Tout-petits et maltraitance: une situation préoccupante

Tout-petits et maltraitance: une situation préoccupante

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En un an, la DPJ a compté 7 700 signalements fondés de maltraitance chez les enfants de 5 ans et moins, soit en moyenne 20 nouveaux cas par jour.

31 mai 2017 | En 2015-2016, la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) a compté 7 700 signalements fondés de maltraitance concernant les enfants de 5 ans et moins. Cela équivaut à environ 20 nouvelles situations de maltraitance par jour, révèle le plus récent dossier de l’Observatoire des tout-petits. Les principaux motifs de signalements concernaient la négligence et l’abus physique.

Selon le dossier de l’Observatoire des tout-petits, la maltraitance à l’endroit des enfants de 5 ans et moins serait en augmentation depuis une dizaine d’années. Le taux de signalements jugés fondés a augmenté de 27 % depuis 2007-2008.

Par ailleurs, cette situation ne pourrait être que la pointe de l’iceberg. En effet, ces nouvelles données pourraient sous-estimer l’ampleur de la situation puisque ce ne sont pas toutes les situations de maltraitance qui sont signalées à la DPJ.

Au Québec, la Loi sur la protection de la jeunesse permet à la DPJ d’intervenir dans les situations d’abandon, de négligence, de mauvais traitements psychologiques, d’abus sexuels et d’abus physiques.

Les données recueillies auprès des services de protection révèlent toutefois que la sévérité des situations de maltraitance a diminué. La proportion d’enfants maltraités qui sont soumis à plus d’une forme de mauvais traitements, qui ont subi des blessures ou qui ont vécu des séquelles psychologiques était moins importante en 2014 qu’en 1998.

Par contre, la proportion d’enfants maltraités ayant vécu de la maltraitance à plusieurs reprises a augmenté entre 2008 et 2014. Cette situation demeure donc préoccupante, car la maltraitance a des conséquences importantes sur la vie des enfants touchés. Plus la maltraitance est fréquente et persistante, plus ses effets seront importants.

La maltraitance affecte également plusieurs aspects du développement des tout-petits, c’est-à-dire autant leur développement cognitif et physique que leur développement affectif et social.

Existe-t-il des facteurs de risque?

La maltraitance envers les tout-petits ne peut pas s’expliquer par un seul facteur. C’est plutôt l’exposition à plusieurs éléments défavorables qui augmenterait le risque qu’un enfant soit maltraité. L’Observatoire des tout-petits souligne les facteurs de risque suivants :

  • des conditions socio-économiques difficiles, comme la pauvreté, la monoparentalité ou le manque de soutien social;
  • le stress vécu par les parents, notamment concernant la conciliation travail-famille;
  • le fait d’être favorable à la punition corporelle;
  • la dépression, l’anxiété et les troubles de la personnalité chez le parent;
  • la consommation abusive d’alcool et de drogues chez le parent.

Selon les statistiques, plusieurs familles québécoises vivent l’une ou l’autre de ces situations. C’est pourquoi l’Observatoire des tout-petits insiste sur l’importance d’agir collectivement pour offrir aux tout-petits et à leur famille le soutien dont ils ont besoin.

Le dossier qui vient d’être publié propose d’ailleurs plusieurs mesures sociales qui ont démontré leur efficacité ou qui se sont avérées prometteuses ailleurs dans le monde, par exemple :

  • favoriser l’accès à des logements et à des milieux de vie de qualité;
  • offrir de l’aide financière aux familles dans le besoin;
  • offrir du soutien aux parents par des intervenants formés;
  • favoriser l’accès à des services de garde de qualité tôt dans la vie de l’enfant.

 

Source : Observatoire des tout-petits


Équipe Naître et grandir

Naitre et grandir.com

 

Photo : GettyImages/bholland

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