Pour éviter le décrochage scolaire, il est important de s’impliquer dans le parcours scolaire de votre enfant.
Vous pouvez agir tôt dans le parcours scolaire de votre enfant pour encourager la persévérance scolaire et prévenir le décrochage. En vous impliquant dès le début et en suivant le cheminement scolaire de votre enfant, vous lui donnez le goût d’apprendre et de persévérer.
L’importance de s’impliquer dans le parcours scolaire de votre enfant
La maternelle marque le début de la longue aventure scolaire de votre enfant. Cette étape est importante, car si sa transition à la maternelle se passe bien, votre enfant a plus de chances d’être motivé à l’école et de réussir au primaire, et même au secondaire.
Vous pouvez vous impliquer concrètement pour favoriser cette transition à la maternelle, notamment en encourageant l’autonomie de votre enfant, en instaurant des routines et en valorisant l’école.
Des difficultés scolaires peuvent toutefois survenir malgré vos efforts et ceux des enseignants et enseignantes. Lorsque c’est le cas, il est important de réagir dès que les difficultés apparaissent, car les problèmes d’apprentissage ou de comportement sont liés au décrochage.
Le décrochage scolaire est un processus qui peut commencer dès l’entrée à l’école.
Les difficultés qui nuisent à la réussite éducative des enfants peuvent apparaître à tout moment dans leur cheminement scolaire, y compris à la maternelle. Si rien n’est fait pour soutenir un enfant en difficulté, maintenir sa motivation et l’aider à surmonter ces défis, ces problèmes risquent de devenir plus importants. Ils peuvent ainsi entraîner des échecs répétés, démotiver l’élève et le conduire ultimement au décrochage.
Par exemple, un faible rendement scolaire en 1re année du primaire, notamment en lecture, en écriture et en mathématiques, représente un facteur de risque de ne pas obtenir son diplôme d’études secondaires.
Les facteurs pouvant mener au décrochage
Le décrochage scolaire n’est pas facile à prédire puisque plusieurs éléments peuvent avoir une influence sur le cheminement scolaire d’un enfant. C’est la combinaison de plusieurs facteurs ou situations qui augmente le risque qu’un élève abandonne l’école au secondaire.
Voici les principaux facteurs de risque de décrochage scolaire.
- Avoir des difficultés ou des échecs en lecture, en écriture et en mathématiques. Par exemple, avoir de la difficulté à lire peut nuire à l’apprentissage dans toutes les autres matières.
- Avoir un trouble d’apprentissage (ex. : dyslexie, dysorthographie, dyscalculie), un déficit de l’attention (avec ou sans hyperactivité) ou des problèmes de comportement (ex. : trouble d’opposition, agressivité, difficulté à respecter les règles). Cela peut nuire aux apprentissages et aux relations avec les autres, mais aussi à la motivation.
- Être issu d’un milieu socioéconomique défavorisé. Cela crée souvent des situations familiales qui fragilisent la réussite scolaire. Par exemple, le stress financier des parents, un logement trop petit ou des déménagements fréquents peuvent faire en sorte qu’un enfant obtienne moins de soutien, de stabilité et d’espace pour faire ses travaux scolaires.
Il semble toutefois qu’une attitude positive des parents par rapport à l’école pourrait réduire les effets négatifs que peuvent avoir certains facteurs de risque comme la pauvreté.
- Avoir des parents qui ne valorisent pas l’école, qui ont une perception négative des capacités à réussir de leur enfant, qui n’offrent pas d’encadrement pour les travaux et qui ne participent pas au suivi scolaire. Ces attitudes nuisent à l’estime personnelle de l’enfant, à sa motivation et à sa persévérance scolaire.
- Avoir de mauvaises relations avec ses enseignants ou enseignantes. Par exemple, un enfant qui ne s’entend pas bien avec son enseignante ou son enseignant a moins envie de lui demander de l’aide, de répondre à ses exigences, d’aller à l’école et de faire ses devoirs. Sa motivation scolaire risque alors de diminuer.
- Vivre des événements stressants qui perturbent le cheminement scolaire. À l’adolescence, les élèves exposés à une situation stressante significative dans leur vie, comme un conflit familial, une peine d’amour, un problème de santé ou de l’intimidation, sont plus susceptibles de décrocher dans les mois qui suivent l’événement.
Séparation et réussite scolaireSi vous vivez une séparation, il est possible que cette situation nuise aux résultats scolaires de votre enfant. Toutefois, il semble que ces difficultés peuvent s’expliquer par une mauvaise qualité de la relation parent-enfant, un encadrement inconstant et un manque de supervision. Pour limiter l’effet de la séparation sur le parcours scolaire de votre enfant, continuez à le soutenir dans ses apprentissages lors de vos périodes de garde. Essayez aussi de maintenir une bonne entente avec l’autre parent pour discuter de la façon de partager la tâche des devoirs et des leçons. |
Pourquoi les garçons décrochent-ils plus que les filles?
