La parole et le langage: questions de parents

La parole et le langage: questions de parents
Le langage ou la façon de parler de votre enfant vous inquiète? Des réponses à vos questions.


Le langage est un aspect qui inquiète souvent les parents. Voici les réponses aux questions les plus souvent posées sur les difficultés de parole et de langage.

Les difficultés de langage de mon enfant vont-elles finir par disparaître?

Cela dépend de ses difficultés. Les difficultés de langage touchent environ 15 % des enfants d’âge préscolaire. Environ la moitié d’entre eux verront leurs difficultés disparaître peu à peu. Ce n’est pas parce qu’un enfant a des difficultés de langage vers l’âge de 2 ans qu’elles vont persister.

Pour l’autre moitié des enfants concernés, environ 7 % auront des difficultés de langage qui persisteront à l’âge adulte, malgré une intervention en orthophonie. On parle alors d’un trouble développemental du langage (TDL) ou d’un trouble du langage associé à un diagnostic médical.

Un enfant qui présente encore des difficultés langagières à 5 ans risque d’avoir des difficultés persistantes, particulièrement s’il a des problèmes de compréhension du langage.

D’une manière générale, bien que certaines difficultés de langage passagères disparaissent sans aide particulière, l’avis d’une ou un orthophoniste est toujours utile. Cette personne peut évaluer le niveau des difficultés de langage de l’enfant et proposer des stratégies pour l’aider dès son tout jeune âge. Lorsqu’il y a un besoin, intervenir tôt est bénéfique.

Quels sont les différents problèmes de langage et de parole chez l’enfant?

Voici les principaux problèmes de langage et de parole qui touchent les tout-petits de 5 ans ou moins.

  • Les difficultés de langage passagères, comme des difficultés à prononcer certains sons. Il s’agit de difficultés qui se règlent d’elles-mêmes ou avec un peu d’aide. C’est l’évolution du langage de l’enfant, parfois jumelée à une intervention en orthophonie, qui permet de confirmer que les difficultés étaient passagères.
  • Le trouble développemental du langage (TDL), auparavant appelé trouble primaire du langage ou dysphasie. Il se caractérise par des difficultés de langage qui persistent dans le temps et qui ont des répercussions sur le fonctionnement de l’enfant (ex. : sa vie sociale, sa réussite scolaire). Le TDL est habituellement diagnostiqué à partir de l’âge de 4 ans. Avant cet âge, le diagnostiquer peut être difficile, car les difficultés de langage passagères et celles qui sont le signe d’un TDL se ressemblent.
  • Le trouble des sons de la parole (TSP). Il se caractérise par des difficultés, persistantes ou non, à prononcer les sons, ce qui rend l’enfant difficile à comprendre. Le TSP peut avoir une origine connue (ex. : surdité, fente palatine) ou non (ex. : dyspraxie verbale).
  • Le trouble du langage associé à une condition. Dans ce cas, les problèmes de langage s’expliquent par le fait que l’enfant présente une condition particulière (ex. : déficience intellectuelle, problèmes auditifs, paralysie cérébrale, trouble du spectre de l’autisme).

Pour en savoir plus, consultez nos fiches :

Quelles sont les causes des problèmes de langage chez l’enfant?

Lorsque les problèmes ne sont pas attribuables à une condition particulière (ex. : déficience intellectuelle), il n’est pas facile de déterminer les causes des difficultés de langage. Elles peuvent être héréditaires ou liées à l’environnement (ex. : un enfant qui a très peu d’occasions d’interagir avec les autres pourrait avoir des difficultés langagières).

En ce qui concerne le trouble développemental du langage, certains facteurs de risque peuvent être considérés : avoir des antécédents de trouble du langage, être un garçon, être le plus jeune d’une grande famille, avoir eu des complications périnatales (ex. : naissance prématurée, petit poids à la naissance) et avoir des parents peu scolarisés.

À noter qu’un enfant peut avoir tous les facteurs de risque et ne pas avoir de trouble développemental du langage. D’un autre côté, un enfant qui ne présente pas de facteurs de risque peut présenter ce trouble.

À partir de quel âge faut-il consulter si un enfant ne parle pas?

Si votre enfant, à l’âge de 18 mois, ne semble pas désireux de communiquer, s’il n’utilise pas de gestes pour communiquer (comme pointer) ou s’il semble éprouver de la difficulté à comprendre ce que vous lui dites, parlez-en avec un médecin, consultez le CLSC ou communiquez avec l’Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec.

Dans tous les cas, si vous avez des inquiétudes au sujet du langage de votre tout-petit, c’est une bonne idée de consulter pour avoir l’heure juste, même avant l’âge de 18 mois.

Pour en savoir plus, consultez notre fiche L’enfant qui ne parle pas encore.

Faut-il compter le nombre de mots dits par l’enfant?

Le nombre de mots inclut des onomatopées (ex. : miam, vroum) et les mots moins bien prononcés, pourvu que l’enfant les utilise de façon stable.

Le nombre de mots que l’enfant dit est un indicateur parmi d’autres du développement de son langage. Il n’est pas nécessaire de compter les mots que dit votre tout-petit pour savoir si son langage se développe bien.

Certains enfants ressentent moins le besoin de s’exprimer avec des mots. Si votre enfant essaie de communiquer d’une manière ou d’une autre (par exemple, par des gestes) et qu’il comprend les consignes, ce n’est pas grave s’il dit moins de mots qu’un autre enfant de son âge.

Arrive-t-il souvent que le plus jeune de la famille parle moins?

L’ordre de naissance n’est pas la cause des problèmes de langage. Les enfants qui ont des difficultés peuvent être nés en premier, en second ou en cinquième. On remarque cependant que les aînés ont parfois eu plus de facilité à développer leur langage.

