Allergies: les enfants ne seraient pas assez exposés aux microbes

Allergies: les enfants ne seraient pas assez exposés aux microbes

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Les résultats d’une étude internationale confirment l’hypothèse selon laquelle un enfant doit être exposé aux microbes pour que son système immunitaire se développe normalement.

15 juin 2016 | Les habitudes de vie individuelles ne seraient pas les seules responsables de l’augmentation chez les enfants des allergies et de certaines maladies, comme le diabète de type 1. Une étude réalisée par une équipe internationale de chercheurs révèle que l’environnement aurait aussi un rôle à jouer.

Les résultats de cette étude confirment l’hypothèse selon laquelle un enfant doit être exposé aux microbes dans son environnement pour que son système immunitaire se développe normalement. Sans cette exposition, les mécanismes de défense de l’enfant deviennent exagérés, ce qui peut provoquer des allergies ou des maladies auto-immunes, comme le diabète de type 1.

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont étudié 222 enfants originaires de la Finlande, de l’Estonie et de la Carélie, une région rurale de la Russie relativement pauvre. Bien que ces trois endroits soient à proximité les uns des autres, de précédentes études ont démontré que la fréquence des allergies était de deux à trois fois plus grande en Finlande et qu’on y trouvait de cinq à six fois plus de cas de diabète de type 1. Depuis quelques décennies, la situation des enfants estoniens serait de plus en plus similaire à celle des enfants finlandais.

En analysant pendant 3 ans les selles des tout-petits qui participaient à l’étude, les chercheurs ont pu constater que leur flore bactérienne variait énormément d’une région à l’autre. Par exemple, dans les selles des enfants russes, on retrouvait davantage de bactéries pouvant jouer un rôle dans le développement du système immunitaire.

Selon les auteurs de l’étude, cette différence ne peut pas s’expliquer seulement par les habitudes individuelles des familles, comme l’alimentation et l’allaitement. Les mères finlandaises de l’étude ont d’ailleurs allaité plus longtemps que les mères russes. Les chercheurs croient plutôt qu’un ensemble de facteurs propres à une région influencerait le développement du système immunitaire des tout-petits. Par exemple, beaucoup d’enfants de la Carélie buvaient de l’eau non traitée. Ils seraient ainsi davantage exposés aux microbes que les tout-petits finlandais ou estoniens. D’autres études ont d’ailleurs déjà confirmé que les maisons en Russie abritent plus de microbes que celles en Finlande.

Les chercheurs mentionnent toutefois que leurs résultats ne signifient pas qu’il faut abandonner toute mesure d’hygiène, notamment le lavage des mains. En effet, ces pratiques permettent de diminuer les infections. La prévention des allergies et celle des maladies infectieuses ne sont pas incompatibles, soulignent les auteurs de l’étude. Ils recommandent toutefois aux parents de donner des antibiotiques uniquement lorsque cela est nécessaire et de ne pas s’inquiéter si, par exemple, leur enfant mange parfois un peu de terre ou si un chien lui lèche le visage.


Sources : Slate, New York Times et Cell

Kathleen Couillard – Agence Science-Presse

 

Photo : iStock.com/jonas unruh

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