Mes enfants me demandent souvent l’histoire de leur naissance. J’adore leur raconter ce bout de vie qu’ils ont oublié. Comme si j’avais accouché hier.Les enfants éclatent de rire. Cette musique, je la prendrais comme trame sonore à chaque repas. Je leur ai servi une crêpe aux bananes et chocolat. En leur tendant leur assiette, je me suis rappelé que Clémentine disait « banon » au lieu de « banane » quand elle était petite.
Ce souvenir en a entraîné plusieurs autres : Raponzo au lieu de Raiponce, électrifité au lieu d’électricité, etc.
- À mon tour, maman, exige Blanche. Qu’est-ce que je faisais de drôle quand j’étais un bébé?
Les enfants s’étonnent de leurs premiers mots et du fait qu’ils n’ont pas parlé ou marché au même âge. Ils sont curieux de tout et restent même un peu plus longtemps à table en échange d’un récit les mettant en vedette. Chaque souvenir de leur petite enfance les fascine. Je pense qu’ils sentent aussi à quel point ces vieux souvenirs sont précieux pour moi.
Mes enfants demandent souvent l’histoire de leur naissance. Est-ce que je pleurais? Est-ce que tu m’allaitais? Lequel d’entre nous a fait une jaunisse? Qui a fait pipi sur papa? Est-ce que tu me chantais des chansons? Qui était là? C’était la nuit ou le jour? Tout y passe! Et quand j’ai l’impression d’avoir fait le tour, un nouveau souvenir surgit et nous voilà repartis pour une nouvelle histoire.
J’adore leur communiquer ce bout de vie qu’ils ont oublié. Chaque fois, je trouve l’exercice émotif. Comme si j’avais accouché hier. Comme s’ils avaient grandi en une nuit.
Je leur raconte leurs mauvais coups, leurs gros bobos, leurs victoires et leurs pas de géants. J’aime leur montrer le chemin parcouru, leur amélioration, les défis qu’ils ont su surmonter. Je me dis que c’est un outil comme un autre pour leur estime personnelle et la formation de leur personnalité.
Et pour moi, c’est un doux plongeon dans l’odeur de poudre pour bébé. Un parfum qui, malheureusement, flotte de moins en moins dans la maison.
Mise à jour le 6 août 2025
Publiée originalement le 10 mars 2017
Photo : Collection personnelle de Josée Bournival