La discipline chez l'enfant de 5 ans et plus

La discipline chez l'enfant de 5 ans et plus
Même après 5 ans, votre enfant a besoin de vous pour apprendre à bien se comporter. Comment l’aider?



Pourquoi des règles et des limites?

Pour se sentir en sécurité, l’enfant d’âge scolaire a encore besoin qu’on lui impose des règles claires et constantes ainsi que des limites. Ces règles servent à le protéger, à lui permettre de développer sa maîtrise de soi et son sens des responsabilités ainsi qu’à établir ses valeurs. Il est toutefois normal qu’un enfant de cet âge tente régulièrement de repousser les limites et de désobéir aux règles.

Il est donc parfois nécessaire d’avoir recours à la discipline pour éliminer les comportements non acceptables, mais surtout pour renforcer les bons comportements. Pour être efficace, la discipline doit toutefois se faire dans le respect et être appliquée de façon juste et équitable. L’utilisation de conséquences, qui peuvent prendre la forme d’un renforcement ou d’une punition, peut alors être très utile.

Le renforcement

Le renforcement vise à augmenter les chances qu’un bon comportement apparaisse de nouveau. Il existe deux types de renforcement :

  • Renforcement positif : Dans ce cas, l’enfant reçoit quelque chose d’agréable pour l’inciter à reproduire son comportement. Il ne s’agit pas nécessairement de lui offrir un objet, mais plutôt du temps, un privilège, des félicitations, etc. Par exemple, félicitez votre enfant chaque fois qu’il se comporte bien, redoublez d’attention lorsqu’il est calme et a bien agi, offrez-lui un temps de jeu supplémentaire ou partagez avec lui une activité.
  • Renforcement négatif : Avec cette intervention, l’enfant se fait retirer quelque chose qu’il n’aime pas, comme sa tâche ménagère quotidienne, pour le féliciter de son bon comportement. Par exemple, si votre enfant s’est bien comporté pendant tout le souper alors qu’il est souvent difficile pour lui de rester assis tout au long du repas, il pourrait avoir un congé de vaisselle cette soirée-là.

Le renforcement est la meilleure façon d’intervenir auprès d’un enfant, car il est plus efficace que la punition. Le renforcement favorise en plus une meilleure relation parent-enfant et a un effet bénéfique sur la perception que l’enfant a de lui-même. Par ailleurs, si le comportement est seulement puni, l’enfant ne peut apprendre le bon comportement à adopter.

Le tableau de motivation pour renforcer les bons comportements

Le but du renforcement positif est d’aider votre enfant à constater les bienfaits de son bon comportement afin de l’appliquer dans sa vie quotidienne. Le tableau de motivation peut être utile si votre enfant a du mal à intégrer et à respecter certaines règles (ex. : faire son lit tous les jours, ranger ses jouets après les avoir utilisés, faire sa routine du matin de façon autonome). Cet outil est un soutien temporaire afin de développer la motivation de votre enfant. Consultez notre fiche sur le tableau de motivation pour savoir comment bien utiliser cet outil.

La punition

La punition est utilisée afin de réduire les chances qu’un comportement inapproprié se reproduise. Il y a deux types punitions :

  • Punition positive : Avec ce type de punition, l’enfant doit faire quelque chose qu’il n’aime pas. Par exemple, si votre enfant n’a pas fait sa tâche de la semaine, il doit la faire et vous aider à faire une autre tâche.
  • Punition négative : Dans ce cas-ci, l’enfant se fait enlever quelque chose qu’il aime. Par exemple, il peut perdre son temps de jeux vidéo pour la soirée s’il a fait mal à son petit frère.
Le geste de réparation
Si votre enfant déchire volontairement le dessin de sa sœur, vous pouvez lui demander de le recoller. Ainsi, il apprend à réparer les gestes inappropriés qu’il pose.

Le retrait pour éliminer un comportement inapproprié

Comme il implique la perte de contacts avec les autres pendant une brève période de temps, le retrait constitue une forme de punition négative. Il peut être utilisé chez les enfants à partir de 2 ans. Le retrait leur permet de se calmer s’ils sont trop agités et réduit généralement le nombre de leurs mauvais agissements. Cette approche permet aussi d’éviter que le parent ne s’impatiente trop et, ainsi, d’éviter une escalade. Par la suite, il est important de discuter de ce qui s’est passé avec l’enfant.

