Les droits pendant la grossesse et l'accouchement

Les droits pendant la grossesse et l'accouchement
Quels sont vos droits pendant la grossesse et l’accouchement? Informez-vous pour prendre des décisions éclairées et faire respecter vos choix.


Pendant votre grossesse et au moment de votre accouchement, vous serez suivie au sein du réseau de la santé. Comme n’importe quel patient, vous avez des droits qui doivent être respectés par le personnel médical. Ces droits sont garantis par les lois québécoises et canadiennes.

Le droit de choisir le professionnel pour le suivi de grossesse

Vous avez le droit de choisir le professionnel de la santé qui suivra votre grossesse. Ce peut être un médecin de famille, une infirmière praticienne spécialisée (IPS), un médecin spécialiste ou une sage-femme. En tout temps pendant votre grossesse, vous pouvez changer de professionnel.

Ce droit est inscrit dans la Loi sur les services de santé et les services sociaux du Québec. L’article 6 stipule en effet que « toute personne a le droit de choisir le professionnel ou l’établissement duquel elle désire recevoir des services de santé ».

Cependant, selon la Loi sur les sages-femmes, une sage-femme peut exercer sa profession seulement lorsque tout se déroule normalement. En cas de complication pendant la grossesse, la sage-femme doit, selon la nature de la situation, consulter un médecin ou lui transférer la responsabilité clinique du suivi. Les conditions nécessitant une consultation ou un transfert de suivi vers un médecin sont précisées dans l’un des règlements encadrant le travail des sages-femmes.

Par exemple, une sage-femme ne peut pas accompagner une femme qui attend des jumeaux. Elle ne peut pas non plus procéder à l’accouchement d’un bébé en siège, à moins d’une situation d’urgence. Dans ce cas, la Loi sur les sages-femmes précise qu’elle peut le faire « dans l’attente d’une intervention médicale ou en l’absence de celle-ci ».

Pour leur part, les IPS peuvent effectuer le suivi de grossesse tant que la patiente ne nécessite pas de soins spécialisés ou ultraspécialisés. Les IPS ne peuvent pas non plus procéder à l’accouchement.

Le droit de choisir le lieu de naissance

Au Québec, vous avez également le droit de choisir le lieu de naissance si vous accouchez avec une sage-femme. Vous pouvez choisir d’accoucher dans un hôpital, dans une maison de naissance ou à votre domicile.

Selon le Règlement sur les normes de pratique et les conditions d’exercice lors d’accouchements à domicile, la sage-femme doit vous renseigner sur les lieux de naissance. Elle doit vous fournir les renseignements nécessaires pour faire un choix éclairé et en discuter avec vous.

Si vous choisissez d’accoucher à domicile après cette discussion, la sage-femme devra visiter votre domicile. Elle s’assurera ainsi que les services seront fournis dans un environnement sécuritaire.

Le droit de consentir aux interventions

L’article 13 du Code civil du Québec précise que le consentement n’est pas requis si votre vie est en danger. Le consentement n’est pas requis non plus si votre intégrité est menacée et qu’il ne peut pas être obtenu à temps.
Cette disposition ne vise pas à écarter un refus de traitement si vous êtes apte à consentir. Elle vise à procéder à une intervention d’urgence lorsque vous n’êtes pas en mesure d’y consentir. Ce peut être, par exemple, si vous vous êtes évanouie.

Vous avez le droit de consentir aux interventions pendant votre grossesse et votre accouchement. Ce droit est précisé dans le Code civil du Québec. L’article 10 stipule que porter atteinte à l’intégrité d’une personne sans son consentement libre et éclairé est interdit, sauf dans les cas prévus par la loi.

L’article 11 du Code civil du Québec interdit également qu’une personne soit soumise à des soins sans son consentement. Ces soins incluent des examens, des prélèvements, des traitements ou toute autre intervention.

