Apprendre à écouter

Apprendre à écouter
Pour apprendre et se développer de manière harmonieuse, les habiletés d’attention de votre enfant sont essentielles. Voici des trucs pour l’aider.


L’attention est une habileté importante à développer, car elle est à la base de nombreux apprentissages et de bonnes relations avec les autres. L’attention permet en effet à un enfant de se concentrer sur une personne, un objet ou une activité pendant une certaine période. Comment soutenir le développement de l’attention chez l’enfant?

L’importance d’apprendre à être attentif

Avant même de savoir parler, les habiletés d’attention de l’enfant sont en plein développement. En effet, dès qu’il porte attention aux adultes qui l’entourent, le bébé écoute les sons et les mots qu’ils disent. C’est ainsi que l’enfant apprend peu à peu à décoder les mots, la structure et la grammaire de sa langue.

Plusieurs autres apprentissages sont liés aux capacités d’attention chez l’enfant, par exemple apprendre à compter, à lire et à résoudre des problèmes. Les habiletés d’attention lui permettent notamment de comprendre ce qu’il doit faire pour réaliser une activité (ex. : consignes ou étapes à suivre) ainsi que le but de cette activité (ex. : empiler des blocs afin de faire une tour). Pour réaliser une tâche précise, le tout-petit doit donc être capable d’être attentif.

De même, la capacité d’attention permet à l’enfant d’accorder plus d’importance à certains éléments de son environnement, tels qu’une consigne prononcée par maman ou une remarque faite par un ami.

Pour les habiletés sociales

La capacité d’attention est aussi impliquée dans le développement des relations interpersonnelles et dans les habiletés sociales de l’enfant. En effet, pour s’entendre avec les autres, pour prévenir les disputes et pour régler les conflits, il doit savoir s’exprimer, mais il doit aussi être capable d’écouter ce qu’on lui dit, sans couper la parole.

En attendant son tour pour parler, l’enfant a accès à toute l’information nécessaire pour comprendre ce qui lui est dit. L’inhibition de l’enfant, qui est fortement liée à sa capacité d’attention, est donc sollicitée. En effet, l’habileté à inhiber permet à l’enfant de contrôler ses émotions, ses pensées et ses actions à l’égard des situations qui surviennent dans son environnement. Tout comme les habiletés liées à l’attention, l’inhibition se développe grandement entre 3 et 7 ans, en même temps que les changements associés à la maturation du cerveau.

Capacité d’attention conjointe
La capacité d’attention conjointe (ou le fait d’alterner les tours de parole) se développe avant même l’apparition du véritable langage chez l’enfant. Par exemple, dès l’âge de 3 mois, les bébés ont tendance à se taire lorsqu’un adulte leur parle. D’un autre côté, des études suggèrent que des liens existent entre l’attention et le développement du langage chez l’enfant; des difficultés langagières pourraient être associées à un déficit de l’attention (TDAH), par exemple.

Comment soutenir l’attention de votre enfant?

Avant que certaines structures du cerveau arrivent à maturité, il est possible que l’attention de votre enfant soit moins soutenue et plus courte. Il ne fait donc pas exprès pour être déconcentré. Vous pouvez malgré tout soutenir votre enfant dans le développement de ses capacités d’attention.

Voici ce que vous pouvez faire pour capter son attention lorsque vous lui parlez.

Plus votre enfant est jeune, plus son attention est de courte durée. C’est pourquoi il peut avoir tendance à explorer un nouvel environnement ou un nouvel objet de manière impulsive.
  • Placez-vous face à votre enfant lorsque vous lui parlez afin qu’il puisse vous regarder dans les yeux.
  • Limitez les sources de distractions visuelles et auditives autour de votre tout-petit. Par exemple, éteignez la télévision, baissez le son de la radio, amenez votre enfant dans un coin tranquille du parc ou évitez les éclairages trop forts qui peuvent être dérangeants.
  • Encouragez votre tout-petit à ne pas parler en même temps que vous et à attendre son tour pour parler.
  • Demandez à votre enfant de redire dans ses mots ce qu’il vient d’entendre.
  • Répétez ce que vous venez de dire en utilisant d’autres mots pour vous assurer que votre enfant comprend ce que vous lui dites.
  • Vérifiez que votre tout-petit n’est pas stressé ou excité par les objets, personnes ou éléments de l’environnement, car cela pourrait l’empêcher de bien écouter (ex. : présence d’un chien au parc s’il a peur de cet animal).
  • Assurez-vous que l’activité proposée à votre enfant est appropriée pour son âge (heure du conte, jeu, bricolage, etc.). La capacité d’attention d’un enfant varie selon son âge et il pourrait être difficile pour lui de se concentrer et de rester tranquille pendant un long moment.
  • Proposez des activités qui répondent aux besoins et aux préférences de votre tout-petit, car son niveau d’attention en dépend. Ainsi, si l’activité ne l’intéresse pas, il est peu probable qu’il y soit très attentif.
  • Donnez peu de consignes à la fois, surtout si votre enfant est jeune. Vos consignes devraient être courtes et claires, en plus d’être adaptées à son âge, afin que votre tout-petit puisse bien les comprendre et y centrer son attention.
  • Vérifiez qu’un problème de santé, de la fatigue ou un autre inconfort ne sont pas la cause de sa mauvaise écoute. Votre enfant pourrait en effet avoir de la difficulté à se concentrer sur vos paroles s’il a envie d’aller à la toilette ou s’il a une infection aux oreilles, par exemple.
  • Valorisez les efforts de votre enfant, en lui disant par exemple : « Bravo, je sais qu’il n’est pas facile de rester attentif si longtemps! » Vos encouragements peuvent le motiver à essayer d’être de plus en plus attentif.
  • Bougez avec votre enfant. En effet, le fait d’être actif augmente la circulation du sang vers le cerveau, ce qui contribue au développement des processus cognitifs, tels que l’attention.
  • Si votre enfant a de la difficulté à bien écouter, vous pouvez lui demander d’adopter une position d’écoute lorsqu’il doit écouter attentivement (ex. : assis sur le sol avec les jambes croisées et les mains sur les genoux ou assis sur une chaise avec les mains sur la table, sans bouger). Vous pouvez aussi utiliser des photos ou des dessins qui l’aideront à se rappeler ce qu’il doit faire (ex. : des yeux pour lui rappeler de regarder la personne qui parle, un personnage avec un doigt sur la bouche pour lui signifier de ne pas parler en même temps que l’autre).

