Éviter les pièges du marketing à l'épicerie

Éviter les pièges du marketing à l'épicerie
À l’épicerie, plusieurs efforts sont faits pour vous séduire, même dans la section des fruits. C’est ce qu’on appelle le marketing alimentaire.

Notre alimentation a bien changé depuis 30 ans et l’industrie alimentaire aussi. À l’épicerie, vous pouvez aujourd’hui choisir parmi des milliers d’aliments et plusieurs efforts sont faits pour vous séduire, même dans la section des fruits. C’est ce qu’on appelle le marketing alimentaire.

Tout est d’ailleurs réfléchi pour vous inciter à acheter plus : odeurs, couleurs, dégustations, disposition des produits… Voici quelques stratégies du marketing alimentaire à connaître pour ne pas vous faire prendre au piège.

Les paniers

L’opération marketing commence dès que vous prenez un chariot. Vous avez sans doute remarqué que les paniers d’épicerie ont grossi au fil des ans. C’est évidemment pour vous permettre d’y mettre plus de choses. Cela peut aussi vous donner l’impression que s’il n’est pas assez rempli, c’est que vous n’avez pas acheté assez d’aliments.

À côté des gros paniers, il y a souvent les petits paniers pour enfants. Oui, c’est mignon, mais c’est surtout pour permettre à votre enfant de le remplir selon ses envies. Il se peut d’ailleurs que vous y retrouviez des produits aux emballages colorés ou présentant ses personnages de dessins animés préférés.

Les produits frais au début

Vous commencez sans doute votre épicerie dans la section des fruits et des légumes, puisque c’est, la plupart du temps, celle qui se trouve à l’entrée du magasin. Ainsi, après avoir fait le plein d’aliments bons pour la santé, vous vous sentirez peut-être moins coupable de céder aux desserts, aux croustilles ou à la pizza dans les allées suivantes.

Pas très loin se trouvent souvent les produits « cuisinés sur place » comme du poulet BBQ, des salades, des beignes, etc. Tout ce qu’il faut pour que ça sente bon et pour vous donner faim! De plus en plus, cette section est mise de l’avant dans les épiceries puisque les consommateurs d’aujourd’hui sont davantage à la recherche de repas «  prêts-à-manger ».

Dans les allées

Les aliments de base, comme les produits laitiers et les oeufs, sont surtout placés au fond de l’épicerie et autour des allées. Lorsque vous devez traverser l’épicerie pour aller les chercher, vous êtes exposé à plusieurs offres. Vous êtes donc plus souvent tenté de remplir votre panier de produits dont vous n’avez pas toujours besoin.

Dans les allées, les produits que l’on veut vous inciter à acheter sont placés là où vos yeux sont habitués de regarder sur les tablettes : plus bas au début et à la fin de l’allée, et plus haut au centre de l’allée. Mieux vaut donc être curieux et regarder de haut en bas tout au long de l’allée pour faire le meilleur choix. Sachez également que les produits destinés aux enfants se trouvent à la hauteur de leurs yeux lorsqu’ils sont assis dans le panier.

Les rabais

L’oeil est attiré par les rabais. Selon le magazine Protégez-Vous, les épiceries font en général des rabais de 10 % à 30 % du prix, mais il arrive qu’il y ait des soldes plus importants. Il est toujours préférable de vous demander s’il s’agit d’une vraie économie, surtout dans le cas des rabais de type « 3 pour 5$ ».

Les dégustations sont un autre moyen de stimuler vos sens et de vous inciter à acheter plus.

Plusieurs produits sont aussi régulièrement en promotion. Il peut donc être avantageux d’attendre pour en racheter. Attention toutefois aux produits placés au bout des allées. Les fabricants paient pour que leurs produits y soient. Ce qui a l’air d’un rabais n’en est peut-être pas un.

Une fois à la caisse, il y a encore des produits pour vous inciter à faire des achats non planifiés pendant que vous attendez.

Jusqu’à la fin, le but est de rendre votre expérience agréable. En effet, lorsqu’un client se sent bien, il reste plus longtemps dans le magasin et dépense plus!

Séduire aussi les enfants
Les enfants influenceraient plus de 40 % des achats de la famille, selon la Coalition Poids. À l’épicerie, ils sont donc une cible de choix. Par exemple, l’emballage d’un produit alimentaire peut être conçu de façon à attirer leur attention grâce à un personnage de dessin animé. La loi québécoise, qui interdit la publicité destinée aux enfants de moins de 13 ans, permet ce genre d’exception. Un projet de loi canadien est toutefois à l’étude pour interdire l’utilisation de publicité visant les enfants sur les emballages d’aliments.

 

 

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, septembre 2017
Recherche et rédaction : Équipe Naître et grandir
Révision scientifique :
Jordan Lebel, professeur de marketing alimentaire, Université Concordia

 

Photo : GettyImages/Juanmonino