L'autocontrôle

L'autocontrôle
Elle tape et crie lorsqu’elle n’a pas ce qu’elle veut. Comment l’aider à s’autocontrôler?


Il est normal qu’un enfant arrache le jouet des mains d’un ami ou qu’il pleure s’il n’obtient pas ce qu’il veut, car son cerveau en développement ne lui permet pas encore de contrôler son impulsivité.

Comment se développe l’autocontrôle?

Il veut tout, tout de suite? Comment aider votre enfant à gérer ses impulsions.

Pour réussir à maîtriser ses élans, l’enfant doit d’abord apprendre à reconnaître physiquement qu’il vit une émotion, à l’identifier et ensuite à l’exprimer avec des gestes et des comportements acceptables. C’est ce que l’on appelle l’autocontrôle.

La réaction spontanée d’un enfant face à un inconfort est de réagir plutôt que de réfléchir. C’est normal, car le contrôle des émotions et des impulsions est difficile avant 5 ans. Cela s’explique par le fait que le développement de la partie du cerveau responsable de la gestion des impulsions, du raisonnement et de la résolution de problèmes est complexe et se poursuit jusqu’à l’âge adulte.

L’habileté à mieux se contrôler se développe peu à peu à mesure que le cerveau et le langage de l’enfant se développent. En vieillissant, il peut, de plus en plus souvent, exprimer ses émotions plus calmement et adapter ses gestes et ses réactions à la situation.

Pour réussir à se contrôler, l’enfant doit aussi faire plusieurs autres apprentissages, comme apprendre à attendre son tour, à tolérer une frustration, à se calmer et à écouter les autres. Avant l’âge de 5 ans, il agit en fonction de ses propres besoins. Ce n’est pas de l’égoïsme; cela fait partie de son développement.

Lorsqu’il contrôle davantage ses émotions et ses gestes, l’enfant réagit mieux aux différentes situations. Par exemple, il utilise moins les gestes agressifs (frapper, mordre) pour s’exprimer et il tolère mieux les frustrations. Cela l’aide à entrer en relation avec les autres, à se faire des amis et à bien s’entendre avec eux.

Comment aider votre enfant à s’autocontrôler

Vous pouvez aider votre tout-petit à mieux se contrôler en reconnaissant son besoin, en l’aidant à mettre des mots sur son émotion et sur ce qu’il vit, et en l’accompagnant jusqu’à ce qu’il s’apaise. La façon dont vous vous autocontrôlez a aussi une influence, car votre tout-petit reproduit ce qu’il entend, voit et vit le plus souvent.

Voici quelques astuces qui aideront votre enfant à développer de l’autocontrôle.

L’aider à attendre son tour

Attendre son tour représente un défi pour votre tout-petit, car il doit mettre son besoin ou son désir sur pause.
  • Pour aider votre enfant à patienter, donnez-lui des indices clairs. Dites-lui par exemple : « Je vais jouer avec toi quand j’aurai fini la vaisselle », plutôt que : « Attends, je joue avec toi dans deux minutes ». Vous pouvez aussi lui donner un indice visuel en vous servant d’un sablier ou en mettant un collant sur l’horloge. Ainsi, si vous lui dites : « Quand l’aiguille de l’horloge va arriver à côté du collant, je vais jouer avec toi », il aura une meilleure idée du temps.
  • Jouez avec lui à des jeux où chacun joue à tour de rôle (ex. : jeux de ballon, jeux de cartes, etc.).
  • Proposez-lui des choix de jeux ou d’activités pour l’occuper. Vous pouvez lui donner une mission à faire pendant le délai d’attente (ex. : faire une construction en LegoMD, monter et descendre les marches à quelques reprises, chanter quatre chansons). Si vous avez l’impression que votre enfant a envie de passer du temps avec vous, proposez-lui de vous aider dans votre tâche.
  • Préparez un bac de jouets et d’idées d’activités que vous pouvez lui remettre dans les moments où il doit patienter.
  • Si votre tout-petit a dû patienter à plusieurs reprises dans la journée, prenez un moment avec lui avant de lui demander d’attendre de nouveau, car attendre peut devenir de plus en plus difficile pour lui. Cela l’aidera à patienter par la suite.

L’aider à tolérer une frustration

Votre enfant a besoin de temps et d’encouragements pour apprendre à gérer ses émotions et ses comportements.
  • Quand votre enfant est frustré, nommez ses émotions, en lui disant par exemple : « Tu es fâché parce que ton frère ne veut pas jouer avec toi, et tu avais vraiment envie de jouer avec lui. Je te comprends. » Votre tout-petit se sent ainsi entendu et compris. Cela l’aide à comprendre ce qui se passe en lui.
  • Encouragez-le à parler de ce qu’il a ressenti une fois qu’il s’est calmé, par exemple : « Je t’ai senti très en colère tout à l’heure, tu ne devais pas être bien. À quels endroits as-tu ressenti la colère dans ton corps? »
  • Mettez des limites s’il se montre agressif. Dites-lui par exemple : « Je comprends que tu sois fâché, mais je ne peux pas te laisser lancer tes petites autos sur ta soeur. Je suis là pour toi. On va trouver une solution ensemble. »
  • Détournez son attention en l’intéressant à un autre jouet ou à une autre activité. Parfois, votre enfant peut avoir besoin de votre aide pour mettre fin à sa colère, car il ne sait plus comment s’y prendre. Vous pouvez par exemple lui dire : « Je pense que tu as besoin de te changer les idées pour te sentir mieux. Est-ce que l’on se fait un gros câlin et on va jouer ensemble? » Évitez toutefois de toujours détourner son attention, car il doit aussi apprendre à tolérer les émotions désagréables.