Toutefois, dans une famille où les enfants plus vieux ont tendance à parler à la place du plus jeune ou à répondre à ses besoins sans qu’il ait la chance de s’exprimer pour demander ce qu’il veut, les parents doivent encourager les efforts de chacun pour s’exprimer avec des mots.

Apprendre plus d’une langue retarde-t-il l’acquisition du langage?

Vivre dans un milieu où l’on parle plus d’une langue ne retarde pas l’acquisition du langage. Habituellement, les premiers mots d’un enfant sont prononcés aux alentours de 1 an, que l’enfant soit exposé à plus d’une langue ou non.

Toutefois, les progrès peuvent être un peu plus rapides dans une langue que dans l’autre. Cela dépend en bonne partie du temps d’exposition à chacune des langues. L’enfant peut aussi sembler dire moins de mots que les autres enfants de son âge, car le nombre total de mots qu’il exprime se répartit dans deux langues plutôt qu’une seule.

Pour en savoir plus, consultez notre fiche L’apprentissage de plusieurs langues.

Un enfant qui répète certains mots quand il parle bégaie-t-il?

Il est fréquent qu’un enfant répète des mots entiers à l’intérieur d’une même phrase, en particulier entre 3 et 5 ans. En général, l’enfant répète une seule fois des mots de deux syllabes ou plus (ex. : « Je vais manger avec avec maman ») ou des parties de phrases (ex. : « Je vais je vais manger avec maman »). Ces périodes d’hésitations sont normales. L’enfant a simplement de la difficulté à formuler ses phrases au même rythme que lui viennent ses idées.

Le réel bégaiement apparaît le plus souvent entre 2 et 5 ans. Il peut aussi arriver qu’il survienne à l’âge scolaire, voire à la puberté. Le bégaiement est un trouble de la parole qui empêche l’enfant de parler de façon continue. Il se caractérise par des répétitions, des blocages et des prolongements dans la parole (ex. : « Je vvvvvveux a-a-a-ller à la p-p-piscine »).

Pour en savoir plus, consultez nos fiches :

Est-ce que le langage des signes pour bébé peut nuire au développement du langage?

Rien n’indique que le langage des signes pour bébé, qui se compose de gestes, nuit au développement du langage. Il ne semble pas non plus que cette méthode accélère le développement du langage.

Si vous utilisez le langage des signes pour bébé, il est recommandé de dire les mots en même temps que vous faites les signes pour que votre enfant entende et apprenne les mots. Il est logique de penser que les signes peuvent aider l’enfant dans son apprentissage du langage parlé. Toutefois, peu d’études d’envergure le démontrent auprès d’enfants n’ayant pas de difficultés particulières.

Pour en savoir plus, consultez notre fiche Le langage des signes pour bébé.

Est-ce que la suce peut nuire au langage d’un tout-petit?

L’usage prolongé de la suce après l’âge de 12 mois peut favoriser un positionnement inadéquat de la langue pendant que l’enfant avale ou parle, ce qui peut amener certaines difficultés, comme le zozotement (parler sur le bout de la langue). Le tout-petit qui suce son pouce trop longtemps peut aussi zozoter.

Ces deux habitudes peuvent aussi avoir des impacts sur la dentition, la respiration et la déglutition d’un enfant. D’autres aspects peuvent aussi être affectés, comme le développement du langage et la socialisation, car un enfant qui a un objet dans la bouche est moins porté à communiquer.

Devrais-je attendre que mon enfant commence l’école pour consulter en orthophonie?

Non. Quand un enfant présente des difficultés de langage, plus tôt on intervient, mieux c’est. Reconnaître tôt les difficultés de langage d’un enfant favorise aussi ses apprentissages scolaires.

Si votre enfant présente des difficultés à s’exprimer ou à comprendre ce que les autres disent, n’hésitez pas à en parler avec un médecin, à consulter le CLSC ou à communiquer avec l’Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec.

Naître et grandir

Révision scientifique : Agathe Tupula Kabola, orthophoniste
Recherche et rédaction :
Équipe Naître et grandir
Mise à jour : Août 2025

Photo : GettyImages/Kosamtu

Ressources

Note : Les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est donc possible qu’un lien devienne introuvable. Dans un tel cas, utilisez les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

  • BERGERON-GAUDIN, Marie-Ève. J’apprends à parler : le développement du langage de 0 à 5 ans. Montréal, Éditions du CHU Sainte-Justine, 2018, 184 p.
  • ORDRE DES ORTHOPHONISTES ET AUDIOLOGISTES DU QUÉBEC. Le trouble développemental du langage (TDL). 2021. ooaq.qc.ca
  • TUPULA KABOLA, Agathe. Le bilinguisme, un atout dans son jeu : soutenir l’enfant qui apprend plusieurs langues. 2e éd., Montréal, Éditions du CHU Sainte-Justine, 2025, 276 p.
  • TUPULA KABOLA, Agathe. Dis-moi tout : les dessous étonnants de la communication. Montréal, Éditions Cardinal, 2025, 392 p.

Références

  • BISHOP, Dorothy V.M. et autres. « Phase 2 of CATALISE: A multinational and multidisciplinary Delphi consensus study of problems with language development: Terminology », The Journal of Child Psychology and Psychiatry, vol. 58, no 10, 2017. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov
  • DAVIAULT, Diane. L’émergence et le développement du langage chez l’enfant. Montréal, Chenelière Éducation, 2011, 256 p.
  • REILLY, Sheena et autres. « Identifying and managing common childhood language and speech impairments », BMJ, 2015. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov

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