Famille monoparentale: quand un parent n'est pas là

Famille monoparentale: quand un parent n'est pas là
Famille monoparentale : comment aider son enfant quand l’autre parent est absent?


Certains parents qui élèvent leur enfant en solo s’inquiètent des répercussions de l’absence du père ou de la mère sur leur tout-petit. Or, il est possible de favoriser l’épanouissement de l’enfant même si la mère ou le père est absent ou décédé.

Comment parler de la situation de monoparentalité à son enfant?

Quand un parent reste particulièrement attentif aux besoins affectifs de son enfant, ce dernier peut très bien se développer même s’il vit dans une famille monoparentale. Voici ce que vous pouvez faire pour expliquer la situation à votre enfant et faire en sorte qu’il s’y adapte bien selon le contexte qui vous concerne.

Quand l’autre parent est parti et ne veut pas s’impliquer :

  • Parlez à votre enfant des circonstances entourant sa conception. Même s’il ne pose pas de questions, c’est de là que part sa connaissance de lui-même et qu’il construit son identité. Vous pouvez lui dire : « Tu as un père de naissance. Toi, tu ne le connais pas, parce que nous ne vivons plus ensemble comme des amoureux. » Dans les cas d’abandon, vous pouvez ajouter : « Pour des raisons que je ne connais pas, il ne vient pas te voir. » Mettez alors l’accent sur les personnes importantes qui sont présentes dans la vie de votre tout-petit : les grands-parents, les oncles, les tantes, les voisins, les amis de la famille. Rassurez-le sur le fait qu’il est important pour vous et pour beaucoup d’autres adultes autour de lui.
  • Dites la vérité, sans blâmer l’autre parent ni manifester votre tristesse. Votre enfant doit comprendre l’amour que vous ressentez pour lui, plutôt que les mauvais souvenirs liés à la relation entre ses parents. Dites-lui que c’est un conflit entre adultes, afin qu’il ne se sente pas coupable.
  • Permettez à votre enfant d’exprimer sa tristesse ou sa colère par rapport à l’absence de l’autre parent. En grandissant, il prendra de plus en plus conscience que plusieurs familles sont composées de deux parents présents. Ses émotions sont tout à fait normales et lui permettront de faire le deuil du parent absent.
  • Rassurez souvent votre enfant en lui disant que vous l’aimez et que vous êtes là pour lui. Dans le cas où l’autre parent ne veut pas s’impliquer, il est normal que votre enfant se demande pourquoi il ne vaut pas la peine que son père ou sa mère vienne le voir. Répondez-lui que c’est parce que l’autre parent n’a pas eu la chance de le connaître comme vous. De plus, comme votre enfant a le sentiment d’avoir été abandonné une fois, il peut craindre d’être de nouveau abandonné par les adultes qu’il aime. Il faut le rassurer et lui dire que vous allez toujours prendre soin de lui.
  • Ne tentez pas d’excuser et de défendre l’autre parent, si ce dernier exerce son droit de visite seulement à l’occasion ou de façon inconstante. Présentez à votre enfant les faits et parlez avec lui de ses émotions. Par exemple, dites-lui : « C’est vrai, ton père devait venir te voir aujourd’hui et il n’est pas venu. C’est normal que tu sois déçu. Je te comprends. Tu as le droit d’avoir de la peine. » Ainsi, votre enfant fera petit à petit le deuil du parent idéalisé. Il apprendra à accepter ce que peut lui offrir ce parent tout en comblant ses autres besoins auprès d’autres personnes.

Quand l’autre parent est décédé :

