Les préparations pour nourrissons

Les préparations pour nourrissons
18 septembre 2013

Q : Je n’allaite pas mon bébé et j’aimerais avoir des conseils pour m’aider à faire un choix parmi les préparations pour nourrissons que l’on retrouve sur les tablettes. Pouvez-vous me guider?

R : Vous avez bien raison, l’abondante offre de préparations pour nourrissons a de quoi faire tourner la tête! Les fabricants n’y vont pas de main morte quand vient le temps de vanter les mérites de leurs produits, si bien que le choix devient difficile non seulement entre les marques, mais également entre les produits d’une même marque. Voici quelques points pour vous éclairer et orienter votre choix.

Tout d’abord, sachez que les préparations commerciales pour nourrissons sont adaptées aux besoins de base de votre bébé. Elles sont un substitut sécuritaire au lait maternel, lorsqu’elles sont bien préparées.

À base de lait de vache ou de soya?

Le lait de vache, tout comme le lait de chèvre ou les boissons végétales (de soya et autres) ne convient pas aux bébés. C’est pourquoi le lait et le soya utilisés dans les préparations pour nourrissons sont modifiés industriellement de manière à les rendre plus faciles à digérer et à assimiler. C’est notamment la teneur et la taille des protéines, ainsi que la composition en gras qui sont modifiées. Les préparations pour nourrissons à base de lait de vache conviennent à la majorité des bébés. Celles à base de soya trouvent généralement preneur dans les familles végétaliennes ou avec les bébés allergiques ou intolérants au lait.

Enrichies? Le fer, avant tout!

Les fabricants incorporent toutes sortes d’ingrédients dans les préparations pour nourrissons en tentant d’imiter le mieux possible le lait maternel ou en voulant rajouter une valeur à leurs produits : fer, probiotiques, lutéine, galacto-oligossacharides, nucléotides, oméga-3, et plus encore. De tous ces ajouts, c’est le fer qui est le plus important. C’est même une recommandation de la Société canadienne de pédiatrie, des Diététistes du Canada et de Santé Canada que d’offrir des préparations pour nourrissons enrichies de fer jusqu’à l’âge de 9 à 12 mois afin de prévenir l’anémie. La teneur en fer varie du simple au triple dans les préparations qu’on retrouve sur les tablettes. Certaines marques, comme Similac, Enfamil et Bon Départ en incluent suffisamment dans leurs préparations de base. D’autres, Le Choix du Président par exemple, en mettent très peu dans leur produit de base et offrent parallèlement une préparation enrichie de fer. Vérifiez le tableau de valeur nutritive et recherchez au moins 1 mg de fer par portion de 100 ml de préparation reconstituée.

Les autres ajouts, comme les probiotiques et les galacto-oligossacharides, ont, par exemple, pour but de favoriser le développement d’une flore intestinale saine et de contribuer au bon fonctionnement du système immunitaire. La lutéine est un composé antioxydant important pour la santé des yeux. Cela dit, même s’ils ne nuisent pas, ces ajouts ne sont pas essentiels à la croissance et au bon développement de votre bébé. Dans le Mieux vivre avec son enfant de la grossesse à 2 ans, on peut lire : « Ils ne comportent pas d’avantages pour votre bébé. »

Changer de marque ?

Pour la plupart des bébés, il ne semble pas y avoir de problèmes à changer de sorte de préparations pour nourrissons au fil des boires. Certains nourrissons sont toutefois incommodés, surtout durant les premiers jours. Soyez attentifs à ses réactions et évitez de changer trop souvent si c’est le cas de votre bébé.

Préparations pour besoins particuliers

Il existe aussi des préparations spéciales pour nourrissons, conçues pour répondre aux besoins particuliers de bébés allergiques, de petits poids ou ayant d’autres problèmes de santé. Dans ces cas particuliers, la meilleure option est de demander des conseils personnalisés à une nutritionniste.


