L'enfant unique

L'enfant unique
L’enfant unique, condamné à être égoïste et capricieux? Pas du tout!

Même si les enfants uniques ont parfois la réputation d’être égoïstes et capricieux, celle-ci n’est pas toujours justifiée. Tout dépend de l’éducation qu’ils reçoivent.

Il est vrai qu’avoir un frère ou une sœur oblige les tout-petits à faire des compromis. Par exemple, les enfants apprennent à attendre leur tour et à partager leurs jouets et l’attention de leurs parents. Un enfant unique peut cependant faire ces apprentissages autrement.



Apprendre à partager

Si votre enfant va à la garderie, il développe chaque jour ses habiletés sociales. Cela doit toutefois se poursuivre lorsqu’il est à la maison, car votre enfant doit aussi apprendre à faire des compromis sur son propre territoire. Partager les jouets de la garderie et accepter de prêter les siens sont 2 choses bien différentes.

27 % des enfants québécois n’ont ni frère ni sœur.

Avant 2 ans et demi, ne vous inquiétez pas si votre tout-petit a de la difficulté à partager. Cela fait partie du développement normal des enfants. C’est plutôt entre 3 ans et 4 ans que vous devez être vigilant. Pour l’aider à apprendre à partager, invitez régulièrement des cousins ou des amis pour qu’ils s’amusent avec lui ou encouragez votre enfant à offrir ses anciens jouets à un plus jeune ou à un organisme.

Développer l’autonomie

Certains parents d’enfants uniques ont tendance à effectuer des tâches dont leur enfant pourrait se charger. Même si leur intention est bonne, leur tout-petit risque d’en conclure qu’il est incompétent.

Pour l’aider à développer son autonomie et son estime de soi, laissez-le faire des choses par lui-même. Par exemple, offrez-lui des responsabilités adaptées à son âge, comme ranger ses jouets et mettre lui-même ses vêtements propres dans ses tiroirs. De même, évitez de le surprotéger, car votre tout-petit a besoin de prendre certains risques pour apprendre. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il a lâché votre main pour faire ses premiers pas et qu’il réussit, par exemple, à grimper de plus en plus haut dans les structures de jeux au parc.

Éviter la surstimulation

Avoir un seul enfant, c’est aussi avoir plus de temps pour s’en occuper. Même si cela a des avantages, évitez d’en faire trop en lui proposant des activités sans arrêt. La surstimulation peut causer de la fatigue, du désintérêt pour certaines activités et même de la dépression.

Votre enfant pourrait également ressentir une certaine pression de performance et devenir anxieux. Assurez-vous donc qu’il ait des périodes de jeux libres. Encouragez-le aussi à jouer seul, car c’est aussi important que partager des moments de jeux avec papa ou maman.

Les jeux libres, tout comme les jeux en solo, permettent à votre tout-petit de développer son autonomie, sa débrouillardise, son imagination et sa capacité à prendre des initiatives, de découvrir ses intérêts et d’apprendre par lui-même. En plus, lors de ces jeux, il a la chance de décider à quoi il joue, comment, avec quoi et pendant combien de temps.

Imposer des limites

Tous les enfants, qu’ils soient uniques ou entourés de frères et sœurs, ont besoin de limites. Même si celles-ci peuvent être frustrantes pour eux, elles contribuent à les rassurer et à leur donner un sentiment de sécurité. Donnez donc à votre tout-petit des limites claires pour qu’il sache ce que vous attendez de lui. De même, ne cédez pas à toutes ses demandes. Si vous le faites, vous risquez d’en faire un enfant-roi qui ne supporte aucun refus.

Rappelez-vous aussi que les décisions d’adultes ne le concernent pas. Bien sûr, vous pouvez prendre ses goûts en considération, mais ne le laissez pas toujours choisir les activités que vous ferez en famille. C’est ainsi qu’il apprend à tenir compte des désirs et des opinions des autres. De même, votre vie de famille ne devrait pas être centrée sur les désirs de votre enfant. Évitez aussi de faire de votre tout-petit votre confident, car il est trop jeune pour porter ce poids.

Il demande un petit frère ou une petite sœur?
Expliquez-lui brièvement votre choix avec des mots simples, par exemple : « Papa et maman veulent avoir seulement 1 enfant. » Tentez par contre de comprendre le besoin qui se cache derrière ce souhait. S’il est fasciné par les bébés, vous pourriez côtoyer davantage un poupon de votre entourage. S’il veut un camarade de jeu, vous pourriez inviter plus souvent des amis ou des cousins à la maison.

 

Naitre et grandir.com

Révision scientifique : Céline Duquette, enseignante en techniques d’éducation à l’enfance
Recherche et rédaction : Équipe Naître et grandir
Mars 2014

 

Références

  • WHYTE, Carolyn. L’enfant unique. Montréal, Les Éditions de l’Homme, 2008, 208 pages.
  • GAGNIER, Nadia. C’est pas moi, c’est lui! Les relations fraternelles et les défis particuliers aux enfants uniques. Montréal, Les Éditions La Presse, 2008, 108 pages.

 

À lire aussi