  • Parlez à votre enfant de votre vie avec l’autre parent avant son décès. Racontez-lui comment vous vous êtes rencontrés. Parlez-lui des bons souvenirs que vous avez de lui avec l’autre parent et de l’amour que ce dernier avait pour lui. Montrez-lui des photos de l’autre parent et faites-lui remarquer les ressemblances physiques : « Tu as les yeux verts comme ta maman. » Répondez aussi à ses questions. Ces informations aident votre enfant à connaître le parent décédé, à comprendre d’où il vient et à construire son identité.
  • Expliquez à votre enfant la cause du décès de l’autre parent en utilisant des mots simples. Le but est de permettre à votre enfant de savoir pourquoi son parent est absent et de comprendre qu’il n’est pas responsable de sa mort. Si cela vous perturbe, vous pouvez demander à un proche de vous aider. Si le parent est mort par suicide, dites à votre tout-petit qu’il est décédé à la suite d’une maladie. Lorsque vous sentirez que votre enfant est capable de comprendre et qu’il est prêt à en parler, vous pourrez lui expliquer la maladie mentale dont était atteint le parent et dire qu’il s’est enlevé la vie.
  • Assurez-vous que votre enfant conserve un petit objet en souvenir de l’autre parent, même s’il était tout-petit au moment du décès. De cette façon, votre enfant sentira sa présence dans sa vie de façon symbolique.
  • Gardez des rituels en soulignant par exemple l’anniversaire de naissance du parent décédé ou le jour de sa mort. Il s’agit d’un autre moyen de montrer à votre enfant que le parent disparu a toujours une place dans la famille.
  • Restez à l’écoute des inquiétudes de votre enfant et rassurez-le. Comme il a perdu un parent, votre enfant peut avoir peur de vous perdre aussi. Cela peut se manifester par de l’anxiété, des crises de colère lors des moments de séparation, une peur de la mort, des difficultés de sommeil. Parlez ouvertement de ses craintes et rassurez votre enfant en lui disant que vous prenez soin de vous pour qu’il ne vous arrive rien.

Pour en savoir plus sur la façon d’aborder la mort avec un enfant, consultez nos fiches : L’enfant et la mort d’un être cher (avant 5 ans) et Le deuil chez l’enfant (après 5 ans).

Quand le parent a décidé d’avoir un enfant seul :

  • Préparez-vous à raconter l’histoire de la naissance de votre enfant. Qu’il soit adopté ou conçu par procréation assistée, vous devez d’abord vous approprier son histoire, c’est-à-dire vous la raconter avant de la lui raconter.
  • Essayez d’être le plus transparent possible tout en restant simple pour lui expliquer son histoire. Vous pouvez par exemple dire à votre enfant que même si vous n’avez pas de partenaire, vous vouliez très fort devenir parent et que vous êtes allé le chercher à tel endroit. S’il s’agit de procréation assistée, vous pouvez dire qu’un médecin vous a aidé à mettre « des graines de vie » dans votre ventre de maman. Pas besoin de donner toute l’information au début, attendez que votre enfant vous pose des questions sur son origine pour ajouter des détails en fonction de ce qu’il peut comprendre.
  • Rassurez-le en lui disant que même si vous avez choisi d’avoir un enfant seul, vous avez une grande famille avec grand-papa, grand-maman, oncle, tante, cousins, etc.
  • N’hésitez pas à aller chercher le soutien d’un professionnel (ex. : psychologue, travailleur social) si vous avez des questions ou des inquiétudes sur la manière d’aborder votre réalité de parent unique avec votre enfant.

Présenter d’autres modèles à l’enfant

Un papa ou une maman ne peut être remplacé, mais d’autres hommes ou femmes peuvent servir de modèles à votre enfant. Il est important de lui présenter d’autres modèles afin de lui permettre de construire des relations solides avec d’autres adultes. Ces modèles peuvent aussi aider votre enfant à combler certains besoins affectifs en plus de lui apprendre à faire confiance aux adultes. Pour ce faire, l’enfant doit pouvoir être en contact régulièrement avec cette ou ces personnes sur une longue période. Il est donc important de lui offrir des modèles fiables, stables, affectueux et sécurisants.

Vous pouvez trouver ces modèles dans votre entourage. Par exemple, un grand-père ou un oncle peut servir de modèle masculin à un enfant qui n’a pas de papa. De la même façon, une grand-mère ou une tante peut servir de modèle féminin à un enfant qui n’a pas de maman. Les modèles peuvent aussi se trouver parmi vos amis, les éducateurs et éducatrices de la garderie ou le personnel enseignant. Votre tout-petit pourra discuter avec eux ou encore faire en leur présence des activités différentes de celles qu’il fait avec vous.

L’heure du conte à la bibliothèque du quartier et les activités proposées aux familles par la municipalité ou par une maison de la famille sont également de bonnes occasions de rencontrer d’autres parents. Ce genre d’activités permet à votre enfant d’être en contact avec des modèles masculins ou féminins ainsi qu’avec d’autres enfants qu’il voit en interaction avec leurs parents.

