La dyslexie: les signes à surveiller en bas âge

La dyslexie: les signes à surveiller en bas âge
La dyslexie ne peut pas être détectée en bas âge, mais des signes peuvent laisser penser qu’un enfant pourrait avoir de la difficulté à apprendre à lire.


Même s’ils ne vont pas encore à l’école, certains enfants peuvent présenter des signes indiquant qu’ils pourraient avoir de la difficulté à apprendre à lire plus tard en raison d’un trouble d’apprentissage appelé dyslexie. Ces signes ne doivent pas être pris à la légère, car ils peuvent aider au dépistage précoce de la dyslexie, améliorant ainsi les chances de réussite scolaire.

Si votre enfant a plus de 5 ans, consultez notre fiche La dyslexie.

Qu’est-ce que la dyslexie?

La dyslexie est un trouble d’apprentissage d’origine neurologique. Il s’agit donc d’un problème de fonctionnement dans le cerveau, et non d’un problème d’intelligence ni de stimulation. Plusieurs études suggèrent que la dyslexie est héréditaire.

Contrairement à la croyance populaire, tous les enfants dyslexiques n’inversent pas les lettres. De même, ils ne confondent pas toujours les b avec les d, ou les p avec les q.

Un enfant qui souffre de dyslexie a de la difficulté à reconnaître les mots. En lisant, il oublie parfois des lettres, les inverse ou les remplace par d’autres sans faire exprès, ce qui nuit à la vitesse et à la précision de sa lecture. Certains enfants dyslexiques ne font pas d’erreurs en lisant, mais leur vitesse de lecture est très lente. Peu importe que l’enfant lise lentement ou vite, qu’il fasse beaucoup d’erreurs ou non, il peut avoir de la difficulté à comprendre ce qu’il lit.

De 10 % à 20 % des enfants d’âge scolaire ont de la difficulté à lire. Parmi ceux-ci, environ 5 % seraient dyslexiques. La probabilité d’être dyslexique monte à 50 % si l’un des parents l’est ou si quelqu’un de la famille présente un trouble de langage.

Les signes de dyslexie à surveiller

Dès l’âge de 3 ans, certains signes permettent de penser qu’un enfant est susceptible de présenter des difficultés dans l’apprentissage de la lecture plus tard. Toutefois, la dyslexie ne peut pas être diagnostiquée avant que l’enfant commence à lire et à écrire. En fait, le diagnostic n’est généralement pas posé avant la troisième année du primaire.

Si un membre de votre famille a eu beaucoup de difficultés à apprendre à lire, votre enfant pourrait, lui aussi, avoir cette difficulté.

Voici les signes à surveiller :

  • Il a du mal à apprendre les couleurs.
  • Il a de la difficulté à apprendre les nouveaux mots entendus au cours des activités quotidiennes.
  • Il utilise énormément de mots passe-partout (choses, affaires, etc.).
  • Il n’aime pas du tout jouer avec les sons (rimes, comptine, inventer de nouveaux mots, etc.).
  • Son entourage a de la difficulté à le comprendre parce qu’il fait trop d’erreurs de sons dans les mots ou qu’il n’utilise pas bien les mots dans ses phrases.
  • Il a peu ou pas du tout d’intérêt pour les livres et les histoires.

Si votre enfant de 3 ans ou plus présente une ou plusieurs de ces caractéristiques, consultez votre médecin ou une orthophoniste. Pour trouver une orthophoniste, visitez le site de l’Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec.

L’importance de dépister la dyslexie le plus tôt possible

Un dépistage précoce des difficultés liées à l’apprentissage de la lecture est important. Des études ont montré qu’il est plus facile de prévenir ces difficultés avant leur apparition plutôt que d’essayer de les surmonter quand l’enfant est en situation d’échec scolaire.

Par ailleurs, la lecture est nécessaire pour tous les apprentissages scolaires, que ce soit les mathématiques, les sciences ou l’histoire. Par conséquent, des difficultés de lecture n’ont pas des conséquences seulement pour le cours de français, mais pour toutes les matières. De plus, l’enfant qui présente des difficultés de lecture pourrait avoir une moins bonne estime de lui-même et vivre des défis émotifs importants (ex. : humeur instable, manque de persévérance, difficulté à exprimer ses émotions, manque de motivation à l’école, etc.) liés à ses échecs scolaires répétitifs.

Aider l’enfant qui présente des signes de dyslexie

Avant même l’entrée à l’école de votre enfant, vous pouvez lui proposer des activités qui faciliteront son apprentissage de la lecture lorsqu’il sera plus vieux.