L’aider à se calmer

S’il pratique souvent des activités de détente, votre enfant pourra plus facilement les mettre en pratique lorsqu’il est en colère.
  • Encouragez votre tout-petit à faire certains exercices qui peuvent l’aider à se calmer, car il peut être difficile pour lui d’y parvenir seul. Par exemple, demandez à votre enfant de gonfler et de dégonfler son ventre comme si c’était un ballon ou de faire semblant de souffler lentement sur une bougie. Détendez-vous aussi avec votre enfant. Pour des idées d’activités, consultez nos fiches La relaxation par le jeu et Se détendre et relaxer avec son enfant.
  • Demandez-lui de courir quand vous dites « lumière verte » et de s’arrêter quand vous dites « lumière rouge ». Ce jeu lui apprend à contrôler ses élans.
  • Amenez votre enfant jouer dehors et laissez-le dépenser son énergie.

L’aider à écouter les autres

  • Habituez votre enfant à vous regarder lorsque vous lui parlez et à ne pas parler en même temps que vous. Dites-lui qu’il comprendra mieux s’il vous regarde.
  • Pour pratiquer son écoute, lisez-lui une histoire et posez-lui ensuite quelques questions sur les personnages. Ou encore, lorsque vous marchez ensemble dehors, arrêtez-vous pour écouter les bruits et demandez-lui ce qu’il entend.

Il est en crise!

Lorsque votre tout-petit vit une crise, les émotions prennent toute la place dans son coeur, dans son corps et dans sa tête. Il vit alors une véritable tempête d’émotions. Il est donc difficile pour lui de se raisonner. Il a besoin de vous pour réussir à se calmer.
Si votre enfant fait une crise, arrêtez les gestes agressifs, s’il y en a. Dites-lui par exemple : « Tu arrêtes de lancer tes jouets. Je suis là pour toi. » Demeurez près de lui et approchez-vous petit à petit de lui, à son rythme. Ne tentez pas de le raisonner ou d’expliquer à ce moment-ci, soyez seulement présent.
Essayez aussi de comprendre et d’expliquer avec des mots ce qu’il vit (ex. : « Tu es fâché parce que tu ne veux pas aller te coucher. Tu aurais envie de rester avec papa et maman… Je sais que c’est fâchant. »).
Même si la crise se passe dans un endroit public, mieux vaut ne pas céder. Quand la crise est finie, réconfortez votre enfant et aidez-le à parler de ce qui est arrivé.
Lorsque votre tout-petit fait une crise, votre ton de voix, votre regard, votre posture et votre attitude sont importants. S’il sent que vous êtes calme, il sera plus enclin à se laisser guider par vous. Une fois la crise passée, prenez le temps de parler avec votre enfant de ce qui est arrivé.

 

À retenir

  • L’autocontrôle pour un enfant, c’est la capacité à reconnaître physiquement qu’il vit une émotion, à l’identifier et ensuite à l’exprimer en adaptant ses gestes et ses comportements.
  • Un tout-petit arrivera à s’autocontrôler à mesure que son cerveau et son langage vont se développer.
  • Un enfant qui parvient à mieux freiner son impulsivité s’adaptera plus facilement aux changements et tolérera mieux les frustrations.

 

Naître et grandir

Révision scientifique : Marie-Hélène Chalifour, psychoéducatrice
Recherche et rédaction :Équipe Naître et grandir
Mise à jour : Mai 2022

 

Photo : GettyImages/dmphoto

 

Ressources et références

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  • BOURCIER, Sylvie. L’agressivité chez l’enfant de 0 à 5 ans. Montréal, Éditions du CHU Sainte-Justine, coll. « Parlons Parents », 2018, 248 p.
  • CENTRE DE TRANSFERT POUR LA RÉUSSITE ÉDUCATIVE DU QUÉBEC (CITREQ). La maîtrise de soi chez l’enfant. 2016. rire.ctreq.qc.ca
  • MACNAMARA, Deborah. Jouer, grandir et s’épanouir : le rôle de l’attachement dans le développement de l’enfant. Montréal, Les Éditions au Carré, 2017, 309 p.
  • RADIO-CANADA. Émission Les éclaireurs. L’autocontrôle chez l’enfant : entrevue avec la psychologue Mélanie Laberge. 2017. ici.radio-canada.ca

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