La communication entre partenaires

La communication entre partenaires
À l’arrivée de bébé, la communication entre partenaires est une clé pour faire face aux changements.


L’arrivée d’un enfant amène son lot de nouveautés et bouscule la vie des couples. Malgré les grandes émotions, certaines inquiétudes et le stress lié à leurs nouvelles responsabilités, il est important que les partenaires maintiennent une bonne communication entre eux pour faire équipe dans leur nouvelle vie de parents.

Pourquoi les parents doivent-ils maintenir une bonne communication?

Il existe plusieurs bonnes raisons de maintenir une bonne communication tout au long de votre vie de parents. Voici lesquelles.

Pour parler de vos émotions

Les premières semaines suivant l’arrivée d’un bébé, les parents éprouvent souvent toutes sortes d’émotions nouvelles, inattendues et contradictoires. C’est normal, car ils doivent affronter beaucoup de changements (ex. : nouvelles responsabilités, nouvelles routines, manque de sommeil, etc.) Ils peuvent se sentir dépassés, fatigués, anxieux et même coupables de ne pas toujours être heureux.

Il est toujours bon de pouvoir parler librement de ce qu’on ressent avec l’autre parent sans se sentir jugé. Cela permet de se sentir normal, et parfois juste le fait d’en parler peut faire du bien. D’ailleurs, les couples qui communiquent au quotidien ressentent davantage de connexion émotionnelle et s’adaptent mieux au stress qui vient avec la venue d’un enfant.

Partager vos émotions avec votre partenaire est une bonne habitude à prendre, car même quand il n’est plus bébé, un enfant fait vivre plusieurs émotions à ses parents.

Pour vous soutenir et apprivoiser votre vie de parents

Pour former une bonne équipe parentale, il est important de s’encourager et de reconnaître l’engagement de l’autre. Il faut donc maintenir une bonne communication pour soutenir son partenaire et reconnaître que ce qu’il fait, il le fait bien. Faire preuve d’empathie et se montrer solidaire sont aussi des éléments clés pour maintenir une bonne relation de couple.

C’est aussi une bonne idée que les parents partagent ensemble les interventions ou les petits gestes qui fonctionnent bien avec leur enfant, par exemple pour le calmer, le réconforter ou l’amuser. Tous ces échanges permettent de bâtir une confiance en leurs compétences parentales.

Pour prendre des décisions communes

Il est important que les parents forment une équipe pour agir, autant que possible, de la même façon avec leur tout-petit. Comme chacun a son vécu et voit les choses à sa manière, il est souhaitable que les partenaires s’entendent entre eux sur les valeurs à transmettre à leur enfant, sur les règles et les limites de même que sur l’organisation du quotidien.

L’enfant se sent rassuré quand il voit que ses parents agissent de façon cohérente. Quand il sait à quoi s’attendre et ce qu’il peut faire ou non, un enfant se sent également plus en confiance et vit moins d’anxiété. Ces discussions doivent revenir souvent puisque les règles changent à mesure que l’enfant grandit.

En cas de désaccord, il est important que les parents continuent de se parler sur un ton calme et respectueux. Il est bon de se rappeler que chaque parent a à coeur le développement de l’enfant. Quand ils ont des avis différents, les partenaires devraient miser sur la recherche de compromis et de solutions.

Pour partager les responsabilités

Les tâches et les responsabilités augmentent avec la venue d’un enfant. Il y a des corvées ménagères qui augmentent (ex. : lavage, vaisselle, cuisine) et tous les soins à donner à l’enfant qui occupent maintenant le quotidien des parents, et cela pour plusieurs années à venir. À cela s’ajoute la planification de la vie familiale : liste d’épicerie, inscription à la garderie, prise de rendez-vous chez le médecin, etc. C’est ce qu’on appelle la « charge mentale » et ce sont souvent les femmes qui en prennent la responsabilité.

