Famille et COVID-19: permis ou pas permis? Des réponses aux questions courantes

Famille et COVID-19: permis ou pas permis? Des réponses aux questions courantes
Des réponses aux questions que se posent les parents devant les nombreuses consignes liées au coronavirus (COVID-19).

26 mars 2020 | Isolées et confinées, les familles du Québec vivent une situation exceptionnelle qui demande des ajustements et des compromis dans la vie de tous les jours. Les consignes des autorités, quant au confinement et à la distanciation sociale, évoluent de jour en jour. Voici ce qu’il faut retenir.

L’information présentée ici était à jour en date du 9 juin 2020.



Mon enfant peut-il aller jouer chez un ami ou inviter un ami à la maison?

Comme la situation liée à la COVID-19 et au confinement évolue rapidement, l’information présentée ici pourrait ne pas être à jour.

À partir du 15 juin, il sera possible d’inviter des enfants pour jouer à l’intérieur de la maison si vous habitez à l’extérieur de la région du grand Montréal. Au total, en comptant les membres de votre famille, il ne devra pas y avoir plus de 10 personnes (enfants et adultes) réunies à l’intérieur. De plus, la distanciation physique de deux mètres devra être respectée autant que possible entre les enfants. Ce genre de rassemblements sera aussi autorisé à partir du 22 juin dans la région montréalaise (CMM, MRC de Joliette et ville de L’Épiphanie).

En attendant, partout au Québec, les enfants peuvent jouer dehors, par exemple dans la cour ou dans la ruelle. Le lavage fréquent des mains est toujours recommandé. C’est donc une bonne idée de mettre à la disposition des enfants de l’eau courante et du savon ou encore du gel désinfectant – quand ils n’ont pas accès à de l’eau et du savon – pour qu’ils puissent se laver les mains.

À noter que Québec suggère que les personnes rassemblées proviennent de trois familles maximum. Il ne s’agit pas d’une obligation, mais la Santé publique le recommande fortement.

Par ailleurs, les règles de confinement pour les enfants pourraient bientôt être assouplies, comme le demandent plusieurs pédiatres. L’exigence de rester à deux mètres pourrait donc être abolie entre les enfants.

Bon à savoir : on peut être porteur du virus en ayant très peu ou pas de symptômes (toux, fièvre, difficultés respiratoires, perte soudaine de l’odorat ou du goût sans congestion nasale). Or, le virus est le plus contagieux en début de maladie.

Est-ce que je peux prendre une marche dehors avec mes enfants?

Oui. Cela est même encouragé par les autorités de santé publique. « C’est bon pour le moral et ça aide à tenir le coup, surtout quand on a des enfants », indique Dre Catherine Dea. Il faut toutefois faire preuve de vigilance et respecter les consignes de distanciation sociale : quand l’on croise des gens, on se tient en tout temps à deux mètres (ou 6,5 pieds). Rappelons que cette consigne exclut les membres d’une même famille; autrement dit, si on va faire une balade dehors en famille, on n’a pas à respecter la règle du deux mètres.

Si une personne présente des symptômes liés à la COVID-19 (toux, fièvre, difficultés respiratoires, perte soudaine de l’odorat ou du goût sans congestion nasale), elle ne doit toutefois pas sortir. De même, toutes les personnes qui sont de retour de voyage depuis moins de 14 jours doivent rester chez elles. Si elles n’ont aucun symptôme de la COVID-19 et qu’elles souhaitent prendre l’air, ces personnes doivent demeurer dans un endroit privé comme leur cour arrière ou sur leur balcon.

Pourquoi la règle du deux mètres de distance est-elle importante?

Le virus de la COVID-19 se transmet par les gouttelettes projetées par quelqu’un porteur du virus qui tousse ou éternue. « On a évalué que la distance de projection des gouttelettes est de deux mètres et moins, explique Dre Catherine Dea, médecin spécialiste en santé publique et en médecine préventive. C’est pourquoi il est recommandé de toujours conserver une distance de deux mètres. » Toutefois, ce type de coronavirus ne reste pas dans l’air (transmission aérienne) comme dans le cas de la tuberculose ou de la rougeole.