Depuis le début des années 2000, le décrochage est en baisse de façon quasi constante au Québec. Le taux de décrochage scolaire est passé de 21,5 % (2000-2001) à 14,2 % (2023-2024), selon les plus récentes données du ministère de l’Éducation du Québec. Les statistiques de 2023-2024 montrent aussi que le décrochage est plus fréquent chez les garçons (16,7 %) que chez les filles (11,6 %).
Différentes raisons peuvent expliquer pourquoi les garçons décrochent plus que les filles. De façon générale, les spécialistes notent que les garçons sont plus touchés par le décrochage parce qu’ils présentent plus de facteurs de risque que les filles. Par exemple, ils ont de plus grandes difficultés en lecture et en écriture que les filles. Ils sont aussi plus nombreux que les filles à présenter des problèmes d’attention et de comportement.
L’écart entre les taux de décrochage des garçons et des filles se rétrécit depuis quelques années. En 2000-2001, l’écart était de 11,4 % et, en 2023-2024, il s’établissait à 5,1 %.
En général, les garçons arriveraient aussi moins bien préparés que les filles à la maternelle. En effet, 35,6 % des garçons sont vulnérables, lors de l’entrée à la maternelle, dans au moins 1 des 5 domaines de développement jugés importants, comparativement à 21,6 % chez les filles, rapporte l’Enquête québécoise sur le développement des enfants à la maternelle 2022. Or, le développement global de l’enfant (langagier, cognitif, affectif, social) exerce une influence sur ses futurs apprentissages et sa réussite scolaire.
Certains spécialistes avancent aussi que les stéréotypes de genre qui affirment que le français est une « matière de filles » découragent les garçons de faire des efforts lorsqu’ils font face à des difficultés dans cette matière. Ces stéréotypes sont présents autant chez les élèves du primaire que ceux du secondaire. Cette situation est préoccupante pour les garçons puisque le français est nécessaire pour la réussite de l’ensemble des matières scolaires.
De plus, les filles pourraient être avantagées par rapport aux garçons parce que les comportements attendus chez elles et valorisés à la maison (ex. : calme, docilité, minutie) sont aussi utiles et valorisés à l’école.
Au secondaire, le fait que les conséquences du décrochage, notamment en ce qui a trait aux conditions salariales, semblent moins importantes pour les garçons que pour les filles pourrait aussi y être pour quelque chose. Des données de l’Institut de la statistique du Québec révèlent qu’en 2025, les femmes sans diplôme gagnaient en moyenne 20,54 $ l’heure, contre 26,25 $ l’heure chez les hommes.
Les causes du décrochage sont d’ailleurs différentes selon le genre. Le décrochage des filles est davantage lié à des problèmes personnels, à une peur de l’échec ou à des difficultés à répondre aux exigences scolaires. De leur côté, les garçons laissent plus souvent l’école parce qu’ils veulent gagner de l’argent et travailler.
Le rôle des parents
Même si les enseignants et enseignantes ont un rôle essentiel à jouer pour favoriser la réussite scolaire, les parents sont aussi des acteurs importants. En effet, ils sont les premiers éducateurs de leur enfant et peuvent exercer une influence positive pour lui donner le goût d’apprendre, l’encourager et le soutenir dans son parcours scolaire. Cela se fait au quotidien par différents gestes et comportements.
Voici ce que vous pouvez faire pour prévenir le décrochage et encourager votre enfant à rester motivé à l’école :
- Intéressez-vous à ce qui se passe à l’école. Demandez à votre enfant ce qu’il a fait en classe, posez-lui des questions sur ses amis et sur son enseignant ou enseignante et prenez le temps de regarder les travaux qu’il rapporte à la maison.
- Participez aux réunions de parents et communiquez aussi avec l’enseignante ou l’enseignant de votre enfant si vous pensez qu’il a besoin d’un soutien supplémentaire. C’est le personnel enseignant qui peut le mieux repérer les difficultés des élèves et proposer des stratégies pour y remédier. Avisez aussi l’enseignant ou l’enseignante de votre enfant si une situation familiale (ex. : séparation, décès d’un proche) le touche et risque d’avoir un effet sur son comportement et sa motivation à l’école.
- Parlez en bien de l’école pour valoriser l’importance des travaux scolaires, des apprentissages et des études.
- Veillez à ce que les devoirs soient faits et accompagnez votre enfant au besoin.

- Encouragez l’autonomie de votre enfant. Montrez-lui comment faire certaines choses au lieu de les faire à sa place. Donnez-lui des moyens plutôt que des réponses. Par exemple, s’il rencontre une difficulté dans un devoir, vous pouvez lui montrer où il peut trouver l’information dont il a besoin. Réussir à faire des choses par lui-même encourage votre enfant à persévérer.
- Félicitez-le pour les efforts qu’il fournit.
- Donnez à votre enfant le goût de lire en lisant avec lui, en étant vous-même un modèle de lecteur et en l’accompagnant à la bibliothèque.
- Maintenez une relation positive avec votre enfant. Par exemple, intéressez-vous à lui et passez de bons moments ensemble. Cela l’habitue à vous raconter ce qu’il vit et peut l’amener plus tard à vous parler des difficultés qu’il vit ou des inquiétudes qu’il a.
