Un antidote à l’anxiété des enfants et des parents

Un antidote à l’anxiété des enfants et des parents

Dans mon dernier blogue, je vous ai indirectement parlé du développement du sentiment d’auto-efficacité chez l’enfant. Qu’est-ce que  le sentiment d’auto-efficacité? C’est la croyance qu’a un individu qu’il pourra réussir ce qu’il entreprend. C’est une habileté qui se développe lentement; à force de succès et d’échec, à force d’encouragements et de consolations, à force d’essais et d’erreurs.

Cette habileté deviendra déterminante lorsque l’enfant aura à entreprendre des projets d’envergure, comme présenter un exposé oral devant sa classe, réciter un poème ou chanter une chanson devant tous les parents lors du concert de Noël. C’est aussi un puissant antidote au développement des troubles anxieux chez l’enfant. En effet, on remarque que plus le sentiment d’auto-efficacité est fort, moins l’anxiété sera présente.

Dans notre famille, nous avons un secret concernant le développement du sentiment d’auto-efficacité. Et ce secret, il se nomme José Arandi. José, c’est l’entraîneur-chef du Club de judo métropolitain. Depuis plusieurs années, il propose des séances de judo parent-enfants au Centre Claude-Robillard.

 Depuis maintenant 6 ans, nous sommes des abonnés des cours du samedi matin. Toshiro et Akira y sont depuis l’âge de 3 ans et Leeloo y arrivera d’ici 2 ans. Le grand avantage de ces cours de judo, c’est que nous sommes littéralement sur le tatami avec nos enfants. Nous sommes là pour encourager leurs apprentissages, baliser leurs essais et les protéger lorsqu’ils sont un peu trop aventureux. Et c’est justement la grande force de cet entraîneur. Il sait très bien quand et comment on peut laisser aller notre enfant et quand et pourquoi il y a un danger. Cette supervision permet d’informer le parent sur les dangers réels. Elle permet donc au parent de repousser également ses limites et de tolérer plus d’incertitude. Voir son enfant tomber, faire une « chute », va demander beaucoup de tolérance à l’anxiété pour certains parents, mais en s’exposant ainsi, le parent pourra développer sa tolérance à sa propre anxiété.

Une activité sportive parent-enfant a donc plusieurs avantages. Certains de ces avantages concernent directement le parent. La capacité de reconnaître et de maîtriser sa propre anxiété est importante. Aussi, quand l’entraîneur nous guide dans l’exécution d’un mouvement qui nous semble périlleux, il nous permet aussi d’aller au-delà de l’anxiété que l’on ressent. Et pour permettre à nos enfants de ne pas développer de trouble anxieux, nous devons nous même être en mesure d’accepter une certaine incertitude. Ainsi, le cours de judo permet une exposition à ces situations dans un environnement contrôlé par des experts.

Lorsque Akira tente la roulade avant, on lui apprend comment faire le mouvement. On lui donne ensuite un commentaire sur le mouvement qu’il a fait, ce qui lui permet de s’ajuster et d’améliorer son mouvement. Finalement lorsqu’il réussit le mouvement, on le félicite et on renforce ainsi l’effort fourni par l’enfant. L’enfant apprend ainsi qu’avec des efforts, il est capable de faire beaucoup de choses.

Bien sûr que j’ai eu des papillons dans l’estomac quand Akira a effectué son premier combat! Et s’il se cogne la tête? Et s’il se brise le nez? Et si l’autre enfant tombe sur sa jambe et lui brise la jambe? Eh bien, finalement, non. Il s’est simplement approché de son adversaire et, en moins de 2 secondes, il a effectué un « magnifique » (ce sont les mots de José!) o-soto-gari pour remporter le combat. Il s’est ensuite retourné vers moi et je suis certain qu’il a vu la grande fierté que j’ai éprouvée à son égard à ce moment précis. C’est dans des moments comme celui-là qu’on participe directement au développement du sentiment d’auto-efficacité chez notre enfant.

Le sentiment d’auto-efficacité chez l’enfant, c’est aussi le carburant nécessaire au développement d’une bonne estime de soi. L’activité sportive permet à l’enfant de faire des essais et de voir immédiatement le résultat. Qu’il fasse « boom » sur le sol, « plouf » dans l’eau ou « wossh ! »  sur le terrain, l’important c’est de laisser notre enfant faire des essais et erreurs, et de découvrir les joies de l’apprentissage.

Dr Nicolas Chevrier, psychologue
Mes 3 enfants me permettent de peaufiner mes talents de psychologue tous les jours…
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