À chacun son mode de garde

À chacun son mode de garde

Quel mode de garde choisir pour son enfant quand on se sépare? Il n’y a pas de réponse universelle. Chaque situation est unique. L’important, c’est de garder un contact régulier et de qualité avec son tout-petit, mais cela peut se faire de différentes façons. Quatre parents racontent comment ils ont organisé leur mode de garde pour répondre aux besoins de leur enfant.

Garde flexible

Laurelou Chapleau et son ex-conjoint se sont séparés alors que leur fille avait 4 ans. Dès le départ, il était clair pour eux que leur petite devait continuer à voir ses deux parents souvent.

« Mon ex-conjoint est travailleur autonome avec un bureau à la maison et moi, à l’époque de la séparation, j’étais maman à temps plein, raconte Laurelou. Notre fille était habituée d’être tous les jours en présence de ses deux parents. Ça nous apparaissait terrible de penser qu’elle passerait une journée sans nous voir tous les deux. »

Au début, les parents ont donc essayé une garde partagée une journée - une journée pour limiter les effets de leur séparation. « Ce n’était pas une bonne idée, reconnaît toutefois la maman. Notre fille se promenait d’un appartement à l’autre, on était toujours pressés et elle était fatiguée. Après quelques semaines, on a dû s’ajuster. »

2 jours – 2 jours

Les ex-conjoints ont plutôt convenu de se partager la garde de leur fille tous les deux jours. « Et ça fonctionne bien pour nous, dit Laurelou. On peut passer de beaux moments avec notre fille sans qu’elle ait le temps de s’ennuyer de l’autre parent. Ce qui nous aide, c’est qu’on habite à deux minutes l’un de l’autre. »

Le fait que les deux parents soient travailleurs autonomes facilite aussi ce mode de garde, car ils peuvent ajuster leur horaire les jours où leur enfant est avec eux. La flexibilité est d’ailleurs au cœur de leur entente. « On prépare notre horaire seulement un mois à l’avance, explique la maman. Nos jours de garde sont déterminés selon nos contrats. »

Pour le côté pratique, la petite ne traîne jamais de valise. Elle a des vêtements et des jouets chez ses deux parents. « Les choses se mélangent, mais on n’en fait pas de cas, dit Laurelou. Ce sont ses choses à elle. Elle les apporte où elle veut. » Les parents s’adaptent également aux situations. « S’il y a une fête dans ma famille pendant que ma fille est avec son père, il va me la laisser. On veut que notre fille soit heureuse, ajoute la maman. Elle est née de deux parents, elle pensait passer sa vie avec nous deux, elle est impuissante devant notre séparation. On n’est plus un couple, mais on reste une famille, même si on ne vit plus les trois ensemble. »

2-2-3 ou 5-2-2-5?

Ne pas voir son petit garçon pendant sept jours: impossible pour Vincent Desgagné! Heureusement, son ex-conjointe et lui ont trouvé un mode de garde qui évite les longues séparations.

Quand Vincent s’est séparé, son garçon avait 2 ½ ans. « Sa mère et moi, on se disait qu’avec une garde une semaine - une semaine, on allait trop s’ennuyer de notre fils et lui aussi. C’est pourquoi on a d’abord choisi la formule 2-2-3. »

Selon ce mode de garde, pendant une semaine, l’enfant était avec sa mère le lundi et le mardi; avec son père le mercredi et le jeudi; et avec sa mère le vendredi, le samedi, le dimanche. La semaine suivante, c’était l’inverse, il était avec son père le lundi et le mardi et ainsi de suite.

« Après quelques mois, on s’est aperçu que c’était beaucoup de changements de maisons en peu de temps pour un tout-petit, explique Vincent. De plus, il était difficile d’installer une routine en passant seulement deux ou trois jours en ligne avec notre fils. »

Plus facile pour la routine

Les parents ont donc changé pour une garde 5-2-2-5. « Ce mode nous offre la stabilité et la répétition qu’on voulait », dit le papa. Selon cette entente, tous les lundis et mardis, son fils est avec sa mère; et il est avec lui tous les mercredis et jeudis. Les vendredis, les samedis et les dimanches, les parents alternent : leur garçon passe un weekend avec sa mère et, avec son père, la semaine suivante.

« Grâce à ce mode de garde, je peux prévoir des activités fixes avec mon garçon. Par exemple, le mercredi, je l’ai inscrit dans un cours de karaté, explique Vincent. Je n’ai pas besoin de m’arranger avec sa mère. C’est notre activité. J’y vais toujours avec lui. » Passer cinq jours en ligne avec son fils facilite aussi l’installation d’une routine avec lui. « Je pense que ça peut aussi l’aider à se situer dans le temps, dit le papa. Petit à petit, il comprend, par exemple, que le lundi et le mardi il est avec maman; et que chaque mercredi, c’est le karaté avec papa. Et c’est rassurant pour lui. »

Selon Vincent, si son garçon s’adapte bien à la séparation, c’est aussi parce qu’il garde une bonne communication avec son ex. « Peu importe le type de garde, on n’a pas le choix : il faut se parler pour que ça se passe bien », conclut-il.

