Comment s'y prendre?

Comment s'y prendre?
Comment vivre la parentalité positive au quotidien avec votre enfant? Voici 7 stratégies efficaces.

Comment vivre la parentalité positive au quotidien avec votre enfant? Voici 7 stratégies efficaces.

1. Dire quoi faire au lieu d’interdire

« Ne cours pas, ne tape pas ton frère… » Ce type de phrases disent à l’enfant ce qu’il ne faut pas faire au lieu de lui dire quoi faire. Comme son cerveau comprend encore mal la négation, c’est mêlant pour lui. « Quand on lui dit de ne pas courir, son attention se porte sur le mot courir, ce qui pourrait l’encourager à courir », explique la psychoéducatrice Marie-Hélène Chalifour. Il est préférable de lui dire ce qu’il peut faire. Par exemple, au lieu de dire : « Ne saute pas sur le sofa », lui dire : « Sur un sofa, on s’assoit. »

Une autre bonne idée : vous concentrer sur ce qui est vraiment important. Quand il y a trop de règles, l’enfant en oublie. C’est ce que fait Sonia, maman de trois enfants. « J’ai affiché une pancarte avec les cinq règles de la maison : je partage, je parle calmement, je range, je mange assis, je respecte les autres et les choses. Chacune est représentée par une image. Pour en rappeler une, je leur montre l’image. »

2. Le faire réfléchir

Pour responsabiliser votre enfant et diminuer son opposition, vous pouvez lui poser une question au lieu de lui donner un ordre. Un truc qu’utilise Sandra, maman de deux fillettes. « Quand elles oublient d’apporter leur assiette sur le comptoir après le souper, je leur demande : “Qu’est-ce qu’on fait après le repas?” Elles sont contentes de donner la réponse… et de le faire. » Lorsque votre enfant réfléchit, il se sent grand et responsable. Il coopère plus.

Un autre truc est de laisser votre enfant décider de petites choses pour satisfaire son besoin d’autonomie et d’affirmation. « À l’heure du bain, vous pouvez lui offrir de se rendre à la salle de bain dans vos bras ou en sautant comme une grenouille », suggère Marie-Hélène Chalifour.

3. Reconnaître ses émotions

Lorsqu’un enfant vit une émotion difficile, il est tentant de dire : « Arrête de pleurer », « Ce n’est pas grave », « Calme-toi »… C’est ce que faisait Sonia avant. « Maintenant, j’essaie de ne pas nier les émotions de mes enfants. L’autre jour, ma fille était triste après une chicane avec une amie pour des crayons. Au lieu de dire que ce n’était pas grave, j’ai dit : “C’est vrai que c’est plate de se faire enlever ses choses. Je te comprends.” Elle n’en a plus reparlé. » Reconnaître l’émotion de l’enfant le réconforte, car il se sent compris.

Faire preuve d’empathie envers votre enfant au lieu de dire simplement « non » peut aussi limiter les frustrations. Lui dire, par exemple : « Je sais que tu aimerais avoir un biscuit, mais c’est bientôt l’heure du souper. Tu en auras un pour dessert. »

4. Éviter les étiquettes

« C’est long t’habiller, tu es lent! » C’est normal que certains comportements de votre enfant vous énervent, mais il est important de ne pas le rabaisser. En plus de lui faire de la peine et de nuire à son estime de soi, cela peut renforcer un mauvais comportement. L’enfant qui se fait traiter de « tannant » en vient à croire qu’il l’est vraiment et il va agir comme tel.

Si votre enfant fait un dégât, il est préférable de décrire la situation sans le juger ni l’accuser. « S’il renverse son verre de lait, par exemple, vous pouvez dire : « Oups, il y a du lait par terre. Qu’est-ce qu’il faut faire quand ça arrive? », conseille Marie-Hélène Chalifour. Vous pouvez ensuite lui demander de nettoyer avec vous.

5. Préférer la réparation à la punition

Si votre enfant fait une bêtise, l’idéal, c’est de lui permettre de la réparer. Contrairement à la punition, la réparation lui montre les comportements acceptables. Corriger son erreur l’aide aussi à se sentir mieux. « Lorsqu’une de mes filles fait de la peine à l’autre, je lui demande de s’excuser auprès d’elle avec un dessin ou en lui rendant service », raconte Sandra.

Les conséquences naturelles ou logiques sont une autre façon de responsabiliser l’enfant. Un exemple de conséquence naturelle : si votre enfant refuse de mettre ses mitaines, vous le laissez avoir un peu froid aux mains. Pour la conséquence logique, c’est le parent qui l’applique. Par exemple, votre enfant lance son jouet? Vous lui enlevez.

6. Encourager les bons comportements

Mettre votre énergie à renforcer les bons comportements de votre enfant au lieu de gérer ses comportements dérangeants peut aussi être efficace. Il est bon de le féliciter en décrivant ce qu’il fait de bien. Dire : « Tu as mis ton pyjama tout seul. Bravo! » Plus vous accordez de l’attention positive à votre tout-petit, moins il a de comportements dérangeants. C’est ce qu’observe Marie-Hélène Gagné, professeure à l’École de psychologie de l’Université Laval.

7. Éviter de lui prêter des intentions

Au magasin, votre enfant de 2 ans montre du doigt un toutou et vous pensez qu’il le veut. Et s’il voulait simplement vous dire qu’il reconnaît cet objet? « Si vous lui dites “non”, il va insister, se mettre à pleurer devant tant d’incompréhension », écrit la psychologue Isabelle Filliozat dans son livre J’ai tout essayé. Vous aurez plus de chances d’éviter la crise en disant : « Oui, c’est un toutou. Tu aimes les toutous. » Même conseil avec l’enfant de 3 ans qui veut toujours tout. À cet âge, le verbe « vouloir » veut dire plein d’autres choses. Par exemple, « Je veux de la crème glacée » peut vouloir dire que votre enfant voit de la crème glacée, qu’il aime ça ou qu’il se rappelle en avoir mangé hier.

S’il vous arrive aussi de penser que votre enfant fait exprès pour vous pousser à bout, sachez que votre tout-petit n’a pas la capacité de vous manipuler. « Il ne vous cherche pas, assure Marie-Hélène Chalifour. S’il vous dérange, c’est que quelque chose ne va pas. » Il est bon d’essayer de trouver ce que c’est : A-t-il faim, soif, chaud? Est-il fatigué ou a-t-il besoin de bouger? Parfois, un enfant agit mal parce qu’il manque d’attention positive. La psychoéducatrice conseille ainsi de passer chaque jour un bon moment à jouer avec votre enfant, le coller ou lui dire des mots affectueux.

Je vais exploser!
Il peut parfois arriver que vous vous sentiez à bout. Mais vous mettre en colère contre votre enfant n’est pas la solution. Cela lui fera peur en plus de lui donner un mauvais exemple. « Prendre trois grandes respirations avant d’intervenir peut vous calmer, dit la psychoéducatrice Marie-Hélène Chalifour. Au lieu de vous dire que vous n’en pouvez plus, pensez à un moment positif avec votre enfant. » Vous rappeler que votre enfant ne fait pas exprès pour vous fâcher et que son cerveau est encore en formation peut aussi vous aider à rester calme dans les situations difficiles.

 

Photo : gettyimages/Steve Debenport

 

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, mars 2018
Recherche et rédaction : Nathalie Vallerand
Révision scientifique : Annie Goulet, psychologue

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