Les partenaires doivent donc discuter ensemble pour faire en sorte que la répartition du travail et le partage des tâches (autant les tâches domestiques que les tâches mentales) soient équitables. Un bon partage des tâches permet à chaque parent de profiter pleinement de leur tout-petit et d’apprécier son rôle, en plus de contribuer à construire une solide équipe-parent.

De plus, le partage des tâches et des responsabilités de la vie familiale aide à diminuer le stress des parents. Cela évite aussi qu’un des partenaires en ait plus sur les épaules et s’essouffle à essayer de tout faire. Les parents ne devraient pas hésiter à se parler pour revoir le partage des responsabilités, si un des deux se sent dépassé ou épuisé.

Pour rester amoureux

Les parents consacrent beaucoup de temps à s’occuper de leur enfant, à gérer le quotidien et à concilier famille et travail. Il est toutefois important d’accorder du temps à son couple. Prendre le temps de discuter ensemble permet de partager ses joies, ses peines, ses inquiétudes, et donc de retrouver des moments de complicité.

Lorsque les parents prennent le temps de se parler chaque jour, même si ce n’est que quelques minutes, pour savoir par exemple comment va l’autre et comment s’est passée sa journée, ils passent des moments agréables et entretiennent la base d’une relation amoureuse saine et durable.

Des conseils pour bien communiquer entre partenaires

Voici quelques suggestions pour bien communiquer avec votre partenaire :

  • Prévoyez un temps dans la journée pour parler de ce que vous ressentez, que ce soit du bonheur ou du chagrin. Prenez aussi le temps de demander à votre partenaire comment il va et comment il a trouvé sa journée. Dans ces moments, laissez de côté les distractions comme votre téléphone et gardez le contact visuel avec votre partenaire.
  • Soyez à l’écoute de votre partenaire et ne le jugez pas. Vous ne vivez peut-être pas les choses de la même façon. Comprendre ce que vit l’autre ou comment il voit les choses permet d’éviter bien des malentendus et des conflits. Gardez en tête que l’objectif est de faire une bonne équipe comme parents et comme couple, et non d’avoir raison à tout prix.
  • Parlez de vos attentes et de vos besoins. Si vous vivez des frustrations, parlez-en aussi avec votre partenaire, mais dans le respect et sans faire de reproches. Ainsi mieux vaut dire : « J’ai besoin que tu m’aides plus le matin pour faire ceci ou cela », au lieu de : « Tu ne fais jamais rien pour m’aider le matin! »
  • Évitez d’entamer des discussions sur des sujets délicats quand vous êtes trop fatigués. Si vous êtes en colère contre votre partenaire, attendez d’être calme avant de lui parler.
  • Encouragez-vous dans votre rôle de parents et soulignez les bons coups de l’autre. Cela peut se faire simplement avec de petites phrases comme : « Super, tu as fait l’épicerie! », « Merci pour le bon souper! » ou « Ça s’est bien passé pour le bain de la petite! ».
  • Discutez de ce que votre enfant a fait pendant la journée et réjouissez-vous ensemble de ce que vous vivez et des progrès de votre tout-petit.
  • Entendez-vous sur les valeurs à donner à votre enfant et sur quelques règles importantes pour agir de manière semblable et cohérente avec lui.
  • Discutez des tâches à réaliser ainsi que des choses à penser et partagez-vous les responsabilités. N’hésitez pas à revoir ce partage au fil du temps. Les tâches changent et de nouvelles s’ajoutent à mesure que votre enfant grandit et que la famille grossit. L’important, c’est que les deux partenaires participent et que le partage soit équitable en fonction du temps de chacun.
  • Décidez ensemble de la manière dont vous devez modifier et adapter votre style de vie à votre vie de famille. Par exemple, si l’argent est une source de stress, discutez des changements à apporter à votre budget et de la façon de les gérer.
  • Trouvez du temps pour parler de vous deux et de vos projets. Cela vous permet de vous voir comme un couple, et pas seulement comme des parents, et de cultiver votre complicité amoureuse.
  • Prenez les devants pour ouvrir la discussion avec votre partenaire quand vous constatez que quelque chose ne va pas. Proposez votre soutien par exemple quand vous notez des indices de stress, de déprime, de tristesse, de colère, d’épuisement ou de découragement. Vous pouvez dire : « Je veux t’aider, par quoi puis-je commencer? » ou « Je sens que quelque chose te dérange, veux-tu que l’on prenne du temps pour en parler? ».

