Avez-vous déjà eu un poupon qui tourne la tête et serre les dents pour éviter un médicament liquide? Josée, oui. Elle raconte.Un bébé malade, c’est angoissant. On voudrait prendre sur nous le mal qui accable notre enfant afin qu’il se sente mieux et recouvre la santé. Au-delà de l’affection et de la présence que l’on peut offrir, il y a aussi les médicaments. Mais parfois, un simple petit geste prend des allures de grande guerre…
Avez-vous un tout-petit qui tourne la tête et serre les dents pour éviter un médicament liquide? Mon Léonard était comme ça. Je me rappelle très bien le désespoir que ça faisait naître en moi.
Je ne m’avouais pas vaincue. Je versais le médicament dans un peu d’eau en espérant qu’il en boive au moins une gorgée. Je savais que ce n’était pas l’idéal, car je ne pouvais pas calculer avec précision la dose absorbée, mais c’était mieux que rien. Malheureusement pour moi, dès qu’il avait le nez au-dessus du verre, fiston détectait ma supercherie et repoussait le tout, de plus en plus fâché.
Je ne peux m’empêcher de penser aussi à Simone, ma cadette. Lorsqu’elle était bébé, elle refusait systématiquement tout médicament. Jusqu’au jour où j’ai déniché un accessoire en forme de suce permettant d’administrer des médicaments liquides. Derrière la tétine, il y avait un petit réservoir gradué dans lequel on pouvait mesurer la dose à offrir. Elle était tellement accro à sa suce qu’elle acceptait de téter le médicament. Quel soulagement!
Malheureusement, Léonard n’a jamais pris de suce.
Quant à mes deux autres filles, c’est tout le contraire : elles adoraient le goût fruité des médicaments pour enfants. Il fallait leur répéter que ce n’était pas du bonbon et qu’on en offrait uniquement en cas de nécessité. Dès le moindre malaise, elles en demandaient. Leur père et moi prenions soin de bien ranger les flacons hors de portée, afin d’éviter qu’elles en consomment en cachette.
Je repense aussi à ma propre enfance. À l’époque, ma mère écrasait souvent des comprimés et les dissimulait dans un petit bol de Jell-O ou de compote de pommes. J’avalais le tout sans rechigner. Même si je percevais le goût amer du comprimé derrière le sucre des desserts.
Dans le cas des antibiotiques, c’est plus délicat. La dose doit être précise et absorbée au complet. Simone a fait une otite lorsqu’elle était bébé et les 10 jours qu’a duré le traitement ont été une lutte constante. Je nous revois, les deux parents, immobilisant notre Bobinette et forçant un chemin au coin de ses lèvres pour lui faire avaler son médicament à la seringue. J’ai détesté l’expérience.
Et je vous épargne la mise en place des suppositoires… ;-)
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Mise à jour le 4 mars 2026
Publiée originalement le 10 janvier 2018
Photo : GettyImages/SvitlanaMartyn