L'esprit de compétition chez les enfants

L'esprit de compétition chez les enfants
Voyez quels sont les côtés positifs de l’esprit de compétition et quand il peut devenir problématique.


Le premier à glisser au parc, à se faire lire une histoire, à gagner la course jusqu’à l’arbre… Vouloir être le premier est fréquent chez les tout-petits. Voyez quels sont les côtés positifs de l’esprit de compétition et quand il peut devenir problématique chez un enfant.

Vouloir être le premier : une attitude courante chez les tout-petits

Avant 5 ans, les enfants ont de la difficulté à maîtriser leurs émotions et leurs impulsions. Ils peuvent encore avoir de la difficulté à réaliser l’impact de leur comportement sur les autres. Il est donc normal qu’un tout-petit ait du mal à attendre son tour et veuille être le premier à glisser, par exemple.

L’influence du tempérament et de l’éducation

Cette attitude dépend aussi du tempérament de l’enfant et de son éducation. Un enfant au tempérament compétitif cherchera davantage à gagner ou à faire les choses avant les autres. De même, lorsque l’esprit de compétition est valorisé dans une famille, un enfant peut vouloir être le premier pour faire plaisir à ses parents.

Il peut arriver d’encourager sans le vouloir l’esprit de compétition d’un tout-petit, en disant des phrases comme: « Tu as couru plus vite que les autres » ou « Tu es la plus forte! » Ce n’est pas forcément mauvais, mais cela met l’accent sur la comparaison avec d’autres enfants.

L’esprit de compétition pour s’améliorer

L’esprit de compétition d’un enfant peut toutefois être une force. Un esprit de compétition sain aide en effet à rester motivé, à vivre des succès et pousse à vouloir se dépasser plutôt qu’à battre les autres à tout prix.

Encouragez la persévérance, les efforts et la volonté de s’améliorer de votre enfant.

Il est donc préférable d’encourager votre enfant à se comparer à lui-même. Par exemple, dites-lui : « Tu es bien plus rapide qu’avant sur ta trottinette. » Aidez-le à prendre conscience de ses forces (ex. : « Tu as bien appris comment pousser avec tes jambes! ». Rappelez-lui aussi les efforts qu’il doit fournir pour parvenir à son objectif (ex. : « Il te reste à apprendre à mieux contrôler tes mouvements quand tu tournes »).

Avec votre aide, votre tout-petit apprendra à gérer les défaites et comprendre que les erreurs permettent de s’améliorer.

Quand l’envie d’être premier devient un problème

Lorsqu’un enfant veut toujours gagner ou être le premier, ses amis pourraient ne plus vouloir jouer avec lui. Cela pourrait aussi lui faire vivre des frustrations et des déceptions.

En effet, un enfant ne peut pas toujours gagner. S’il réagit chaque fois par une colère ou des pleurs, c’est qu’il a besoin de vous pour apprendre à mieux réguler ses émotions.

5 façons d’aider votre enfant à accepter de ne pas être premier

  1. Validez et nommez ses émotions. Par exemple : « Tu voulais terminer ta tour de blocs le premier, mais ton ami a terminé avant toi. Tu es déçu, je vois que c’était important pour toi. » Lorsque vous validez ses émotions, votre enfant comprend qu’il a de la valeur même quand il n’est pas le premier.
  2. Rappelez-lui qu’il est plus important de bien faire les choses que de terminer premier. S’il se vante d’avoir lavé ses mains avant son ami, dites-lui que tout n’est pas une course.
  3. Proposez-lui une courte phrase à se répéter pour attendre son tour, comme : « Mon tour va venir, je suis capable d’attendre. » Cela peut l’aider à patienter.
  4. Ne le laissez pas toujours commencer en premier, avoir le premier choix ou gagner aux jeux lors de vos activités en famille.
  5. Prenez le temps d’apprécier avec votre enfant les progrès et les succès des autres. Vous l’aidez ainsi à entretenir une saine relation avec la compétition.

Lisez notre fiche Il veut toujours être le premier pour connaître d’autres façons d’aider votre enfant.

Des attentes trop élevées?

Un enfant très compétitif peut avoir des attentes irréalistes par rapport à ses capacités. Si ses résultats ne sont pas à la hauteur de ses attentes, il pourrait perdre sa motivation et sa confiance en lui. Si cela arrive à votre enfant, expliquez-lui que c’est avec le temps et la pratique qu’il va s’améliorer. Valorisez ses efforts plutôt que ses performances.

À retenir

  • Vouloir être le premier ou le meilleur est fréquent chez les tout-petits.
  • Au lieu de comparer les résultats de votre enfant à ceux des autres, encouragez-le à s’améliorer.
  • Un esprit de compétition sain aide à rester motivé et à se dépasser plutôt qu’à battre les autres.
Naître et grandir

Révision scientifique : Chloé Gaumont, psychoéducatrice
Recherche et rédaction :Équipe Naître et grandir
Avril 2026

Photos : GettyImages/Pranithan Chorruangsak

Références

Note : Les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est donc possible qu’un lien devienne introuvable. Dans un tel cas, utilisez les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

  • Exploring an Age Difference in Preschool Children’s Competitiveness Following a Competition, Frontiers in Psychology, volume 9, 8 mars 2018
    frontiersin.org
  • Competition as rational action: Why young children cannot appreciate competitive games, Journal of Experimental Child Psychology, volume 116, numéro 2, octobre 2013, p. 545 à 559
    sciencedirect.com

Partager

À lire aussi