Josée Bournival sait bien que les chicanes entre frères et soeurs sont normales. Mais ça lui tord le coeur quand ses enfants ne s’entendent pas.Faire régner l’harmonie dans la fratrie, c’est tout un défi pour les parents. Car si, comme enfant, on peut sélectionner ses amis, on ne choisit pas ses frères et soeurs. Les membres de la fratrie doivent composer avec le tempérament et la personnalité de chacun. Et ce, aussi bien dans la petite enfance qu’à l’adolescence.
« À quoi ça sert des soeurs? » La question m’a souvent été adressée par une de mes filles. Quand j’écris « adressée », je suis polie. Elle m’était plutôt criée à travers des pleurs et beaucoup de colère. Aujourd’hui, elle s’accompagne d’un haussement de sourcils dédaigneux et d’un soupir interminable.
Ça me ramène parfois à ma propre enfance. J’ai eu la chance de grandir avec un grand frère. Lorsqu’on se chicanait, je lui tirais les cheveux. C’était son point faible. Lui, il me donnait des coups de poing dans le ventre. Cette description semble horrible, mais je garde de très bons souvenirs de mon enfance à ses côtés.
Vous n’êtes pas surpris de lire qu’il y a eu des chicanes entre nous. Il y en a dans toutes les familles. Et probablement qu’un de nous deux a remis en question la présence de l’autre auprès de nos parents. Mais aujourd’hui, même si je ne suis pas très proche de mon frérot, je sais qu’il est là si j’en ai besoin, et l’inverse est aussi vrai.
Pourtant, quand mes enfants ne s’entendent pas, ça me tord le cœur.
J’ai peur que les liens du sang ne soient pas suffisamment forts pour que mes enfants s’épaulent, s’aiment et se soutiennent les uns les autres lorsqu’ils seront grands ou lorsque leurs parents ne seront plus là…
« À quoi ça sert des soeurs? » J’aimerais tellement ne pas avoir à répondre à cette question et que ce soit une évidence pour mes enfants.
Mise à jour le 20 mai 2025
Publiée originalement le 2 octobre 2018
Photo : GettyImages/JackF