- Faites-le parler de ses rêves de carrière pour donner un sens à ses apprentissages.
- Assurez-vous que votre enfant vit des réussites à l’extérieur de la classe. Par exemple, faites-lui faire des activités qui le passionnent et dans lesquelles il est prêt à mettre beaucoup d’efforts (ex. : soccer, natation, danse, dessins). C’est l’occasion pour lui de développer sa confiance en lui. Ces expériences peuvent ensuite lui servir de modèles et l’aider à fournir les efforts nécessaires quand il rencontre une difficulté à l’école.
- Portez attention aux émotions, aux comportements et aux résultats scolaires de votre enfant pour être au fait de ce qu’il vit réellement à l’école. En cas d’inquiétude, communiquez avec son enseignante ou son enseignant.
L’implication des pèresSouvent, les mères s’impliquent spontanément dans le cheminement scolaire de leur enfant, mais il est important que les pères le fassent aussi. Les enfants dont le père est présent dans la vie et impliqué dans l’éducation ont plus de chance d’aimer l’école et de bien réussir. |
Les signes du décrochage scolaire
Dès le primaire, certains signes peuvent indiquer un risque de décrochage au secondaire. Les signes suivants devraient être considérés comme des alertes qui indiquent qu’une intervention est nécessaire pour améliorer la situation.
- Votre enfant a des échecs en lecture, en écriture ou en mathématiques.
- Votre enfant a des problèmes d’apprentissage ou de comportement en classe.
- Votre enfant manifeste un manque d’intérêt pour l’école. Par exemple, il ne veut pas aller à l’école ou il dit qu’il n’aime pas l’école, qu’il n’a pas d’amis ou qu’il n’aime pas son enseignante.
Comment prévenir le décrochage scolaire?
Il est possible de prévenir le décrochage scolaire en réagissant sans attendre aux premiers signes de difficultés à l’école. Un problème qu’on laisse aller peut en amener un autre. Par exemple, de mauvais résultats peuvent entraîner une baisse de l’estime de soi chez l’enfant, causer du stress, conduire à de moins bonnes relations avec le personnel scolaire et ses amis, entraîner des problèmes de comportement et une baisse générale de la motivation pour l’école.
Dès l’apparition de difficultés à l’école, voici ce qu’il est recommandé de faire :
- Parlez avec votre enfant pour essayer de comprendre ce qui se passe.
Selon
une méta-analyse québécoise, les enseignants et enseignantes jouent un rôle plus important que les parents dans la motivation scolaire. Ce sont eux qui connaissent le mieux les stratégies d’apprentissage pour aider un élève en difficulté. Ils sont aussi bien placés pour le soutenir, car ce sont eux qui sont les plus présents auprès de l’enfant lorsqu’il réalise des activités scolaires.
- Discutez de vos inquiétudes avec son enseignante ou son enseignant pour trouver une solution au problème. Le personnel enseignant est le mieux placé pour l’aider.
- Demandez au personnel scolaire quels besoins ont été identifiés et quels services pourraient être offerts à votre enfant pour l’accompagner. Par exemple : orthopédagogue pour les difficultés en lecture, en écriture ou en mathématiques; psychoéducateur ou éducateur spécialisé pour les problèmes de comportement; orthopédagogue, psychologue ou orthophoniste pour les problèmes d’apprentissage.
- Informez-vous auprès de votre CLSC, de groupes communautaires ou d’associations oeuvrant auprès d’élèves en difficulté pour avoir de l’aide.
- Tournez-vous vers des spécialistes au privé si vous n’arrivez pas à obtenir de l’aide de l’école et si votre budget vous le permet.
Soutenir son enfant dans son cheminement scolaire, l’encourager à réussir et à persévérer, c’est aussi une façon de l’aider à construire son avenir. L’obtention d’un diplôme augmente évidemment les chances d’avoir un emploi plus tard, en plus d’offrir une plus grande autonomie professionnelle et une meilleure qualité de vie.
Le coût du décrochage scolaireEn 2024, une étude réalisée pour la Table régionale de l’éducation de la Mauricie a évalué qu’au cours de sa carrière, un décrocheur gagnerait environ un demi-million de dollars de moins qu’une personne qui a terminé ses études secondaires. Chaque décrocheur entraînerait aussi des pertes de revenus fiscaux pour le gouvernement, en plus de priver la société de travailleuses et de travailleurs qualifiés. |
À retenir
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Les parents ont un rôle important à jouer pour aider leur enfant à persévérer à l’école.
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Avoir des difficultés en lecture, un trouble d’apprentissage, un problème de comportement ou des parents qui ne valorisent pas l’école fait partie des facteurs de risque du décrochage scolaire.
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Parler en bien de l’école, féliciter votre enfant pour ses efforts et porter attention à son comportement et à ses résultats scolaires sont de bons moyens de favoriser la motivation et de prévenir le décrochage scolaire.
| Révision scientifique : Élodie Marion, professeure agrégée, Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal Recherche et rédaction :Équipe Naître et grandir Mise à jour : Juin 2026
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Photos : iStock.com/shapecharge et GettyImages/skynesher
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