Partager la maison familiale

Quand Julie a mis fin à sa relation de couple, elle a choisi de partager la maison familiale avec son ex-conjoint. Une décision qui fait jaser, mais qu’elle n’a jamais regrettée.

Sa fille avait 3 ans au moment de la séparation. « Nous vivions à Québec, je voulais y rester alors que mon ex-conjoint retournait vivre à Montréal », explique Julie. Les parents ont pesé plusieurs options pour déterminer le mode de garde à privilégier : vendre la maison familiale, prendre un appartement à Québec pour le papa, s’échanger leur enfant d’une ville à l’autre, etc.

« On a décidé de garder notre maison à Québec pour le bien de notre fille, dit Julie. Pour limiter les changements et lui permettre de grandir dans le même milieu. On ne voulait pas que sa vie se passe dans deux villes ni qu’elle soit dépaysée et fatiguée à cause des déplacements. C’est moi qui vis à Québec avec elle, et son père vient la voir toutes les deux semaines. »

Parce que son ex-conjoint n’a pas les moyens d’avoir deux appartements : un à Montréal et un à Québec, Julie accepte qu’il s’installe dans la maison familiale quand il vient voir sa fille le weekend. « C’est le meilleur compromis adapté à notre situation qu’on a trouvé pour que notre séparation passe bien auprès de notre fille, dit la maman. Au début, je restais dans la maison, mais je me faisais discrète pour leur laisser toute la place. Avec le temps, je me suis mise à sortir pour leur laisser complètement la maison, mais on y est allés graduellement. »

La clé : une bonne entente

Julie explique que ce mode de garde fonctionne pour eux parce qu’ils sont restés en bon terme. « De plus, on a mis nos vies amoureuses de côté pendant un temps pour placer notre fille au centre de nos priorités, dit-elle. Quand on s’est faits des conjoints chacun de notre côté, après deux ans, ils ont fait preuve d’ouverture et ils ont respecté notre entente. On a aussi gardé nos conjoints à l’extérieur de la maison familiale. »

Aujourd’hui, leur fille a 14 ans et l’entente se maintient. « J’ai des amies qui n’en reviennent pas que je laisse encore ma maison à mon ex, dit Julie. Mais je ne me préoccupe pas de ça. Je suis si fière de voir que notre fille va bien. Ça vaut tous les sacrifices! »

S’adapter à un horaire atypique

Pas facile d’organiser une garde partagée quand on travaille dans le domaine de la santé, selon un horaire atypique. Caroline Chartrand y met toutefois tous les efforts pour assurer une stabilité à sa fille.

Séparée depuis que sa petite a 18 mois, Caroline jongle avec un horaire variable. « Je travaille une fin de semaine sur deux; et la semaine, mes journées de travail changent d’une semaine à l’autre. » Avec son ex-conjoint, ils ont choisi la garde partagée 2-2-3. Ils passent chacun deux jours de semaine avec leur fille et ils s’échangent la garde une fin de semaine sur deux. « Ma fille est avec son père quand je travaille le weekend, dit Caroline. De mon côté, je suis avec elle le lundi et le mardi pendant une semaine; et le mercredi et le jeudi la semaine suivante. J’organise mon horaire de semaine en fonction de mes jours de garde. »

Grâce à cette entente, la petite voit régulièrement ses deux parents et Caroline constate que c’est très important pour sa fille. « Parfois, on n’a pas le choix : à cause de nos engagements professionnels, il faut qu’on change un peu notre horaire de garde, confie la maman. Mais je le sais que ma fille, qui a maintenant 3 ans, n’aime pas ça. C’est important pour elle de savoir où elle s’en va et ce qui s’en vient. De plus, quand elle passe plus que trois jours avec le même parent, elle s’ennuie de l’autre. Malgré mon horaire atypique, on essaie donc de faire le moins de changements possible. »

Dans l’intérêt de l’enfant

Caroline se souvient avoir beaucoup souffert quand ses parents se sont séparés alors qu’elle avait 1 an. « Je m’étais toujours promis de tout faire pour le bien-être de mon enfant si jamais je me séparais. » C’est pourquoi elle fait des efforts pour rester en bon terme avec son ex-conjoint. Elle ne parle pas en mal de lui et elle s’assure que sa fille passe autant de temps avec ses deux parents.

Son ex-conjoint habite dans le même quartier qu’elle; ce qui facilite leur organisation. « C’est déjà arrivé que ma fille soit malade pendant qu’elle est avec moi. C’est son père qui est allé chercher les médicaments à la pharmacie, raconte Caroline. Il est venu chez moi après prendre un peu la relève. Comme parents, on s’entraide, c’est important pour notre fille. »

Pour en savoir plus sur différents modes de garde

Ministère de la Justice du Canada
(sous l’onglet Temps des enfants passé avec chaque parent)
justice.gc.ca

 

Photos : GettyImages/Lenorlux, FatCamera et zeljkosantrac

 

Naitre et grandir.com

Recherche et rédaction : Julie Leduc
Mars 2019

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