Parents séparés: l'importance de communiquer

Parents séparés: l'importance de communiquer
Parents séparés : comment maintenir une bonne communication? Voici quelques pistes.


Les parents séparés qui font la garde partagée doivent miser sur la communication pour bien tenir leur rôle auprès de leur enfant. Bien communiquer entre eux, avec le personnel de la garderie ou de l’école de même qu’avec leur enfant aide toute la famille à s’adapter à la situation. Cela permet aussi de réduire les conflits et les malentendus.

Communiquer avec l’autre parent

C’est normal que les ex-conjoints vivent de la tristesse et de la colère à la suite de leur séparation, mais ils doivent savoir que ces sentiments peuvent compromettre le bien-être de leur enfant.

Plusieurs recherches ont démontré que ce n’est pas la séparation qui influe le plus sur les difficultés d’adaptation des enfants, mais plutôt les conflits et l’absence de coopération entre les parents. Il est donc important que les ex-conjoints trouvent des moyens de surmonter leur tristesse ou leur colère pour développer une relation centrée sur le bien-être de leur enfant.

Quand les ex-conjoints parviennent à bien collaborer, les enfants s’adaptent mieux à la séparation.

Une bonne communication permet aux parents notamment d’établir des règles et des attentes similaires dans les deux maisons. Cela diminue l’angoisse de l’enfant, qui aura moins d’ajustements à faire. Ainsi, tout en acceptant que chaque parent puisse faire les choses à sa manière, les ex-conjoints devraient s’entendre sur les grandes lignes pour mettre en place des routines semblables avec leur enfant. Les routines donnent de la stabilité et elles sont rassurantes pour un enfant.

Malgré la séparation, il reste encore beaucoup de décisions à prendre concernant les besoins et la vie de l’enfant. Les parents séparés doivent donc aussi s’assurer de se parler régulièrement. Cela peut se faire par exemple au moment du changement de garde. Certains parents s’écrivent des notes dans un cahier (ex. : journal de bord de la garderie). Ils peuvent aussi s’échanger des courriels et des textos au sujet de situations qui concernent l’enfant. Et lorsque quelque chose d’important préoccupe un des parents, il est préférable d’en parler de vive voix en personne ou au téléphone.

Des conseils pour bien communiquer avec votre ex-partenaire :

  • Assurez-vous de communiquer des messages clairs à l’autre parent, c’est-à-dire des messages qui parlent d’un seul sujet à la fois et qui concernent le plus possible votre situation actuelle, et non des histoires du passé. Revenir sur des expériences passées risque de rendre la communication inefficace.
  • Restez à l’écoute de l’autre parent. Par exemple, gardez le silence quand il parle et faites l’effort de comprendre ce qu’il vous dit. Avoir un discours respectueux l’un envers l’autre permet d’éviter les attaques.
  • Vérifiez avec l’autre parent ce que vous avez compris de ses propos. Cela démontre que vous accordez de l’importance à ce qu’il dit et évite les malentendus.
  • Tentez de maîtriser vos émotions dans vos discussions. Même si vous n’êtes pas d’accord avec l’autre parent, essayez d’expliquer calmement votre point de vue.
  • Ne vous fiez pas aux paroles rapportées par votre enfant. Ce n’est pas parce que votre enfant dit des choses comme « maman a dit que… » ou « papa a dit que… » que ces paroles ont vraiment été dites. Pour éviter les malentendus et les tensions, mieux vaut que les parents clarifient les faits en se parlant ouvertement.
  • N’hésitez pas à dire à votre ex-partenaire combien vous êtes fier de votre enfant. Parler de votre enfant de manière positive favorise une communication saine et efficace.

Quand les ex-conjoints ne collaborent pas bien, les enfants peuvent se sentir angoissés et déchirés parce qu’ils sentent qu’ils doivent « prendre parti » entre deux parents qui ne sont pas en accord. Maintenir une bonne communication évite ce genre de situations.

La médiation familiale pour mieux communiquer
Au Québec, les parents qui se séparent ont droit à 5 heures de médiation familiale gratuite. Le médiateur aide bien sûr les parents à s’entendre sur le mode de garde de l’enfant. Mais il peut aussi les aider à mieux communiquer en réglant avec eux certains détails comme qui prendra les rendez-vous chez le médecin, qui va acheter les vêtements, que faire si l’enfant est avec maman le jour de la fête de papa, etc.

Informer le personnel de la garderie ou de l’école

Pour que tous ceux qui prennent soin de l’enfant puissent être attentifs à ses réactions concernant la séparation, les parents doivent informer le personnel de la garderie ou de l’école de la nouvelle situation familiale, surtout si elle est récente ou si les conjoints sont en cours de séparation.

Ce changement est important dans la vie d’un enfant et peut avoir un effet sur son comportement. En étant au courant de la situation, son éducatrice ou son enseignante pourra mieux comprendre d’éventuels changements de comportements et adapter ses interventions en conséquence.

En cas de séparation, léducatrice ou l’enseignante devrait également transmettre les informations en double aux deux parents. De même, elle peut organiser des rencontres conjointes ou séparées, en fonction des besoins. Il est donc important que les ex-conjoints communiquent avec le milieu de garde ou l’école pour dire au personnel comment ils souhaitent que les choses se fassent.