À partir de 6 ans, l’enfant comprend mieux les règles et les effets de ses actes. Il est donc plus facile pour lui de saisir le lien entre une conséquence et sa conduite. Le retrait peut ainsi être encore utile lorsque votre enfant a besoin de se calmer, par exemple s’il ne se comporte pas de façon adéquate avec ses frères et soeurs au cours d’un jeu. L’endroit choisi pour le retrait ne devrait pas être un endroit où il peut jouer. Lorsque votre enfant est détendu et intéressé, enseignez-lui des techniques pour se calmer (ex. : respiration, routine de retour au calme, relaxation, etc.). Il pourra ensuite les utiliser pour se calmer lorsqu’il sera en retrait. Pour certains enfants, une routine visuelle (pictogrammes) de retour au calme peut les aider.

Ignorer volontairement un comportement pour l’éliminer

Accorder de l’attention à un comportement le renforce souvent, surtout si votre enfant agit ainsi pour attirer votre attention. Pour éliminer un comportement inadéquat de votre enfant, l’ignorer de façon volontaire est donc souvent efficace. C’est ce que l’on appelle l’ignorance intentionnelle. Il s’agit aussi d’une forme de punition négative parce que votre enfant perd ainsi votre attention. Toutefois, cette technique doit seulement être utilisée lorsque vous pouvez vraiment ignorer le comportement, et non lorsque vous devez intervenir (ex. : enfant qui frappe).

Si vous décidez d’utiliser cette méthode, vous devrez vous y tenir, puisque si vous changez de façon d’agir pendant votre intervention, le comportement de votre enfant sera maintenu. Assurez-vous toutefois de ne pas ignorer les besoins de votre enfant et de ne pas utiliser cette technique trop souvent.

 

Attention à la trop grande utilisation de la punition
Même si la punition est parfois nécessaire, il faut l’utiliser avec réserve. Il est ainsi préférable d’enseigner à l’enfant les comportements souhaités afin qu’il sache comment agir. Si la méthode disciplinaire n’est basée que sur la punition, l’enfant n’est pas encouragé à adopter les comportements désirés et, à long terme, la punition ne sera plus efficace.

Comment bien formuler les règles et les conséquences

Lorsque vous énoncez à votre enfant une règle et la conséquence associée, assurez-vous que les critères des 5C sont respectés, c’est-à-dire que la règle et la conséquence sont :

Autant que possible, les règles devraient être les mêmes avec les deux parents, même s’ils sont séparés, surtout lorsque cela touche la routine, les devoirs et l’heure du coucher.
  • Claires
    Les règles et les conséquences doivent être claires et connues. Employez des mots que votre enfant comprend. Formulez clairement la règle de manière positive. Par exemple, dites : « Je veux que tu parles sur un ton calme » plutôt que « Si tu n’arrêtes pas tout de suite de crier, tu te retires dans ta chambre sans télévision ». Expliquez-lui aussi pourquoi vous voulez qu’il la respecte.
  • Concrètes
    Formulez les règles en indiquant le comportement attendu, et non celui que vous ne voulez pas que votre enfant adopte. Par exemple, dites : « En arrivant à la maison après l’école, accroche ton manteau dans l’entrée et range tes souliers correctement » plutôt que « Ne laisse pas traîner ton manteau et tes souliers dans l’entrée! »
  • Constantes
    Les règles et les conséquences doivent être les mêmes pour tous les enfants de la famille, peu importe l’adulte présent (papa, maman, grands-parents, gardien, etc.). Par exemple, s’il n’est pas permis de manger dans le salon, cela s’applique à tous en tout temps. Par contre, si un enfant a le droit de se coucher plus tard en raison de son âge, il est important d’expliquer aux frères et soeurs pourquoi il en est ainsi. Lorsque vous avez établi une conséquence, ne changez pas d’idée et appliquez-la, sinon votre enfant ne vous croira plus.
Dites la règle et sa conséquence une seule fois, pas plus. Si vous les répétez souvent, votre enfant n’apprendra pas à respecter les limites.
  • Cohérentes
    Avant d’établir une règle ou une conséquence, assurez-vous que vous serez en mesure de les appliquer. Ainsi, priver votre enfant de télévision ou d’une autre activité pour une longue période de temps est rarement efficace, car la gestion de conséquences importantes est difficile. De plus, votre enfant risque de ne même pas se souvenir de la cause de cette punition. Comme vous êtes un modèle important pour votre enfant, respectez vous aussi les règles qu’il doit suivre.
  • Conséquentes
    Idéalement, les règles doivent, lorsqu’elles ne sont pas respectées, avoir une conséquence qui a un lien direct avec le comportement de votre enfant. Par exemple, s’il est bougon, avisez-le qu’il se couchera un peu plus tôt puisque la fatigue semble le rendre de mauvaise humeur. De même, s’il renverse quelque chose par terre volontairement, demandez-lui de le ramasser.

