Le «terrible two» à table

Le «terrible two» à table
Par Stéphanie Côté, Nutritionniste
Ah! le terrible two! Même pendant les repas, on n’y échappe pas. Stéphanie Côté, nutritionniste, explique comment réagir.

Alicia est une petite princesse de presque 2 ans qui entre à pieds joints dans son terrible two. Non par ci, non par là. Ça vous rappelle quelqu’un chez vous?

Ah! le terrible two! Même pendant les repas, on n’y échappe pas. On peut cependant passer au travers, un repas à la fois. Voici comment réagir selon le comportement observé.

Jouer avec les aliments

Entre l’âge de 1 an à 3 ans, manger fait partie des apprentissages de votre enfant. Il aime regarder, sentir et toucher la nourriture. Cela implique de faire des bulles ou de mettre sa main dans son verre de lait, de faire rouler ses petits pois, de réduire son biscuit en miettes et d’autres expériences du genre. Laissez-le manipuler les aliments, tout en demeurant dans les limites de l’acceptable. Vous êtes les mieux placés pour savoir quand votre jeune enfant expérimente naïvement ou essaie plutôt de vous provoquer!

Refuser les aliments

La phase du « non », comme celle du « papabe seul », témoigne du désir de votre enfant d’acquérir un peu d’indépendance. C’est parfois agaçant, mais c’est rassurant!

  • S’il refuse un aliment, n’insistez pas. S’il refuse PLUSIEURS aliments? N’insistez pas non plus! C’est en voyant qu’il a le choix d’en manger qu’il sera le plus tenté de le faire.
  • Prenez du recul pour évaluer l’alimentation de votre enfant. Il refuse votre souper, mais il a peut-être très bien mangé à la garderie. Quelques repas mal équilibrés ou qui vous semblent insuffisants ne feront pas de mal à un enfant en santé.
  • Évitez de lui préparer un repas spécial. Il se peut qu’il demande toujours un aliment qu’il aime particulièrement – comme la toast au beurre d’arachide d’Alicia –, mais ne succombez pas. Il se souviendra s’il n’a qu’à insister un peu pour obtenir ce qu’il désire et vous n’êtes pas sortis du bois! Incluez un ou des aliments qu’il aime au repas, mais variez ces aliments et mangez-en vous aussi.

Rappelez-vous que si vous vous inquiétez ouvertement devant lui de ce qu’il mange, vous lui donnez une arme puissante de manipulation. Ils sont brillants ces petits-là! Puis aussi, un enfant qui entend et voit l’inquiétude ou le stress de ses parents peut ressentir de la pression.

Manger souvent

Les collations sont importantes pour les jeunes enfants, mais ça ne signifie pas que ceux-ci doivent manger toutes les heures de la journée.

  • Évitez d’offrir quelque chose à boire ou à manger chaque fois que votre enfant s’approche de vous, sauf si c’est pour boire de l’eau.
  • Planifiez une collation en avant-midi et une en après-midi, tout en étant flexible sur l’heure à laquelle elle sera mangée.
  • Soyez à l’écoute de votre enfant, mais permettez-lui de connaître la sensation de faim. Percevoir la faim et la satiété fait partie du développement et l’aidera à réguler son alimentation tout au long de sa vie. Beaucoup d’enfants – et d’adultes – ne savent pas ce que c’est, ou ils l’ont oublié.

Vous ne pouvez pas éviter les refus, les combinaisons bizarres, les expérimentations et certains dégâts. Ça fait partie de la vie et du développement des tout-petits. Simplement le savoir aide à l’accepter et, qui sait, peut-être même de relaxer aux repas.

 

Mise à jour le 15 février 2022
Publiée originalement le 13 août 2013

Naître et grandir

 

Photo : GettyImages/NYS444

Stéphanie Côté, Nutritionniste
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque mois!
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