Activités pour améliorer les habiletés d’attention en famille

  • Essayez de reconnaître les sons ambiants et de trouver d’où ils proviennent.
  • Chantez une chanson que votre enfant connaît, en changeant un mot. Si votre enfant ne remarque pas que vous n’avez pas respecté les paroles de la chanson, dites-lui que vous allez la rechanter et qu’il doit vous dire si vous faites des erreurs.
  • Jouez à « Quand je vais au marché, je mets dans mon petit panier… » Répétez la phrase et nommez un article à mettre dans le panier. À tour de rôle, les joueurs redisent la phrase, énumèrent les articles déjà mis dans le panier et ajoutent un article de leur choix.
  • Faites des devinettes avec les objets qui se trouvent près de vous, par exemple : « Je suis gris et j’ai quatre pattes » (pour parler du sofa qui se trouve dans le salon). Ce genre de jeu incite votre enfant à porter attention aux détails dans l’environnement et à centrer sa pensée sur des éléments précis.
  • Jouez à des jeux de société avec votre enfant, car ils font souvent appel aux capacités d’attention (ex. : mémoriser l’emplacement d’une carte ou d’un objet, se concentrer sur des indices visuels, observer les stratégies des autres joueurs pour orienter ses propres actions, etc.).
  • Faites la lecture à votre enfant, et posez-lui des questions sur le déroulement de l’histoire pour voir s’il est attentif et s’il la comprend bien. Le fait de lui poser des questions pendant l’histoire le rend plus actif, et l’aide à être plus attentif.

 

Un coup de pouce pour l’école
Dès son entrée à la maternelle, votre enfant découvrira un nouvel environnement (l’école) composé de nombreux stimuli, ce qui lui demandera des efforts pour centrer son attention. En classe, l’enseignant et les autres enfants ne s’adresseront pas toujours personnellement à lui, mais à tout le groupe. S’il a de bonnes habiletés d’attention, votre enfant sera capable de reconnaître les messages importants parmi tous les sons qu’il entend, et les moments où il doit s’adapter aux demandes du milieu (ex. : moment de la récréation, routine pour aller se laver les mains, etc.).

 

À retenir

  • Le développement des habiletés d’attention est essentiel dans l’apprentissage et le développement de l’enfant.
  • Plus un enfant est jeune, plus son attention est de courte durée.
  • Un tout-petit arrive à demeurer attentif plus facilement lorsque les activités ou les conversations l’intéressent et sont appropriées à son âge.

 

Naitre et grandir.com

Révision scientifique : Stéphanie Duval, professeure en sciences de l’éducation, Université Laval
Recherche et rédaction : Équipe Naître et grandir
Mise à jour : Octobre 2019

 

Photo : iStock.com/skynesher

 

Ressources et références

Note : Les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est donc possible qu’un lien devienne introuvable. Dans un tel cas, utilisez les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

  • BOUCHARD, Caroline et autres. Le développement global de l’enfant de 0 à 6 ans en contextes éducatifs. 2e éd., Sainte-Foy, Presses de l’Université du Québec, 2019, 516 p.
  • CHARLESWORTH, Rosalind. Understanding Child Development. 10e éd., Boston, Cengage Learning, 2017, 560 p.
  • DUVAL, Stéphanie et Caroline BOUCHARD. Agir et interagir pour comprendre le monde. Dans C. Bouchard (2019), Le développement global des enfants âgés entre 0 et 6 ans en contextes éducatifs. Sainte-Foy, Presses de l’Université du Québec, 2019, p. 229-276.
  • INSTITUT BARON DE HIRSCH. L’attention. 2004. www.canada.ca
  • REYNOLDS, Greg D. et John E. RICHARDS. « Cortical source localization of infant cognition », Developmental Neuropsychology, vol. 34, no 3, mai 2009, p. 312-329. http://www.tandfonline.com

 

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