La dyscalculie

La dyscalculie
Qu’est-ce que la dyscalculie? Apprenez-en plus sur ce trouble d’apprentissage des mathématiques.

 



Aimées par les uns, détestées par les autres, les mathématiques ont souvent la réputation d’être « complexes ». Additionner, diviser, raisonner, expliquer : la logique mathématique pose parfois des défis. Et pour certains, la dyscalculie vient brouiller les cartes.

Qu’est-ce la dyscalculie ?

La dyscalculie est aux mathématiques ce que la dyslexie est à la lecture : au lieu d’avoir de la difficulté à comprendre et à utiliser les lettres de l’alphabet, une personne dyscalculique a de la difficulté à comprendre et à utiliser les chiffres.

Un trouble d’origine biologique

Selon les études récentes sur le sujet, la dyscalculie serait d’origine biologique. Il s’agit d’un trouble neurodéveloppemental qui se manifeste par le mauvais fonctionnement de certaines régions du cerveau, dont le cortex pariétal. Cette partie est identifiée comme étant le « siège » de la conscience des nombres.

On estime qu’environ 4 % des enfants, au Canada, sont atteints de dyscalculie, et que 20 % d’entre eux sont également dyslexiques.

Le sens du nombre, c’est-à-dire la capacité de savoir si une quantité X est plus grande qu’une quantité Y, se développerait de façon innée. Le dysfonctionnement de certaines zones du cortex pariétal empêche le développement du sens du nombre, ce qui entraîne un déficit du traitement de l’information numérique.

La dyscalculie est donc un trouble spécifique d’apprentissage des mathématiques et n’a rien à voir avec une déficience mentale.

Poser un diagnostic

Malheureusement, la dyscalculie est le trouble d’apprentissage spécifique le moins bien connu. On pense souvent que l’enfant n’est tout simplement pas « doué » pour les maths. Une évaluation neurobiologique, menée par un professionnel et axée sur les habiletés spécifiques au domaine des mathématiques, permettra d’en avoir le cœur net.

Concrètement, un enfant dyscalculique aura de la difficulté à :

  • lire et écrire les nombres (inversion des chiffres, comme écrire 34 au lieu de 43) ;
  • effectuer des opérations arithmétiques (il compte sur ses doigts) ;
  • se souvenir de sa table de multiplication ;
  • saisir le sens des termes mathématiques (somme, différence, division, etc.).

Éventuellement, ces obstacles se transposent dans le quotidien des gens, comme lorsque vient le temps de mesurer des quantités d’ingrédients pour réaliser une recette ou de payer en argent comptant. Même les dates et les heures peuvent poser des défis.

Même si ce trouble d’apprentissage est permanent, la rééducation spécialisée peut améliorer la situation.

Des interventions, à l’école comme à la maison

La rééducation orthophonique aide les enfants qui sont à la fois dyscalculiques et dyslexiques. L’enfant dyscalculique peut aussi consulter un professionnel, orthophoniste ou orthopédagogue, pour l’aider à s’outiller à devenir de plus en plus autonome en mathématiques, notamment en s’exerçant à mieux apprivoiser les chiffres et les opérations.

À la maison, les parents d’enfants dyscalculiques peuvent aussi les aider à rendre les mathématiques moins anxiogènes en incluant des petits jeux d’arithmétique dans leur quotidien :

  • compter le nombre de pommes dans le panier à fruits.
  • ranger les jouets par ordre de grandeur (croissant ou décroissant).
  • jouer « au supermarché » avec une petite caisse enregistreuse pour se familiariser avec la monnaie.

Tous ces petits exercices permettront à l’enfant d’être plus à l’aise avec les chiffres et les calculs, une fois à l’âge adulte.

À retenir

  • La dyscalculie est un trouble d’apprentissage des mathématiques. Il ne s’agit pas d’une déficience mentale.
  • L’enfant dyscalculique a de la difficulté à comprendre et à utiliser les chiffres.
  • Des professionnels comme un orthophoniste ou un orthopédagogue peuvent aider l’enfant.

 

Alloprof

Révision scientifique Sabah Meziane, orthophoniste
Recherche et rédaction :
Alloprof parents
Novembre 2017

 

Photo : GettyImages/djedzura

 

Ressources et références

Note : les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est donc possible qu’un lien devienne introuvable. Dans un tel cas, utilisez les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

  • ASSOCIATION QUÉBÉCOISE DES NEUROPSYCHOLOGUES. La dyscalculie, c’est plus que de ne pas être bon en maths. www.aqnp.ca
  • CENTRE D’ÉVALUATION NEUROPSYCHOLOGIQUE ET D’ORIENTATION PÉDAGOGIQUE. Dyscalculie : trouble du calcul et trouble d’apprentissage en mathématiques. www.cenop.ca
  • INSTITUT DES TROUBLES D’APPRENTISSAGE. Qu’est-ce que la dyscalculie ? www.institutta.com
  • LAFAY, Anne. «Déficits cognitifs numériques impliqués dans la dyscalculie développementale». Thèse de doctorat, Université Laval, 2016.
  • MAGAZINE QUÉBEC SCIENCES. Dyscalculie : le vertige des chiffres. www.quebecscience.qc.ca

 

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