Rechercher la perfection

Rechercher la perfection
La pression sociale est très forte sur les femmes, qui doivent réussir dans tous les domaines : travail, vie de couple, éducation des enfants. Les pères commencent aussi à ressentir cette pression, même si le modèle du père parfait est encore moins présent dans l’espace public.  

Le parent parfait ou plutôt la mère parfaite est partout : à la télévision, dans les magazines et dans l’imaginaire collectif. C’est cette « maman d’antan » qui consacrait chaque minute de sa journée à sa famille et à qui on essaie encore de ressembler. Ou la maman de Caillou, toujours calme devant les pires bêtises de son petit. Ou encore les mamans actrices, chanteuses ou mannequins, aux corps de rêve et aux enfants qui semblent épanouis. Et que dire des publicitaires qui présentent une image idéalisée de la famille : parents toujours bien habillés et souriants, maison ordonnée, enfants tranquilles, voiture propre…

« La pression sociale est très forte sur les femmes, qui doivent réussir dans tous les domaines : travail, vie de couple, éducation des enfants », constate Francine Ferland. Les pères commencent aussi à ressentir cette pression, même si le modèle du père parfait est encore moins présent dans l’espace public.

Le hic, c’est que la perfection n’existe pas. Si vous tentez d’atteindre des modèles irréalistes, vous serez forcément déçu et insatisfait. Dans cet état d’esprit, vous verrez moins les bons côtés d’être parent. « Vous pouvez vous retrouver à bout de souffle et donc plus stressé et plus irritable, décrit Nicolas Chevrier. Vous pouvez aussi en arriver à exercer beaucoup de pression sur votre enfant qui ne parviendra pas toujours à répondre à vos exigences. » Cela pourrait avoir un effet négatif sur son estime personnelle.

Quand vous racontez une histoire à votre enfant ou que vous jouez avec lui, mieux vaut lui accorder toute votre attention plutôt que de faire mentalement votre liste d’épicerie.

« Un parent, c’est un être humain avec ses forces et ses faiblesses, qui essaie de faire de son mieux, mais qui doit aussi se donner le droit à l’erreur, dit Geneviève Henry. Et comme les enfants apprennent en observant, c’est le meilleur modèle à leur offrir. »


Voici ce que vous pourriez faire pour mieux vivre avec votre sentiment d’imperfection :
  • Lâcher prise. Est-ce que tout doit toujours être fait à la perfection? Bien sûr, il est important de faire le ménage. Mais faut-il pour autant que tout brille? « Un peu de poussière ne rend pas une famille malheureuse », lance Francine Ferland qui conseille de ramener ses exigences à un niveau plus réaliste.
  • Revoir vos priorités. Vous gagnerez à déterminer ce qui est vraiment important pour vous et à faire des choix en conséquence. Les activités et les tâches que vous faites sont-elles essentielles? Est-il possible de les éliminer ou d’y consacrer moins de temps? Est-il plus important que votre enfant participe à une activité organisée ou qu’il passe plus de temps en famille?
  • Penser à vous. Pour être un meilleur parent, pensez un peu à vous! « Quand mon premier fils est né, je ne prenais jamais de temps pour moi, car ça me donnait l’impression d’être une moins bonne mère, dit Geneviève. Avec deux autres enfants et l’expérience, j’ai compris que pour être une bonne maman, il faut trouver un équilibre entre les besoins des enfants et les nôtres. »
  • Discuter avec quelqu’un. Cela peut vous permettre de vous exprimer, de mettre des mots sur vos doutes et vous aider à prendre du recul. Échanger avec votre partenaire ou avec d’autres parents peut aussi vous permettre de sortir de votre isolement, de partager vos craintes et de renforcer votre compétence parentale. Un professionnel, un groupe d’entraide ou même un livre peuvent aussi être d’un grand secours.

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, avril 2014
Recherche et rédaction : Nathalie Vallerand
Révision scientifique : Sylvain Coutu, professeur au département de psychoéducation et de psychologie, UQO

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