 

Fessée et punitions physiques
Les experts sont unanimes : la fessée et les autres formes de punition physique ne sont pas utiles ni efficaces. Elles ne devraient donc pas être employées. De plus, les punitions physiques ne permettent pas l’apprentissage et amènent plutôt un sentiment d’humiliation et une perte de confiance de l’enfant envers le parent. De plus, comme les enfants apprennent en imitant leurs parents, la punition physique peut développer un réflexe de violence chez l’enfant plutôt qu’un comportement sain.

Comment appliquer les punitions

Les punitions imposées à votre enfant ne doivent pas être décidées sous le coup de la colère ni représenter une menace. Vous devez aussi être en mesure de les maintenir. De plus, elles doivent être en lien, lorsque c’est possible, avec le comportement non acceptable, servir à enseigner à bien se comporter et être proportionnelles à la conduite inappropriée de votre enfant. Cela doit se faire dans le respect et l’amour de votre enfant. Ce n’est surtout pas un moyen de décharger votre mauvaise humeur sur votre enfant.

Pour cette raison, prenez le temps de vous calmer avant d’appliquer une conséquence logique ou une punition appropriée. N’agissez pas sous le coup de la colère, car elle n’est jamais une bonne conseillère. Lorsque vous intervenez auprès de votre enfant, employez un ton neutre et calme. Si vous vous sentez impatient, prenez de grandes respirations et, si possible, retirez-vous quelques instants dans le calme.

Appliquez la punition immédiatement après l’événement pour que votre enfant l’associe au comportement fautif. Ainsi, votre enfant peut se reprendre et ensuite agir adéquatement. Une fois la conséquence appliquée, indiquez à votre enfant le comportement qui est attendu de lui. Puis, passez à autre chose.

Si vous sentez que vous avez besoin d’être accompagné pour établir une discipline saine auprès de votre enfant, n’hésitez pas à consulter votre CLSC, un psychologue ou un psychoéducateur ou à appeler Info-Social (811).

 

À retenir

  • La discipline vise à éliminer les comportements non acceptables d’un enfant, mais surtout à renforcer ses bons comportements.
  • Même si la punition est parfois nécessaire, il ne faut pas l’utiliser trop souvent. Mieux vaut renforcer les bons comportements que de punir les comportements inacceptables.
  • Les punitions doivent être imposées avec calme et respect pour votre enfant.

 

Naitre et grandir.com

Révision scientifique : Ariane Leroux-Boudreault, doctorante en psychologie et intervenante en milieu scolaire
Recherche et rédaction :
Équipe Naître et grandir
Décembre 2016

 

Photo : iStock.com/UberImages

 

Ressources et références

Note : les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est donc possible qu’un lien devienne introuvable. Dans un tel cas, utilisez les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

  • ABOUTKIDSHEALTH. Discipline : comment l’inculquer à votre enfant. www.aboutkidshealth.ca
  • CÔTÉ, Danie et Marie-Ève CROTEAU. « Conséquence ou punition? », Vers l’avant, 1er juillet 2008. verslavant.com
  • DOYON, Nancy. Parents gros bon sang. Québec, Éditions Midi trente, 2012, 220 p.
  • EDUCATOUT. Les 5 « C » pour des interventions agréables et comprises de tous. www.educatout.com
  • HAMMARRENGER, Benoît. L’opposition : ces enfants qui vous en font voir de toutes les couleurs. Québec, Éditions Midi trente, 2016, 232 p.
  • LAVIGUEUR, Suzanne. Parents à bout de souffle. Montréal, Les Éditions Québec-Livres, 2009, 424 p.
  • LEROUX-BOUDREAULT, Ariane et Nathalie POIRIER. Les enfants volcans : comprendre et prévenir les comportements difficiles. Québec, Éditions Midi trente, 2013, 64 p.
  • MINISTÈRE DE LA SANTÉ ET DES SERVICES SOCIAUX. Faire un signalement au DPJ, c’est déjà protéger un enfant : quand et comment signaler? www.cdpdj.qc.ca
  • RACINE, Brigitte. La discipline, un jeu d’enfants. Montréal, Éditions du CHU Sainte-Justine, 2008, 136 p.
  • RAISING CHILDREN NETWORK. Using consequences in behaviour management. raisingchildren.net.au
  • RAISING CHILDREN NETWORK. Using time-out to guide your child’s behaviour. raisingchildren.net.au
  • RAISING CHILDREN NETWORK. Is punishment necessary? raisingchildren.net.au
  • SOCIÉTÉ CANADIENNE DE PÉDIATRIE. Soins de nos enfants. Lorsque votre enfant se conduit mal : des conseils pour une discipline efficace. www.soinsdenosenfants.cps.ca
  • SOCIÉTÉ CANADIENNE DE PÉDIATRIE. « Une discipline efficace : Une démarche saine », Paediatrics & Child Health, vol. 9, no 1, janvier 2004, p. 51-52. www.ncbi.nlm.nih.gov

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