Dormir pour grandir

Dormir pour grandir
Quand votre enfant dort bien, il est de meilleure humeur. Mais saviez-vous que de bonnes nuits de sommeil l’aident aussi à apprendre et à être en bonne santé physique et mentale?

Quand votre enfant dort bien, il est de meilleure humeur. Mais saviez-vous que de bonnes nuits de sommeil l’aident aussi à apprendre et à être en bonne santé physique et mentale?

Pendant que votre enfant dort, son cerveau travaille fort. Il met en mémoire les apprentissages de la journée. Il connecte ses neurones, ce qui lui permet de contrôler de mieux en mieux ses émotions et ses gestes, de résoudre des problèmes, de raisonner et de se développer intellectuellement en général. Un bon sommeil l’aide aussi à avoir un meilleur système immunitaire. Enfin, quand il dort, votre enfant libère les hormones qui l’aident à grandir.

Par contre, s’il manque de sommeil de façon régulière, il court plus de risques d’avoir un retard de langage. « Il pourrait aussi être plus agité et impulsif lorsqu’il commencera l’école », indique Dominique Petit, du Centre d’études avancées en médecine du sommeil de l’Hôpital du Sacré-Coeur de Montréal. Un enfant qui manque de sommeil apprend aussi moins facilement. Il pourrait avoir du mal à se concentrer, à retenir les informations, à réfléchir et à trouver des solutions.

Les siestes aussi sont importantes et aident à renforcer les apprentissages. Quand les enfants n’en font pas, ils sont plus anxieux, moins enjoués et moins bons pour résoudre des problèmes, a révélé une étude américaine. « D’autres études ont démontré que les enfants qui n’avaient pas fait leur sieste habituelle avaient plus tendance à oublier ce qu’ils avaient vu plus tôt dans la journée », indique Dominique Petit. Bien sûr, à partir d’un certain âge, l’enfant n’a plus besoin de faire la sieste pour bien fonctionner et faire des apprentissages.

Sommeil et poids

Les enfants qui dorment moins courent plus de risques d’avoir un surplus de poids, observe pour sa part Jennifer McGrath, directrice du Healthy Heart Project, un programme de recherche de l’Université Concordia sur le sommeil et l’obésité. « Le manque de sommeil augmente le taux de cortisol, une hormone qui joue un rôle dans la façon dont le corps réagit au stress et qui agit aussi sur l’obésité », explique-t-elle. Cela peut aussi avoir un impact sur les hormones reliées à l’appétit et aux signaux de faim. Par conséquent, les enfants qui ne dorment pas assez auraient tendance à manger plus.

Le lien entre le manque de sommeil et l’obésité apparaît d’ailleurs très tôt. Dominique Petit note qu’à 2 ½ ans les tout-petits qui dorment moins de 9 heures par jour ont déjà plus tendance à être en surpoids.

Mais il n’y a pas que la durée du sommeil qui compte. Les travaux de Jennifer McGrath ont démontré que la qualité du sommeil a encore plus d’impact sur le risque d’obésité. « Les enfants qui dorment moins bien, qui vont au lit trop tard et qui se réveillent plus souvent la nuit ont davantage tendance à faire de l’embonpoint. »

Petit dormeur?

Cela dit, la qualité et la durée du sommeil de votre enfant dépendent de plusieurs facteurs, dont son tempérament. Certains enfants dorment beaucoup et d’autres, un peu moins. Toutefois, les vrais « petits dormeurs » sont plutôt rares (ex. : ceux qui dorment une ou deux heures de moins que la durée minimale recommandée). « Pour en être un, votre enfant devrait généralement bien fonctionner et être de bonne humeur durant la journée, même s’il dort moins que les autres enfants de son âge », précise Dominique Petit.

Un enfant qui ne dort pas assez peut avoir plus de difficulté à gérer ses émotions et à s’adapter aux changements.

Avant de conclure que votre enfant est un petit dormeur, il est important d’être attentif aux indices pouvant indiquer qu’il manque de sommeil : difficulté à se réveiller le matin, difficulté à se concentrer, agitation, agressivité, impulsivité, irritabilité, plus grande fréquence de rhumes ou autres infections, etc.

Comme les autres enfants, les petits dormeurs ont besoin de se coucher à la même heure chaque soir, d’avoir une routine du dodo apaisante et d’apprendre à s’endormir seuls afin d’avoir une bonne qualité de sommeil.

De combien votre enfant a-t-il besoin?
0 à 3 mois : 14 à 17 heures
4 à 11 mois : 12 à 15 heures
1 à 2 ans : 11 à 14 heures
3 à 5 ans : 10 à 13 heures
6 à 13 ans : 9 à 11 heures
Ces recommandations incluent les siestes. Habituellement, un enfant âgé entre 4 mois et 18 mois fait d’une à deux siestes par jour d’une durée moyenne de 1,5 heure à 2 heures. Vers 18 mois à 24 mois, ceux qui faisaient deux siestes laissent souvent tomber celle du matin pour dormir seulement l’après-midi. Entre 3 ans et 5 ans, l’enfant cesse généralement de faire la sieste.
Source : Fondation nationale du sommeil des États-Unis (National Sleep Foundation)

 

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, octobre 2016
Recherche et rédaction : Nathalie Vallerand
Révision scientifique : Evelyne Martello, infirmière clinicienne, clinique spécialisée des troubles du sommeil, CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal, Hôpital Rivière-des-Prairies

 

Photo : iStock.com/ IPEKATA

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