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Commentaires (11)

  1. Valérie 18 septembre 2013 à 16 h 22 min
    ''Tout d’abord, sachez que les préparations commerciales pour nourrissons sont adaptées aux besoins de base de votre bébé. Elles sont un substitut sécuritaire au lait maternel, lorsqu’elles sont bien préparées.''

    Pourquoi ne pas dire les choses telles qu'elles le sont? Les préparations commerciales pour nourissons sont un remplacement possible pour les nourissons dans les rares cas où l'allaitement n'est pas possible ou pour les mères qui ne désirent pas allaiter. Je crois qu'il serait important de mentionner que l'OMS recommande l'allaitement exclusif jusqu'à 6 mois. Vous pourriez également proposer une conseillère en lactation si un problème d'allaitement survient. Ça n'est pas offensant et ça pourrait aider un parent qui lit cet article en désespoir à 3h du matin car l'allaitement ne fonctionne pas bien...
  2. Véro 18 septembre 2013 à 19 h 16 min
    La question est:

    "Q : Je n’allaite pas mon bébé et j’aimerais avoir des conseils pour m’aider à faire un choix parmi les préparations pour nourrissons que l’on retrouve sur les tablettes. Pouvez-vous me guider?"

    Je ne vois pas pourquoi on devrait venir parler d'allaitement quand la maman indique clairement qu'elle n'allaite pas. Est-ce qu'on pourrait donner un peu d'information sur les préparation commerciales pour nourrisson sans toujours en faire un débat pro-allaitement?

    De plus, elles n'ont pas dit "équivalent au lait maternel" mais bien "sécuritaire"... faut pas chercher des poux là où il n'y en a pas.
  3. Hélène 18 septembre 2013 à 21 h 09 min
    Je suis bien d'accord avec vous Véro.

    Ce n'est pas parce que l'allaitement exclusif est recommandé jusqu'à 6 mois qu'il faut occulter toute information sur les préparations pour nourrisson.
  4. Gabrielle 18 septembre 2013 à 21 h 12 min
    Et les risques du non-allaitement? Les risques associés aux préparations commerciales? Personne n'en parle?
  5. Véro 19 septembre 2013 à 21 h 12 min
    Au risque de me répéter, ça ne répondrait pas à la question initiale. Ça sert strictement à rien d'énumérer à une maman qui n'allaite pas tous ces fameux "risques": elle n'allaite pas et ne commencera probablement pas après plusieurs semaines parce qu'on lui rabâche encore la même rengaine qu'elle a probablement lu et entendu à mainte reprise.

