Dilemme: milieu familial ou CPE?

Dilemme: milieu familial ou CPE?

Dring! Dring! Dring!

Ce n’est pas le téléphone du bureau, mais bien celui de la maison. Je monte les escaliers du sous-sol à toute vitesse, je me tords de douleur en marchant sur une mini voiture verte aux angles trop pointus; je pile sur la queue du chat,; je renverse la tasse de café que j’avais montée (je-ne-sais-trop pourquoi d’ailleurs!) avec moi, puis j’y suis.

- Oui, allô? Hein? Pas possible. Il y a erreur sur la personne, c’est certain. Vous êtes nouvelle, en « entraînement » et vous venez de commettre une bourde au début de votre première semaine, j’en suis convaincu. Vous savez, madame, ce n’est pas si grave. Tout le monde fait des erreurs, moi le premier! Même pas nécessaire de vous en excuser, je n’ai pas de problème avec ça. Vous me téléphonerez lorsque ce sera le temps, dans 1 an ou 2, peut-être.

- Monsieur Quessy, je vous assure que c’est bel et bien vrai. Je vous appelle pour offrir une place en CPE à votre enfant!

 Voilà! C’était notre tour.

Mon garçon a 21 mois et est inscrit sur la fameuse liste d’attente pour obtenir une place dans un centre de la petite enfance depuis le premier jour où nous avons su que ma conjointe était enceinte.

Nous n’étions pas mal pris, loin de là, puisque nous avions déjà une place dans une garderie en milieu familial affiliée, à quelques coins de rue de chez-nous. Un endroit fantastique avec une responsable attentionnée ayant plusieurs qualités que nous recherchions.

Nous nous étions toujours dit que, lorsque nous aurions la possibilité de transférer vers un CPE, nous le ferions pour 4 raisons :

  • Pour que notre enfant soit dans un groupe avec des jeunes de son âge.
  • Parce que le CPE utilise davantage les programmes éducatifs (ce n’est peut-être pas comme ça partout, mais ici, c’était le cas.).
  • Pour que notre enfant s’habitue à vivre en grand groupe et qu’il prépare, peu à peu, son entrée en milieu scolaire.
  • Parce qu’une première place en CPE aiderait possiblement nos futurs enfants à obtenir une place à leur tour au même endroit (Il n’y a absolument rien d’assuré, mais on se nourrit d’espoir! Qui a envie de faire des va-et-vient entre 2 ou 3 garderies matin et soir?).


Cependant, une fois que nous avons reçu l’appel, nous nous sommes mis à réfléchir à tout ça. Notre garçon n’est quand même pas si vieux et nous trouvons rassurant d’aller le conduire chez une personne de confiance avec qui nous avons un lien privilégié et pour qui nous savons pertinemment que notre enfant a une grande affection. Nous savons aussi qu’il en est de même pour elle et qu’il est entre bonnes mains. Nous avons l’esprit en paix lorsqu’il est avec elle : il mange bien, il est en sécurité,  il joue, il va dehors et il peut se faire faire des « colleux » s’il en ressent le besoin.

Et, si nous faisions volte-face et refusions la place qui nous est offerte en CPE?

Je dois vous avouer que nous avons pris le temps de faire un tableau. D’un côté, les « pour » et de l’autre, les « contre ».

Puis, nous l’analysions en y rajoutant des « Oui, mais... » entre parenthèses.

Il me semble que nous pourrions attendre encore quelques mois avant de l’envoyer dans la « jungle » des grands groupes où il se fera bousculer, arracher ses jouets et où il n’aura pas toujours la même éducatrice. Il est si bonasse et encore si inoffensif! Saura-t-il y faire sa place sans que les autres lui pilent trop sur les pieds?

Nous avons la chance d’avoir un garçon qui s’adapte très facilement. Mais, n’empêche qu’en tant que parents, nous avons nos craintes en le changeant de milieu.

Puis, nous sommes allés visiter le CPE pour nous aider à faire un choix. Fiston en a d’ailleurs profité pour se joindre de bon coeur à ceux qui feraient partie de son futur groupe. Il est spontanément allé jouer à l’extérieur avec les enfants au lieu de demeurer avec nous!  Pendant ce temps, nous posions une foule de questions à la responsable. Au moment de partir, il avait encore les yeux brillants et nous répétait « amis », « amis ».

De longues discussions ont suivi à la maison.

Quelques jours plus tard, nous les rappelions. Non pas pour leur dire « oui » ou « non », mais pour avoir des réponses à la dizaine de nouvelles questions que nous avions trouvées. (Un merci tout spécial à ma conjointe qui a un don inné pour pondre des listes de questions plus vite que son ombre!)

Finalement, oui, notre garçon fera son entrée dans un CPE au cours des prochaines semaines. Ce n’est pas banal, c’est une grosse décision pour un parent et d’autres auraient pu faire un choix différent.

Nous lui parlons régulièrement de sa future éducatrice, nous passons devant le CPE en voiture et lui expliquons qu’il y reviendra bientôt et nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour le préparer et faciliter sa transition.

Le plus important, selon moi, demeure de se faire confiance, mais surtout, de LUI faire confiance. Une fois de plus, je suis convaincu que notre petit homme saura nous épater!

Jean-François Quessy
Je suis un père passionné de deux garçons et je travaille comme thérapeute en relation d'aide.
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