La fessée et les autres punitions corporelles

La fessée et les autres punitions corporelles
Comment éduquer mon enfant sans avoir recours aux punitions corporelles ?


La fessée et les autres punitions corporelles, comme secouer, gifler, taper ou pincer, ont des effets négatifs sur le développement psychologique et social d’un enfant.

Pour bien se développer, l’enfant a besoin de vivre un sentiment de sécurité physique et psychologique auprès de ses parents. Or, les punitions physiques lui font ressentir de l’insécurité.

Conséquences des punitions corporelles

Certains parents tendus en viennent à frapper leur enfant dans l’espoir de reprendre le contrôle de la situation. Toutefois, secouer, taper ou pincer un enfant ne sont pas des formes de discipline efficaces. Aucune étude n’a démontré qu’il existait des effets positifs liés aux punitions corporelles.

Lorsqu’un enfant reçoit des punitions corporelles, il :

  • se juge comme une mauvaise personne qui n’est pas à la hauteur des attentes de ses parents et il en vient à avoir une faible estime de lui-même;
  • se met à croire que les problèmes peuvent être réglés par la violence physique;
  • obéit à court terme, mais les punitions corporelles entraînent des réactions négatives à long terme : anxiété, comportements dépressifs, peur, agressivité, désir de vengeance ou de révolte et volonté d’occuper à son tour une position de pouvoir;
  • accumule en lui de la peur et de la rage, qui risquent de ressortir plus tard. Un tout-petit souvent frappé risque davantage d’être violent avec les autres enfants ou avec ses parents;
  • peut adopter un comportement défensif et être méfiant vis-à-vis des adultes qui l’entourent;
  • pourrait avoir des difficultés cognitives, comme des difficultés de langage, un problème d’attention ou de mémoire;
  • pourrait avoir des difficultés plus tard à l’école;
  • a plus de risques de devenir un adulte violent.

« J’ai reçu des fessées quand j’étais enfant et je vais très bien! »

« Il est possible qu’une personne ayant reçu des fessées dans l’enfance s’en sorte bien. Cependant, il y a un risque élevé que ce ne soit pas le cas pour bien des personnes. En effet, les enfants victimes de punitions corporelles sont nombreux à vivre des impacts négatifs sur leur développement. Ils apprennent également que la violence physique est une bonne stratégie pour gérer les conflits. »
Marie-Ève Clément, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la violence faite aux enfants

Comment éduquer sans frapper?

Vous êtes le premier modèle de votre enfant. L’influence que vous exercez sur lui repose avant tout sur la qualité de votre relation avec lui. Une relation basée sur le respect mutuel et sur l’amour pousse votre enfant à se responsabiliser et à avoir une estime de soi positive.
  • Assurez-vous d’avoir des règles claires adaptées à l’âge de votre enfant et d’appliquer des conséquences logiques. Par exemple, s’il renverse son bol de céréales, demandez-lui de vous aider à ramasser le dégât.
  • Travaillez en équipe avec votre conjointe ou conjoint et l’éducatrice de votre enfant. Le partage d’expériences et d’observations permet de mieux connaître les besoins de votre tout-petit, de vous entendre sur les limites à donner et sur les qualités à valoriser.
  • Profitez d’un moment calme pour expliquer les règles à votre enfant et attendez-vous à devoir les répéter souvent.
  • Félicitez votre enfant lorsqu’il se comporte bien pour l’encourager à continuer.
  • Formulez clairement votre désaccord à votre enfant lorsque vous ressentez de la déception, du mécontentement ou de la colère. N’attendez pas d’être à bout avant de lui dire que son comportement n’est pas acceptable.
  • Ignorez certains comportements dérangeants de votre enfant quand ils ne sont pas trop graves. Si vous ne leur accordez pas trop d’importance, ils pourraient disparaître d’eux-mêmes.
  • Appliquez la règle des 3 R (Recule, Respire et Réagis) quand vous sentez la colère monter. Isolez-vous quelques instants pour prendre du recul ou envoyez votre enfant dans sa chambre pour un court moment, le temps que la tension baisse.
  • Demandez de l’aide extérieure si vous vous mettez souvent en colère contre votre enfant. Aller chercher du soutien est essentiel afin de maintenir une bonne relation avec lui.
Pour vous aider à faire face à des problèmes de discipline :

À retenir

  • Les punitions corporelles n’ont aucun effet positif sur l’enfant et affectent son estime de lui.
  • Il est important de prendre du recul lorsque vous sentez que votre colère est grande et que vous pourriez vous emporter.
  • Avec du soutien, vous pouvez développer des stratégies positives pour exercer une discipline bienveillante avec votre enfant.
Naître et grandir

Révision scientifique : Sabine Bentata, psychoéducatrice
Recherche et rédaction :Équipe Naître et grandir
Mise à jour : Avril 2024

Photo : GettyImages/Pekic

Ressources et références

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  • AGIRTÔT. Pratiques parentales. agirtot.org
  • BENOÎT, Joe-Ann. Le défi de la discipline familiale. Montréal, Les Éditions Québec-Livres, 2014, 256 p.
  • BOURCIER, Sylvie et Germain DUCLOS. « La fessée au banc des accusés », dans Le grand monde des petits de 0 à 5 ans. Montréal, Éditions du CHU Sainte-Justine, 2006, 176 p.
  • ENCYCLOPÉDIE SUR LE DÉVELOPPEMENT DE L’ENFANT. Habiletés parentales. 2015. enfant-encyclopedie.com
  • OBSERVATOIRE DES TOUT-PETITS. Violence et maltraitance : Les tout-petits québécois sont-ils à l’abri? tout-petits.org
  • RACINE, Brigitte. La discipline, un jeu d’enfant. Montréal, Éditions du CHU Sainte-Justine, coll. « Parlons Parents », 2018, 156 p.
  • RACINE, Brigitte. Le respect, une valeur pour la vie. Montréal, Éditions du CHU Sainte-Justine, 2016, 236 p.
  • RACINE, Brigitte. L’autorité au quotidien : un défi pour les parents. Montréal, Éditions du CHU Sainte-Justine, coll. « Parlons Parents », 2018, 288 p.

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