heures par nuit?

Le nombre suffisant d’heures de sommeil varie d’un enfant à l’autre. Généralement, jusqu’à l’âge de 5 ans, votre enfant aura besoin de 10 à 12 heures par nuit et peut-être d’une sieste pendant la journée (à partir de 4 ans, 3 enfants sur 4 ne font plus la sieste). À partir de 6 ans, et jusqu’à 12 ans environ, un enfant aura besoin de 10 à 11 heures de sommeil par nuit.

La meilleure façon de savoir si votre enfant dort suffisamment et bien, c’est d’être attentif aux signes d’un manque de sommeil :

  • Il est très difficile à réveiller le matin;
  • Il manque de concentration et est plus maladroit;
  • Il est irritable, maussade, et il bougonne ou pleure pour un rien;
  • Il est plus impulsif ou plus agressif;
  • Il se désintéresse de ce qu’il aime habituellement;
  • Il devient plus bruyant et hyperactif;
  • Il est souvent malade.
Le sommeil, en bref

Le corps possède une horloge interne qui contrôle l’alternance du sommeil et de l’éveil au cours d’une journée de 24 h. On appelle ce processus interne le rythme circadien de veille-sommeil. Il est influencé par divers signaux, comme ceux de la lumière et de la noirceur. Pour bien répondre aux besoins de sommeil d’un individu, il est donc important de connaître ces éléments de l’environnement qui peuvent aider ou nuire à cette période de repos essentielle. Le sommeil de nuit comporte 2 phases :
  • le sommeil lent, qui comporte des périodes de sommeil léger et de sommeil profond. Pendant ce type de sommeil (et plus particulièrement en sommeil lent profond), les ondes cérébrales sont plus lentes et plus amples;
  • le sommeil paradoxal, qui est la phase pendant laquelle le cerveau rêve. On l’appelle paradoxal parce que, bien que l’individu dorme profondément durant cette phase, les activités de son cerveau s’apparentent à celles qu’on observe à l’état d’éveil.
Ces 2 phases combinées constituent un cycle de sommeil qui dure environ 90 minutes et qui se répète 6 à 8 fois par nuit chez l’enfant (selon la durée de son sommeil).

Les bienfaits d’un bon sommeil

Un sommeil suffisant, en nombre d’heures et en qualité, aide au développement de l’enfant et à ses apprentissages. C’est pendant qu’il dort que l’enfant cimente tout ce qu’il a appris dans sa journée. Dormir suffisamment permet à votre enfant :

  • de renforcer ses apprentissages, sur le plan tant du langage que des habiletés motrices, des informations apprises et des stratégies pour résoudre un problème;
  • de mieux utiliser son raisonnement logique;
  • de mieux gérer ses émotions;
  • de rester alerte pendant la journée;
  • de se concentrer davantage et plus longtemps;
  • de bien se développer sur le plan physique;
  • de renforcer son système immunitaire.

Les conséquences d’un manque de sommeil

À l’inverse, ne pas dormir suffisamment peut affecter plusieurs aspects du développement d’un enfant. Lorsqu’un enfant manque de sommeil, il peut avoir :

  • de la difficulté à gérer ses émotions, et donc avoir des sautes d’humeur, être impulsif, agressif ou encore avoir tendance à être déprimé;
  • l’esprit moins vif;
  • un comportement plus hyperactif;
  • de la difficulté à rester attentif et concentré;
  • tendance à manger moins bien et à prendre du poids.

Pour un sommeil apaisant

Plusieurs éléments peuvent nuire au sommeil de votre enfant. S’il a du mal à s’endormir ou s’il se réveille la nuit, portez attention à certaines habitudes de vie.

  • Les horaires de sommeil
    Il est recommandé de garder les heures de coucher et de lever constantes et de ne pas trop s’en écarter et dans la mesure du possible, la fin de semaine aussi, particulièrement chez les enfants qui ont des problèmes de sommeil.
  • La routine
    Afin de préparer votre enfant au sommeil, il est conseillé de prévoir une routine à faire avec lui chaque soir avant qu’il se couche. Cette routine peut durer de 20 à 30 minutes. Il est important que cette routine se fasse de façon positive et dans la détente. Pour en savoir plus, consultez notre fiche Sommeil: l’importance de la routine du dodo.
  • Les devoirs
    Le cerveau a besoin d’un temps d’adaptation entre une activité intense et le sommeil. Il est donc préférable de terminer les leçons et les devoirs avant le souper ou en début de soirée pour profiter d’un temps d’activités plus calmes avant le dodo.
  • Les activités
    Votre enfant a besoin de dépenser son énergie, mais il est préférable de réserver les activités plus stimulantes pour le jour (courir, sauter, grimper, etc.) et de faire les activités plus calmes en soirée.
  • Les écrans
    L’ordinateur, les appareils mobiles (tablettes et téléphones) et la télévision sont à éviter avant le dodo. Non seulement les écrans stimulent trop le cerveau avant de dormir, mais leur luminosité favorise l’éveil du cerveau au lieu de son repos. Votre enfant ne devrait pas non plus avoir de télévision, d’ordinateur ou de jeux vidéo dans sa chambre.
  • L’alimentation
    Il est recommandé d’éviter les aliments excitants en soirée, comme tout ce qui contient de la caféine, incluant le chocolat, le thé et certaines boissons énergisantes. De plus, il est préférable d’attendre 1 h ou 2 h après le repas avant d’aller dormir, car la digestion peut perturber le sommeil. À l’opposé, un estomac vide peut aussi empêcher l’enfant de bien dormir. Il peut donc être bénéfique de prendre une collation santé en soirée.

Pour en savoir plus sur le sommeil des enfants, lisez notre dossier Mieux comprendre le sommeil.

 

Naitre et grandir.com

Révision scientifique : Dominique Petit, Ph. D., Centre d’études avancées en médecine du sommeil, Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal
Recherche et rédaction : Équipe Naître et grandir
Janvier 2016

 

Ressources et références

Note : les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est donc possible qu’un lien devienne introuvable. Dans un tel cas, utilisez les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

  • GRUBER, Reut. Institut universitaire en santé mentale Douglas. Sommeil et enfant. Données scientifiques. 2015. www.douglas.qc.ca
  • GRUBER, Reut. Institut universitaire en santé mentale Douglas. Sommeil et enfant. Répercussions du manque de sommeil sur la vie quotidienne. 2015. www.douglas.qc.ca
  • GRUBER, Reut. Institut universitaire en santé mentale Douglas. Troubles du sommeil chez l’enfant. 2015. www.douglas.qc.ca
  • LE CERVEAU À TOUS LES NIVEAUX! La chronobiologie. lecerveau.mcgill.ca
  • PETIT, Dominique et autres. Institut de la statistique du Québec. « Le sommeil : un acteur méconnu dans le développement du jeune enfant », Étude longitudinale du développement des enfants du Québec (ÉLDEQ 1998-2010) – De la naissance à 8 ans, vol. 5, fascicule 2, 2010.
  • SOINS DE NOS ENFANTS. Société canadienne de pédiatrie. De saines habitudes de sommeil pour votre bébé et votre enfant. Novembre 2012. www.soinsdenosenfants.cps.ca
  • WEISS, Shelly (Hospital for Sick Children). Canadian Sleep Society. Sleep in children. Toronto, 2005. css-scs.ca

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