L'enfant qui argumente sans cesse

L'enfant qui argumente sans cesse
Votre enfant remet en question toutes vos décisions! Comment éviter qu’il vous réponde.

Vers 3 ans à 5 ans, l’enfant maîtrise de mieux en mieux le langage. Il devient alors plus habile à exprimer ce qu’il veut et ce qu’il ne veut pas et à répéter les arguments qu’il entend. Ainsi, il peut s’en servir pour négocier, par exemple : « Je ne peux pas ramasser les jouets parce que ça me fatigue. » Il est également à l’affût des injustices « Pourquoi je ne peux pas manger du chocolat et toi tu en manges, papa? » Il a aussi le sentiment de ne plus être un bébé. Il veut donc décider de ce qu’il veut faire et quand!

Il est normal qu’un enfant conteste à l’occasion les règles qui lui sont imposées. Cependant, certains tout-petits le font plus souvent ou avec plus d’intensité que d’autres en raison de leur tempérament.

Quelques stratégies si votre enfant argumente

  • Reconnaissez son désir. Par exemple, s’il veut continuer à jouer lorsque c’est l’heure du bain, dites-lui : « Je sais que tu voudrais jouer encore, mais il faut maintenant aller prendre ton bain. » S’il se sent compris, il sera probablement plus coopératif.
Votre place de parent vous autorise à prendre les décisions sans avoir à vous justifier longuement.
  • Proposez-lui des choix. Dites-lui par exemple : « Quel pyjama veux-tu mettre? Le bleu ou le vert? » En le laissant choisir, vous lui donnez un peu de contrôle. Il aura ainsi moins tendance à s’obstiner.
  • Évitez les menaces. Dire par exemple : « Si tu ne ranges pas tes jouets, je vais les jeter » crée de la peur et de la colère chez votre enfant, ce qui ne l’encourage pas à vous écouter. De même, si vous ne mettez pas vos paroles en application, il constatera que ce que vous dites est sans conséquence et il en viendra à vous manquer de respect.
  • Évitez de marchander. Les phrases du type « Si tu t’habilles maintenant, tu auras du chocolat » apprennent à votre tout-petit qu’il peut négocier pour obtenir des privilèges.
  • Ne discutez pas trop longtemps et passez rapidement à l’action. Une fois les raisons de votre exigence expliquées, ne les répétez pas, surtout si cela concerne une routine que votre enfant connaît bien. Si vous répondez à chacun de ses arguments, il aura l’impression qu’il peut poursuivre la négociation. Dites-lui plutôt : « Tu sais très bien pourquoi. La discussion est finie. C’est moi la maman/le papa et là-dessus, c’est moi qui décide. »
  • Soyez ferme lorsqu’il s’agit de règles auxquelles vous tenez. Si vous manquez de constance, votre enfant essaiera davantage de négocier, sachant qu’il pourrait avoir le dernier mot.
  • Respectez-vous. Il est préférable de dire clairement ce que vous ressentez et ce que vous voulez dans le calme, plutôt que d’attendre et d’exploser en montrant vos limites. « J’en ai assez de répéter. Tu sais ce que j’attends de toi. Même si tu m’en parles encore, je continuerai à dire : "Non, c’est dangereux!" »

Comment diminuer la fréquence des négociations

Comme votre tout-petit doit encore se plier à beaucoup de règles et qu’il a peu de contrôle sur son quotidien, il se sent souvent frustré. Pour sentir qu’il a un peu de contrôle, il peut se mettre à contester vos décisions.

Voici ce que vous pouvez faire pour diminuer sa frustration et, ainsi, la fréquence des négociations.

  • Faites des jeux de rôle où votre tout-petit est le parent et vous, l’enfant. Il aura peut-être envie de vous donner des ordres comme : « Viens prendre ton bain! Range tes jouets! Arrête de courir! » N’hésitez pas à répliquer comme il le ferait : « Plus tard. Ça ne me tente pas. Pourquoi je dois prendre mon bain et pas toi? » Exercer un peu d’autorité le temps d’un jeu permet à votre tout-petit de mieux tolérer les situations réelles où il subit cette autorité.
  • Réservez des moments exclusifs à votre enfant plusieurs fois par semaine, que ce soit pour jouer ou pour faire une autre activité en tête à tête. Si ses besoins affectifs sont comblés, il collaborera davantage.
  • Invitez votre enfant à dessiner comment il se sent quand il est fâché et commentez son œuvre en insistant sur l’émotion qui en ressort. Par exemple : « Ce monstre est très gros et il a l’air vraiment fâché. Il fait peur! » Vous offrez ainsi à votre tout-petit un moyen d’exprimer et de canaliser des émotions difficiles.
Savoir argumenter : une qualité pour plus tard
À l’école et sur le marché du travail, savoir argumenter permet de défendre ses idées et de convaincre les autres. C’est une bonne chose!

Si, après avoir entendu les arguments de votre enfant, vous vous rendez compte qu’il a raison, n’hésitez pas à revenir sur votre décision. N’ayez crainte : vous ne perdrez pas votre autorité de parent. Au contraire, vous gagnerez son respect, car il constatera que vous l’écoutez. En plus, vous l’aiderez à bâtir sa confiance en lui.

 

Naitre et grandir.com

Révision scientifique : Francine Nadeau, psychologue et conférencière
Recherche et rédaction : Équipe Naître et grandir
Mise à jour : Juin 2014

 

Références

  • BOURCIER, Sylvie. L’agressivité chez l’enfant de 0 à 5 ans. Montréal, Éditions du CHU Sainte-Justine, 2008, 224 pages.
  • NEUFELD, Gordon et Gabor MATÉ. Retrouver son rôle de parent. Montréal, Les Éditions de l’Homme, 2005, 416 pages.
  • GEORGE, Gisèle (Dr). Mon enfant s’oppose. Que dire? Que faire? Paris, Les Éditions Odile Jacob, 2002, 269 pages.

 

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