Chacun des parents doit aussi s’assurer d’informer l’autre de ce qui s’en vient dans le milieu de garde ou à l’école (ex. : dîner à prévoir pour une sortie, vêtements particuliers pour une activité). Ces échanges d’information permettent aux parents d’assurer adéquatement la transition les jours où ils ont la garde de l’enfant.

Parler ouvertement avec son enfant

Il est normal qu’un tout-petit éprouve de la tristesse, de la culpabilité, de la confusion, de l’anxiété et de la colère après la séparation.

Parler avec lui des émotions qu’il vit, le questionner et lui dire la vérité sur la situation selon son niveau de compréhension aide l’enfant à s’adapter peu à peu à ce gros changement dans sa vie. Maintenir une bonne communication avec son enfant est aussi un moyen pour les parents de savoir ce qu’il ressent. Cela permet donc de le rassurer ou d’envisager une aide psychologique, au besoin.

Des conseils pour parler de la séparation avec votre enfant :

  • Utilisez des mots simples pour expliquer votre séparation. Par exemple, dites : « Papa et maman ne s’aiment plus comme des amoureux, on va se séparer. Toi, on t’aime toujours et on va toujours t’aimer. »
  • Rassurez votre enfant en lui disant que vous avez déjà été amoureux. Il comprendra que ce qu’il a vécu avec ses parents était vrai. C’est rassurant aussi de lui dire que malgré la tristesse ou la colère, vous êtes toujours heureux de l’avoir comme enfant et d’être son parent.
  • Décrivez-lui comment les choses vont se passer pour lui. Par exemple, dites : « Papa va continuer à vivre ici, maman va habiter ailleurs. Toi, tu vas vivre des fois avec maman, des fois avec papa. »
  • Rappelez souvent à votre enfant que vous allez toujours prendre soin de lui. Il a besoin de savoir que ses parents vont toujours être là pour lui.
  • Racontez-lui des histoires qui parlent de séparation. Les livres sont de bonnes ressources vers lesquelles vous tourner si vous êtes mal à l’aise ou si vous ignorez comment aborder le sujet.
  • Évitez de parler tout de suite à votre enfant de l’existence d’un nouveau conjoint ou d’une nouvelle conjointe, si c’est le cas. Faites preuve de patience. Vous préparerez votre enfant un peu plus tard. Avant de penser à former une famille recomposée, il faut lui donner le temps de s’habituer à la séparation.
  • Accordez du temps à votre enfant et amusez-vous avec lui. Quand vous lui donnez de l’attention, vous lui dites avec des gestes qu’il est toujours important pour vous. Par exemple, il peut arriver que votre enfant soit plus difficile au retour de la garderie ou lorsqu’il revient de chez l’autre parent. C’est une réaction normale liée au stress de la séparation et à l’adaptation que cela demande. Passez alors un moment pour faire une activité agréable avec lui afin de le rassurer.
  • Si vous avez de la difficulté à contenir votre tristesse devant votre enfant, dites-lui que la situation vous fait de la peine, mais que vous allez prendre soin de vous et que cette peine finira par partir. Ce n’est pas à votre enfant de prendre soin de vous.

Placer l’enfant à l’écart des conflits

L’enfant s’adapte mieux à la séparation quand il a des contacts réguliers avec ses deux parents, qu’il se sent aimé par chacun d’eux et qu’il reste à l’écart des conflits.

Même un tout-petit peut se sentir responsable des conflits, à partir du moment où il comprend que le sujet le concerne (ex. : pension alimentaire, mode de garde, santé, école, etc.). C’est pourquoi les parents doivent éviter de se chicaner devant leur enfant. Autrement, il peut se sentir coincé ou déchiré entre ses deux parents qu’il aime tout autant et à qui il veut plaire.

Être témoin des conflits entre ses parents rend l’enfant anxieux. Il sera alors plus à risque d’adopter des comportements d’agressivité ou d’irritabilité et de montrer des symptômes dépressifs tant à la garderie, à l’école qu’à la maison.

Pour éviter de placer votre enfant au centre de vos conflits :

  • Faites de votre mieux pour parler de façon calme et respectueuse avec votre ex-partenaire lorsque vous êtes en présence de votre enfant.
  • Ne parlez pas en mal de l’autre parent devant votre enfant. Si quelque chose vous a dérangé dans l’attitude de votre ex-partenaire, parlez-lui-en directement. Vous pouvez aussi vous confier à un proche (ex. : famille, ami).
  • Ne vous servez pas de votre enfant comme intermédiaire pour poser des questions à l’autre parent ou pour régler certains problèmes.
  • Ne placez pas votre enfant dans une position difficile et stressante en lui posant trop de questions ou en le forçant indirectement à prendre parti pour vous.
  • Reconnaissez que votre enfant a le droit d’aimer ses deux parents et d’être bien avec eux.
  • Allez chercher de l’aide si vous vivez beaucoup de peine, de colère et de frustrations. Cela peut se faire auprès d’un ami, d’un groupe de soutien ou d’un professionnel.