Par conséquent, vous avez le droit d’être informée. Vous devez connaître les risques et les effets indésirables des médicaments et des traitements proposés pendant la grossesse et l’accouchement. Le professionnel qui vous suit doit également discuter avec vous des options qui existent. Vous êtes ensuite libre de refuser ces interventions, si vous ne les jugez pas nécessaires.

Vous avez aussi le droit de refuser que les soins soient effectués par des étudiants en médecine ou des IPS en formation. Cela pourrait être le cas, par exemple, si vous êtes suivie dans un établissement universitaire.

Quels sont les droits du bébé par rapport aux interventions?

Les droits mentionnés précédemment s’appliquent également au bébé après sa naissance.
Les parents détiennent l’autorité parentale. En tant que parent, vous pouvez donc consentir aux soins requis par l’état de santé de votre enfant s’il a moins de 14 ans. Par contre, vos décisions doivent être prises dans l’intérêt de votre enfant.
L’établissement de santé peut s’adresser au tribunal si les parents opposent un refus injustifié aux soins de leur enfant. De plus, si la décision des parents n’est pas prise dans l’intérêt du bébé, la Direction de la protection de la jeunesse peut intervenir. En cas d’urgence, le traitement peut aussi être réalisé en l’absence du consentement des parents.

Le droit de quitter l’hôpital

Vous avez le droit de quitter l’hôpital après votre accouchement lorsque vous le souhaitez. Selon le Code civil du Québec, personne ne peut être gardé dans un établissement de santé sans son consentement. Ce droit peut être exercé en tout temps, sauf si la loi ou le tribunal ordonne votre garde forcée. Ce droit est garanti tant que vous êtes apte à consentir aux soins.

Vous pouvez exercer ce droit même si cela va à l’encontre de l’avis de l’équipe médicale. Vous n’êtes pas non plus tenue de signer un refus de traitement.

Comme pour les interventions, ce droit s’applique aussi au bébé, dans la mesure où la décision est prise dans son intérêt.

Césarienne et accouchement vaginal après une césarienne (AVAC) : quels sont vos droits?

Comme pour toute intervention, votre médecin doit s’assurer de bien vous expliquer les risques de la césarienne. Il doit aussi obtenir votre consentement avant de procéder.
Au Canada, la loi ne permet pas d’obliger une femme à subir une césarienne. Vous pouvez donc refuser la césarienne, même si le personnel médical est inquiet pour la sécurité du foetus. Selon la jurisprudence canadienne, un enfant devient un être humain seulement lorsqu’il est complètement sorti vivant du ventre de sa mère. Le foetus ne détient donc aucun droit qui pourrait limiter ceux de sa mère.
En l’absence de raison médicale, le médecin peut refuser de réaliser une césarienne, même si vous la demandez.
Si vous avez déjà subi une césarienne, votre médecin vous informera des options disponibles lors de l’accouchement. La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada reconnaît que l’accouchement par voie vaginale est une option de rechange sécuritaire pour certaines femmes après une césarienne.
Si un AVAC est sécuritaire pour vous, votre médecin doit vous le dire. Il doit également vous informer des risques que ce type d’accouchement comporte. Après avoir été informée, vous pourrez prendre la décision qui vous convient. Sachez que vous pouvez refuser de faire une tentative d’accouchement vaginal et demander une césarienne.

À retenir

  • En tant que femme enceinte, vous avez des droits qui doivent être respectés par le personnel médical.
  • Vous avez le droit d’être informée des avantages et des risques d’une intervention ou d’un médicament qui vous est proposé.
  • Vous avez le droit de refuser une intervention qui ne vous semble pas nécessaire.
Naître et grandir

Révision juridique : Léa Charbonneau-Lacroix, avocate
Recherche et rédaction :
Équipe Naître et grandir
Mise à jour : Août 2026

Photo : iStock.com/Tatyana Sokolova

Ressources et références

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Références

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