3 questions à se poser comme parents en période de confinement

3 questions à se poser comme parents en période de confinement
En cette période de crise, il est particulièrement important de ne pas se comparer aux autres parents. Voyez pourquoi et comment faire pour éviter les comparaisons.

S’il y a une chose qui frappe depuis le début de cette crise, c’est que chacune de nos particularités comme famille est multipliée par dix. Et ces particularités ont souvent un impact majeur sur la vie familiale de chacun. C’est pourquoi il est important, surtout en ce moment, d’éviter de se comparer aux autres parents.

Certaines personnes ont perdu leur emploi et ont dû demander un sursis pour leur hypothèque. D’autres sont séparées et doivent gérer une garde partagée déjà très compliquée. D’autres ont des métiers à risque et doivent expliquer la situation à leurs enfants. Certains parents travaillent encore plus à cause de la pandémie tandis que d’autres ne travaillent pas parce que leur industrie est fermée.

Une particularité de notre vie peut donc devenir très problématique rapidement en ces temps de COVID-19. D’où l’importance d’arrêter de se comparer aux autres sur la façon dont on gère cette crise avec nos enfants ou les moyens que l’on prend pour décrocher.

Pour moi, par exemple, la seule façon de décrocher c’est de jouer à un jeu vidéo qui simule de grands espaces. Quand je cours virtuellement en me faisant tirer dessus, je décroche… Avec les contraintes actuelles, c’est ce dont j’ai besoin. Mes amis ont des besoins différents. (comme cette amie qui a décidé d’apprendre le japonais en ce moment pour décrocher). Mes contacts Facebook également. Et nos situations ne sont pas comparables.

Exercice de réflexion

Dans cette crise, chaque dimension de notre vie amène une difficulté particulière. Dans tous ces cas, l’adaptation est donc de mise plutôt que la comparaison. Aussi, dans une telle situation il devient important de prendre conscience de nos limites et de nos forces. Aussi, je vous invite à faire l’exercice suivant.

Posez-vous les trois questions suivantes et nommez au moins cinq aspects pour chacune :

  1. Quelles sont les particularités de ma situation familiale qui rendent la vie de famille plus difficile en cette période de confinement?
  2. Qu’est-ce que j’ai décidé d’accepter pour faciliter ma gestion du stress?
  3. Quels sont les aspects de ma vie actuelle pour lesquels je suis reconnaissant?

Cela vous permettra d’identifier sur quoi vous avez un contrôle et de mettre en place une stratégie qui va vous permettre d’agir dans la limite de ce contrôle. Ensuite, vous pourrez reconnaître qu’au-delà de ce contrôle, vous acceptez ce qui arrivera. Par exemple, pour ma part :

  • J’accepte que les enfants fassent moins d’apprentissages que s’ils étaient à l’école.
  • J’accepte d’être moins performant au travail durant les prochaines semaines.
  • J’accepte d’être moins en forme dans six semaines.
  • J’accepte que plusieurs projets professionnels stimulants aient été remis ou annulés.
  • J’accepte que mon garçon Akira et ma fille Leeloo se chicanent plus souvent qu’à l’habitude.
  • J’accepte que mes activités de détente soient limitées durant les prochaines semaines.

Mais il est aussi important d’être reconnaissant. De mon côté :

  • Je suis reconnaissant que ma conjointe et moi ayons tous les deux encore un travail.
  • Je suis reconnaissant que nous ayons une cour.
  • Je suis reconnaissant que nous ayons accès à des technologies qui nous permettent de nous divertir et de travailler à distance.
  • Je suis reconnaissant que nos enfants aient une bonne capacité d’adaptation.
  • Je suis reconnaissant que nos parents âgés soient prudents, autonomes et respectueux des consignes gouvernementales.

Cette réflexion a pour objet de vous permettre de vous rappeler votre propre situation la prochaine fois où vous aurez le réflexe de vous comparer aux autres. Elle peut vous rappeler que lorsqu’on se compare, c’est souvent avec le petit bout de la lorgnette, c’est-à-dire comparer des éléments qui nous désavantagent à des éléments qui avantagent l’autre.

Cette réflexion vous aidera à avoir un portrait plus clair de la forêt et pas seulement d’un seul arbre. Et peut-être vous sentirez-vous assez à l’aise pour laisser aller les comparaisons et être plus bienveillant à votre égard!

 

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Photo : GettyImages/LaylaBird

Commentaires (3)

  1. Francine Dextras 17 avril 2020 à 16 h 35 min
    Ma plus grande peur est de mourir sans avoir revu mon fils handicapé léger qui est confiné en hébergement et qu’il croit que je l’ai abandonné. A chaque téléphone, il me demande si je vais venir le chercher. Ce confinement me permet des moments de repos et de réflexion. Il m’a rapproché de ma grande fille qui me témoigne davantage d’affection et d’amour.
  2. Maryse 22 avril 2020 à 01 h 22 min
    C'est tellement triste que vous ne pouvez pas voir votre fils. Par contre je suis certaine que vous pourrez très bientôt. Je vais vous envoyer des ondes positives. Le covid-19 nous amène à réfléchir à beaucoup d'aspect de notre vie. Il nous ramène à l'essentiel qui est totalement gratuit. J'espère que le monde va comprendre enfin et qu'on deviendra un monde meilleur. Bonne chance à toi Francine et bonne retrouvaille avec ton fils.
  3. Joana Talafre 24 avril 2020 à 12 h 12 min
    Merci à Francine pour son témoignage, et au Dr. Chevrier pour cet article.  

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