Si malgré tout votre enfant a été témoin d’une chicane entre vous, il est toujours possible de reprendre les choses en main. Rassurez-le sur le fait qu’il n’est pas responsable de ce conflit ni de la séparation. Travaillez ensuite à renforcer son estime de soi et encouragez-le à parler de ses émotions. Prenez un moment avant le dodo pour parler des petits bonheurs et des peines de la journée. L’important est que votre enfant sente que vous êtes disponible pour entendre ce qu’il vit, même sa tristesse ou ses inquiétudes.

Pour en savoir plus, consultez notre dossier L’enfant au coeur de la séparation.

À retenir

  • Les parents séparés doivent maintenir une bonne communication entre eux pour continuer à collaborer pour le bien-être de leur enfant.
  • Il est important d’informer le personnel du milieu de garde ou de l’école de votre séparation pour que léducatrice de votre enfant ou son enseignante le soutienne.
  • Pour aider votre enfant à s’adapter à la séparation, il est important de lui parler de la situation, de lui dire que vous prendrez toujours soin de lui et de le garder à l’écart de vos conflits.

 

Naître et grandir

Révision scientifique : Annie Goulet, psychologue
Recherche et rédaction :Équipe Naître et grandir
Mise à jour : Juin 2020

 

Photos :GettyImages/RgStudio et Halfpoint

 

Ressources et références

Note : Les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est donc possible qu’un lien devienne introuvable. Dans un tel cas, utilisez les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

Pour les parents :

  • AGENCE DE LA SANTÉ PUBLIQUE DU CANADA. Parce que la vie continue… Aider les enfants et les adolescents à vivre la séparation et le divorce. 2016, 164 p. canada.ca
  • ASSOCIATION DES MÉDIATEURS FAMILIAUX DU QUÉBEC. mediationquebec.ca
  • CLOUTIER, Richard et autres. Les parents se séparent : mieux vivre la crise et aider son enfant. Éditions du CHU Sainte-Justine, 2018, 296 p.
  • FÉDÉRATION DES ASSOCIATIONS DE FAMILLES MONOPARENTALES ET RECOMPOSÉES DU QUÉBEC (FAFMRQ). www.fafmrq.org
  • GOUVERNEMENT DU QUÉBEC. Quand un couple se sépare. quebec.ca
  • GUILMAINE, Claudette. Chez papa, chez maman : une nouvelle vie de famille. Éditions du CRAM et Éditions du CHU Sainte-Justine, 2011, 178 p.
  • GUILMAINE, Claudette. Parent au singulier : la monoparentalité au quotidien. Éditions du CRAM et Éditions du CHU Sainte-Justine, 2012, 200 p.
  • JUSTICE PROBONO. S’orienter dans la séparation familiale. 2019. justiceprobono.ca
  • MINISTÈRE DE LA FAMILLE DU QUÉBEC. Répertoire des organismes communautaires dédiés aux familles par région. www.mfa.gouv.qc.ca
  • MINISTÈRE DE LA JUSTICE DU CANADA. Faire des plans.Guide sur les arrangements parentaux après la séparation ou le divorce : comment penser à votre enfant d’abord. justice.gc.ca
  • MINISTÈRE DE LA JUSTICE DU QUÉBEC. Séparation et divorce. justice.gouv.qc.ca
  • PARENT, Claudine et Marie-Christine SAINT-JACQUES. La famille recomposée : des escales, mais quel voyage! 2e éd., Éditions du CHU Sainte-Justine, 2015, 239 p.
  • PORTAIL SANTÉ MIEUX-ÊTRE. Pour trouver une ressource d’aide professionnelle. sante.gouv.qc.ca
  • RÉSEAU D’AIDE AUX FAMILLES EN TRANSITION. ressourcefamille.ca
  • SERVICE D’AIDE AUX CONJOINTS (SAC). Aide aux hommes en difficultés conjugales. www.serviceaideconjoints.org

Pour les enfants :

  • BEAUCOURT, Cécile et Cécile GEIGER. J’ai deux maisons. Éditions Gautier-Languereau, 2017, 32 p.
  • DOLTO, Catherine et Colline FAURE-POIRÉE. Les parents se séparent. Éditions Gallimard jeunesse, 2019, 28 p.
  • DOLTO, Catherine et Colline FAURE-POIRÉE. Vivre seul avec papa ou maman. Éditions Gallimard jeunesse, 2006, 32 p.
  • ENGLEBERT, Eric. Papa, maman… avant. Éditions Grasset, 2006, 48 p.
  • FRANCOTTE, Pascale. La séparation. Éditions Alice, 2004, 40 p.
  • FRANCOTTE, Pascale. Ma famille, c’est pas compliqué! Éditions Alice, 2006, 32 p.
  • PERREAULT, Mélanie. Rosalie entre chien et chat. Dominique et compagnie, 2015, 32 p.
  • RÉGANI, Soufie. Le Baume au coeur. Éditions Limonade, 2014, 36 p.
  • WALCKER, Yann. Camille veut une nouvelle famille. Éditions Auzou, 2013, 32 p.

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