Quand demander de l’aide?

Il peut arriver que des parents s’éloignent et perdent l’habitude de se parler au point où ils n’arrivent plus à communiquer ensemble. Il peut alors être utile d’aller chercher l’aide d’un professionnel (ex. : psychologue, psychothérapeute, travailleur social). C’est le cas par exemple :

  • si vous sentez que vous et votre partenaire prenez vos distances et que la situation ne s’améliore pas même si vous lui avez fait part de vos inquiétudes et de votre désir de communiquer davantage;
  • si les disputes avec votre partenaire sont fréquentes et s’enveniment rapidement.

Il est conseillé de ne pas attendre trop longtemps avant de consulter si vous avez besoin d’aide. Il est plus facile de faire des ajustements quand il n’y a pas trop de tensions et de frustrations accumulées. Votre CLSC peut vous aider à trouver une ressource dans votre secteur.

Si vous partenaire exprime de la détresse ou si vous notez qu’il ou elle communique de moins en moins malgré vos efforts pour le faire en plus de montrer des signes d’irritation, de stress, de déprime ou de tristesse, il est aussi conseillé de demander l’aide d’un professionnel. Cela pourrait être lié à des symptômes de dépression. Vous pouvez par exemple appeler la ligne Info-Social 811. Un intervenant psychosocial pourra vous aider et vous orienter vers d’autres ressources au besoin.

À retenir

  • Maintenir une bonne communication permet aux parents de sencourager, de sentendre sur les mêmes règles, de partager les responsabilités et de rester complices.
  • Prendre chaque jour un moment pour parleravec votre partenaire de vos émotions, rester à lécoute de lautre et nommer vos besoins sans reproches sont de bons moyens de bien communiquer.
  • Si vous narrivez plus à communiquer avec votre partenaire et que vos disputes sont fréquentes, il peut être utile daller chercher laide dun professionnel pour rétablir les ponts.

 

Naître et grandir

Révision scientifique : Lory Zephyr, psychologue
Recherche et rédaction :Équipe Naître et grandir
Mise à jour : Mai 2021

 

Photos : GettyImages/kupicoo et SDI Productions

 

Ressources et références

Note : Les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est possible qu’un lien devienne introuvable. Veuillez alors utiliser les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

  • FERLAND, Francine. Petit guide pour parents épuisés : vers un quotidien plus serein. Montréal, Éditions du CHU Sainte-Justine, coll. « Parlons Parents », 2021, 168 p.
  • GOTTMAN, John M. Les couples heureux ont leurs secrets : les sept lois de la réussite. Éditions Pocket, 2006, 343 p.
  • GOTTMAN, John M. et Julie SCHWARTZ GOTTMAN. And Baby Makes Three: The Six-Step Plan for Preserving Marital Intimacy and Rekindling Romance After Baby Arrives. Crown/Three Rivers Press, 2008, 272 p.
  • JOHNSON, Sue. Serre-moi fort! : sept conversations pour une vie entière d’amour. Éditions Le Livre de Poche, 2014, 384 p.
  • KLEINDIENST, Anne-Claire. Petit décodeur illustré des parents en crise : quand la crise nous invite à renouveler la relation. Mango, 2020, 192 p.
  • LIGNE PARENTS. 1 800 361-5085 ou ligneparents.com
  • ORDRE DES PSYCHOLOGUES DU QUÉBEC. ordrepsy.qc.ca
  • PREMIÈRE RESSOURCE, AIDE AUX PARENTS. 514 525-2573, 1 866 329-4223 ou premiereressource.com
  • RÉSEAU DES CENTRES DE RESSOURCES PÉRINATALES DU QUÉBEC. rcrpq.com

 

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