Cette peur que mes enfants ne respirent plus

Cette peur que mes enfants ne respirent plus
C’est un peu fou, mais depuis que mes enfants sont au monde, j’ai toujours peur qu’ils arrêtent de respirer dans leur sommeil.

Chaque soir, avant de sauter dans mon lit, je passe faire un tour dans la chambre à coucher de mes deux garçons. Toujours dans le même ordre : le plus jeune en premier, puis mon grand par la suite. C’est toujours si agréable de voir ces tornades sur pattes prendre un temps de repos!

Parfois, je dépose un bisou sur leur petit coco, d’autres fois je leur caresse subtilement les cheveux. Mais, en tout temps, je vérifie une chose : s’ils respirent!

Oui, voilà ma plus grande peur de papa!

Si je vais dans leur chambre, c’est pour les admirer, mais aussi pour me rassurer.

C’est un peu fou, mais depuis qu’ils sont au monde, j’ai toujours peur qu’ils arrêtent de respirer dans leur sommeil. Cette crainte me hante moins qu’avant, mais elle est toujours quelque part au fin fond de ma tête et j’ai besoin de vérifier, soir après soir, que le bedon de chacun gonfle, puis dégonfle.

C’était pire lorsqu’ils avaient quelques mois. Jusqu’à 2 ans, disons. Ils étaient tout petits, fragiles, vulnérables, imprévisibles, si dépendants.

Maintenant, je ferme régulièrement leur porte de chambre en me disant : « Pfiou! Ça n’a pas d’allure à quel point ça va vite! »

Ils sont tout aussi jolis qu’avant sinon plus, mais à 4 ans et 6 ans, ils sont en train de devenir de petits hommes. Ce ne sont plus les bébés qu’ils étaient. Avant, je les regardais avec mes yeux tout attendrissants (comme le chat dans Shrek!) et je les trouvais « mignons ». Maintenant, ma perception évolue et je les trouve « beaux ». Je suis fier de les voir grandir, même si ça va parfois un peu trop vite. Je me dis que ma crainte devrait évoluer, voire disparaître complètement au fil du temps.

Mais, non!

Tout l’amour que j’éprouve pour eux vient avec la peur qu’ils cessent subitement de respirer, et ce, même s’ils vieillissent.

C’est un peu intense, mais j’apprends à bien vivre avec ça.

Et, quand je serai vieux et qu’ils viendront dormir à la maison avec leurs enfants, s’ils laissent leur porte entrouverte, il y a fort à parier que je serai incapable de m’empêcher d’aller vérifier que leurs ventres gonflent et dégonflent.

Je pourrai alors me rassurer en me disant que c’est sûrement une preuve de tout l’amour que j’ai pour eux.

Et, le plus subtilement du monde, j’irai peut-être même jusqu’à leur refiler un bisou sur le coco…

 

Jean François Quessy est aussi l’auteur du blogue  Un gars, un père.

 

Photo : GettyImages/JLBarranco

Jean-François Quessy
Je suis un père passionné de deux garçons et je travaille comme thérapeute en relation d'aide.
Toutes les chroniques de l'auteur