Notez que ces conseils sont tout aussi valides dans les situations où un parent n’exerce son droit de visite qu’à l’occasion ou de façon inconstante. L’enfant doit sentir qu’il est aimé et important pour d’autres adultes. C’est rassurant pour lui de savoir qu’il a une valeur pour d’autres personnes que son parent présent.

À retenir

  • Dites la vérité à votre enfant pour expliquer votre situation de monoparentalité en utilisant des mots adaptés à son âge et en répondant à ses questions.
  • Rassurez votre enfant en lui disant que vous l’aimez, qu’il est important pour vous et que vous prendrez toujours soin de lui.
  • Pour l’aider à combler certains besoins affectifs, il est important que d’autres adultes de votre entourage servent de modèles à votre enfant.

 

Naître et grandir

Révision scientifique : Annie Goulet, psychologue
Recherche et rédaction :Équipe Naître et grandir
Mise à jour : Septembre 2020

 

Photos : iStock.com/VikramRaghuvanshi et GettyImages/eclipse_images

 

Ressources et références

Note : Les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est donc possible qu’un lien devienne introuvable. Dans un tel cas, utilisez les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

Pour les parents :

  • DAHAN, Jocelyne et Anne LAMY. Un seul parent à la maison. Les éditions Albin Michel, 2005, 140 p.
  • FÉDÉRATION DES ASSOCIATIONS DE FAMILLES MONOPARENTALES ET RECOMPOSÉES DU QUÉBEC (FAFMRQ). fafmrq.org
  • FÉDÉRATION DES PARENTS ADOPTANTS DU QUÉBEC. fpaq-adoption.ca
  • GINSBERG, Barry G. Famille monoparentale : guide de survie. Broquet, 2008, 184 p.
  • GUILMAINE, Claudette. Parent au singulier : la monoparentalité au quotidien. Les Éditions du CRAM, CHU Sainte-Justine, 2012.
  • LA PETITE MAISON DE LA MISÉRICORDE. Organisme communautaire pour femmes cheffes de familles monoparentales. petitemaisondelamisericorde.org
  • LES GRANDS FRÈRES GRANDES SOEURS DU CANADA. Association qui jumelle des bénévoles avec des enfants.grandsfreresgrandessoeurs.ca
  • MINISTÈRE DE LA FAMILLE DU QUÉBEC. Répertoire des organismes communautaires dédiés aux familles par région. mfa.gouv.qc.ca
  • MONTPETIT, Marie. Réussir sa famille monoparentale et reconstituée : guide pour retrouver et maintenir l’équilibre. Éditions La Semaine, 2019, 176 p.
  • PORTAIL SANTÉ MIEUX-ÊTRE. Pour trouver une ressource d’aide professionnelle. sante.gouv.qc.ca
  • REGROUPEMENT POUR LA VALORISATION DE LA PATERNITÉ. Regroupement d’organismes qui valorisent les pères au sein des familles. rvpaternite.org
  • SERVICE D’AIDE AUX CONJOINTS (SAC). Aide aux hommes en difficultés conjugales. serviceaideconjoints.org

Pour les enfants :

  • BALLAND, Olivia. Ma famille, c’est maman et moi :histoire d’une adoption monoparentale. Olivia Balland, 2013.
  • DOLTO, Catherine et Colline FAURE-POIRÉE. Vivre seul avec papa ou maman. Éditions Gallimard jeunesse, 2006,32 p.
  • DUVAL, Stéphanie et Serge HEFEZ. D’où je viens? Le petit livre pour parler de toutes les familles. Éditions Bayard, 2019, 40 p.
  • JACQUES, Josée et Ninon PELLETIER. Ma vie sans toi. Montréal, Éditions Petit Homme, 2019, 64 p. (Album d’activités pour accompagner le deuil)
  • KAPLOW, Julie. Samantha a perdu son papa :une histoire sur… le deuil. Saint-Lambert, Éditions Enfants Québec, 2009, 32 p.
  • LE PICARD, Clara. Marguerite veut un papa. Albin Michel jeunesse, 2001, 36 p.
  • O’LEARY, Sara. Une famille…c’est une famille. Éditions Scholastic, 2018, 32 p.
  • WALCKER, Yann. Camille veut une nouvelle famille. Éditions Auzon, 2013, 32 p.

 

Partager

À lire aussi