Y a-t-il d’autres mesures à prendre lorsque je sors à l’extérieur?

Il est très important de se laver les mains avant de quitter la maison et de se les laver en revenant. « Il s’agit de la mesure la plus efficace pour limiter la propagation du virus, rappelle Dre Dea. On évite les contacts directs avec les autres, on ne se touche pas le visage et on se lave fréquemment les mains. »

Je vis en famille recomposée. Quelles règles faut-il respecter? Comment dois-je gérer la garde partagée?

Il est important, dans chacune des familles, de suivre les mêmes consignes et recommandations faites à la population en général : rester à la maison en tout temps (on ne sort que pour aller faire les courses à l’épicerie ou à la pharmacie, ou pour aller prendre l’air), respecter la distanciation sociale (deux mètres) et se laver les mains fréquemment.

L’enfant peut voir ses deux parents selon l’horaire de garde partagée établi. « On n’est pas rendu à interdire la garde partagée, précise Dre Dea. Par contre, si l’un des membres de l’une des familles développe des symptômes, même s’ils sont très légers, l’enfant ne devrait plus se promener d’une maison à l’autre. On saute alors la garde, le temps que tous les symptômes soient disparus. »

En point de presse, le Dr Horacio Arruda, directeur national de santé publique du Québec, a fait valoir qu’il est important que les parents communiquent entre eux ce qui se passe et qu’ils observent les mêmes pratiques. « C’est une question de jugement, dit-il. Et c’est une question que les parents doivent gérer entre eux. Il n’y a pas de recette miracle. »

À noter qu’une grande vigilance est de mise afin de surveiller l’apparition de symptômes liés à la COVID-19 (toux, fièvre, difficultés respiratoires, perte soudaine de l’odorat ou du goût sans congestion nasale). Le but? Agir rapidement pour protéger les membres des deux familles. « Il ne faut pas oublier que la période de contagiosité est importante au moment où les symptômes sont légers », répète Dre Dea.

Droits de garde ou d’accès pour les enfants en maison d’hébergement pour personnes victimes de violence conjugale
Afin d’éviter la propagation de la COVID-19 dans les maisons d’hébergement pour personnes victimes de violence conjugale, le gouvernement québécois a suspendu temporairement les droits de garde ou les droits d’accès d’un parent lorsque l’autre parent qui a la garde de l’enfant réside dans une telle maison.
Il est toutefois important que l’enfant et le parent dont les droits sont suspendus restent en contact dans la mesure du possible par tout moyen approprié (ex. : technologique) afin de préserver le lien entre eux.
La suspension touche autant les droits de garde ou d’accès prévus par jugement que ceux établis par entente. Cette mesure se termine dès que le parent quitte la maison d’hébergement ou si le tribunal l’ordonne.

Mon ex-conjoint(e) et moi ne vivons pas dans la même région. Peut-on tout de même conserver l’horaire de garde établi?

Oui. Les autorités recommandent de limiter les déplacements afin de réduire au maximum les risques de propagation du virus. Toutefois, un parent séparé peut aller déposer son enfant chez l’autre parent, à condition de respecter les consignes (lavage de main, distanciation sociale avec l’autre famille), et ce, même si l’un d’eux vit dans une région « fermée » par le gouvernement en raison du coronavirus. Ce droit de se déplacer entre deux régions s’applique autant aux parents qui ont un jugement de garde qu’à ceux qui ont une simple entente entre eux. « Ce qu’on veut, c’est limiter les contacts directs, dit Dre Dea, mais on n’est pas rendu à contraindre les familles dont les parents sont séparés. »

Pour en savoir plus, consultez notre article Coronavirus (COVID-19) : pour rester bien informé.

 

Sources : Décret sur l’adoption de l’état d’urgence sanitaire, Décret sur l’interdiction de tout rassemblement intérieur et extérieur, Gouvernement du Québec, La Presse, Gouvernement du Québec, La Presse, Éducaloi, Radio-Canada, La Presse et Gouvernement du Québec, Gouvernement du Québec

 

Maude Goyer – Naître et grandir

Naitre et grandir.com

 

Photo : GettyImages/AleksandarNakic

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