    Ah l'allaitement (ou plutôt le non allaitement)... un sujet tellement sensible. Les hormones, j'imagine.
  6. Lili 20 septembre 2013 à 11 h 05 min
    À Valérie,
    Faisant partie des "rares cas où l’allaitement n’est pas possible", j'étais bien contente de lire dans Comment nourrir son enfant de Louise Lambert-Lagacée que les préparations pour nourrissons sont un substitut sécuritaire au lait maternel. J'avais vraiment besoin qu'une source de confiance me le dise pour m'aider à traverser mon deuil de l'allaitement. Il s'agit d'un des pires moments de ma vie, sans doute amplifié par les hormones, où je passais mon temps à pleurer en donnant un biberon à mon bébé alors que ça aurait dû être un moment privilégié avec lui.
    On le sait que l'allaitement maternel est ce qu'il y a de mieux pour l'enfant. On nous l'a assez dit.
    Pour toutes les mamans qui n'allaitent pas, quelles que soient leurs raisons, je remercie l'équipe de Naître et grandir pour cet article instructif, rassurant et non culpabilisant.
  7. Véro 20 septembre 2013 à 17 h 12 min
    Je n'aurais pas mieux dit, Lili. Merci pour cette réponse respectueuse et pleine de tact.
  8. Stéphanie 23 septembre 2013 à 20 h 01 min
    Moi aussi je suis d'accord avec toi. Il y a tellement de pression social pour l'allaitement! Je crois que c'est malsain d'autant insister. C'est presque un "brain wash".. A ma sortie de l'hôpital, même après l'aide dune intervenante en allaitement, je n'y arrivais pas. J'essayais, je ne fournissais pas. Tous les remords et la culpabilité que je ressentais.. Quelle mauvaise mere je suis... J'essayais de trouver un article sur internet qui pouvais me donner un sentiment sécuritaire face aux préparations lactées.. Très difficile car on ne fait que donner les points négatifs par rapport au non allaitement... Jusqu'à ce qu'une infirmière me dise que les préparations lactées n'étaient pas le démon! Je ne serais pas une mauvaise mère si je décidais de changer de méthode... Une lumière venait d'apparaître. Je voyais enfin un encouragement! Vraiment dire la lumière au bout du tunnel.. Cette nuit la j'ai "dormi" pour la première fois depuis les 5 derniers jours! Ma fille se porte très bien et je trouve que ce sujet sur les préparations commerciales est un encouragement pour les femmes qui n'allaient pas. J'aurais bien aimé le voir en juillet dernier! Merci pour ces infos très pertinentes!
  9. Hélène 23 septembre 2013 à 20 h 30 min
    J'ai vécu sensiblement la même chose que vous. Une copine psy m'a alors réconforté en me disant que j'étais mieux de donner le biberon avec amour, que mon bébé ressentait cette tendresse que j'avais pour lui dans ces moments-là. Et mon mari de rajouter en me voyant en larmes: "Ben là, on est quand même pas en train de l'empoisonner!" Même mon obstétricienne m'a soutenue dans ce sens.

    L'allaitement est le choix numéro 1, personne ne dit le contraire. Derrière chaque biberon qui se donne, il y a un espoir déçu, un histoire triste, une mère qui culpabilise.

    C'est très difficile de trouver le support afin de se rendre confortable et heureux avec la préparation. Alors, merci au groupe de nutritionniste d'avoir pris le temps d'aider les mères qui sont prises avec cette réalité. Nous trouvons peu d'information pour nous aider, surtout de l'information pour nous culpabiliser encore un peu plus.
  10. Soso 28 septembre 2013 à 23 h 03 min
    Lorsque j'ai dit à conseillère en allaitement que je donnais parfois de la préparation commerciale en poudre à mon nouveau-né suite à des problèmes d'allaitement, elle m'a fusillé du regard en me disant vertement que je pourrais au moins lui donner la préparation concentrée en liquide (canne). Son raisonnement? Celle en poudra avait tué (oui, tué) quelques bébés âgés de moins de 2 mois, donc je DEVAIS changer. Bien sûr, je l'ai écouté. Que faire d'autre? En deuil de l'accouchement naturel, en deuil d'un allaitement qui allait se terminer, je n'allais toute de même pas prendre le risque d'empoisonner mon bébé!

    Mais après, je me suis dit quelle connerie! On le saurait, et ça ne se vendrait pas. Que de temps passé à préparer et chauffer les biberons, alors que la poudre se fait en un tournemain avec de l'eau déjà bouillie et tempérée.

    Toutes ces histoires d'allaitement, de biberons... Si seulement dans les cours prénataux on avait l'heure juste. Dire que certaines personnes âgées ont été nourri au lait carnation (!!!) et qu'elles s'en portent très bien aujourd'hui.
  11. Marie 3 octobre 2013 à 12 h 57 min
    Bonjour,

    Suite, moi aussi, à une impossibilité d'allaiter malgré tous mes efforts et ceux de la conseillère en allaitement j'en suis venue aux préparations. Par contre, j'ai été surprise de trouver de l'huile de palme et de la taurine dans les préparations Enfamil, Similac et Kirland. Pouvez-vous me dire s'il est possible de trouver de la préparation sans cette huile et si la taurine est la même que nous retrouvons dans les boissons énergisante ?
    Merci !