Si votre tout-petit présente des signes de dyslexie, parlez-lui plus lentement avec une intonation qui fait ressortir les mots plus importants. Pour l’aider à apprendre de nouveaux mots, utilisez un vocabulaire précis et répétez souvent un même mot pour qu’il le retienne (ex. : « Regarde la libellule! La libellule est posée sur la fleur. La libellule a un grand corps et de longues ailes. Les libellules sont de jolis insectes! »).

De plus, assurez-vous d’utiliser les vrais mots et des phrases complètes lorsque vous lui parlez, et non des mots et des phrases « de bébé » (ex. : dites « biscuit » au lieu de « kiki » et « Tu veux du lait? » à la place de « Veux lait? »). Vous serez ainsi un bon modèle pour lui.

Faites aussi tous les jours des activités qui renforcent ses habiletés langagières telles que lui lire des histoires, réciter des comptines, jouer avec les sons des mots (ex. : faire des rimes, couper les mots en syllabes, etc.). Après la lecture, vous pouvez poser des questions à votre tout-petit pour vérifier sa compréhension de l’histoire et de certains concepts de temps (ex. : Où sont les enfants au début de l’histoire? À la fin? Qu’est-ce que le garçon a fait pour régler son problème?). S’il ne connaît pas la réponse, donnez-la-lui.

Vous pouvez également profiter des jeux de rôle pour initier votre enfant à l’écriture. Comme ces jeux sont des moments où les enfants imitent les adultes, vous pouvez inviter votre tout-petit à prendre un crayon et un papier pour, par exemple, faire semblant de prendre les commandes lorsque vous jouez au restaurant ou pour prescrire un médicament à son toutou chien qui est malade.

Les bases nécessaires à l’apprentissage de la lecture
Le premier pas vers l’apprentissage de la lecture consiste, pour un tout-petit, à être conscient des sons qui composent un mot qu’il entend. Dès l’âge de 4 ans, la plupart des enfants aiment jouer avec les sons de leur langue. Les rimes les fascinent et la capacité d’en faire (ex. : plat – chat) est un indice certain qu’ils ont en main un outil important pour apprendre à lire. Un tout-petit qui ne s’intéresse pas du tout à ce type de jeu d’exploration, même s’il y est souvent incité par l’adulte, est susceptible de présenter une difficulté dans l’apprentissage de la lecture.
Une fois que l’enfant est conscient qu’un mot est composé de plusieurs sons, il doit comprendre que les lettres de l’alphabet correspondent aux sons du langage. Il pourra alors reconnaître les syllabes écrites puis les mots, et les associer au vocabulaire qu’il connaît.
Après avoir reconnu les mots écrits, l’enfant aura à les combiner avec les autres mots de la phrase et du texte pour bien comprendre ce qu’il lit. S’il comprend bien le langage parlé, il aura davantage de facilité à comprendre ce qu’il lit. Sa capacité à imaginer la suite de ce qu’il lit ou de ce qu’il entend l’aidera aussi à comprendre les histoires.

 

À retenir

  • Un enfant en bas âge peut présenter des signes qui peuvent laisser penser qu’il va souffrir de dyslexie. Ce trouble d’apprentissage ne peut toutefois pas être diagnostiqué avant qu’il ait appris à lire et à écrire.
  • Il est important de dépister les manifestations de dyslexie et d’intervenir sur celles-ci lorsque l’enfant est jeune afin de prévenir les échecs scolaires.
  • Si un membre de la famille présente un trouble de langage ou de lecture, l’enfant a plus de chance d’en être atteint lui aussi.

 

Naitre et grandir.com

Révision scientifique : Geneviève Côté, M.O.A., orthophoniste
Recherche et rédaction :
Équipe Naître et grandir
Mise à jour : Avril 2020

 

Photo : iStock.com/WebSubstance

 

Ressources et références

Note : Les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est donc possible qu’un lien devienne introuvable. Dans un tel cas, utilisez les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

  • COLLECTIF. Dyslexie, dysorthographie, dyscalculie : bilan des données scientifiques. 2007. www.ipubli.inserm.fr
  • CÔTÉ, Geneviève et Solène BOURQUE. Parler pour grandir. Québec, Éditions Midi trente, 2014, 144 p.
  • ORDRE DES ORTHOPHONISTES ET AUDIOLOGISTES DU QUÉBEC. Prévenir les difficultés de la lecture dès l’âge de 12 mois? C’est possible. Communiqué de presse, mai 2012. www.ooaq.qc.ca
  • ST-PIERRE, Marie-Catherine et autres. Difficultés de lecture et d’écriture : prévention et évaluation orthophonique auprès des jeunes. Québec, Presses de l’Université du Québec, 2010, 298 p.
  • TREMBLAY, Marianne et Martine TRUSSART. Laisse-moi t’expliquer… la dyslexie. Québec, Éditions Midi trente, 2011, 40 p.

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