Les émotions au fil des ans

Les émotions au fil des ans
Les émotions primaires, aussi appelées de base ou universelles, sont les premières que vivent les enfants.

Les émotions primaires, aussi appelées de base ou universelles, sont les premières que vivent les enfants. Les six principales apparaissent au cours de la première année de vie : joie, tristesse, dégoût, peur, colère et surprise. Nathalie se souvient encore de la première fois où elle a vu Arthur manifester de la surprise. « Il avait 6 mois et c’était la première fois que je lui offrais des céréales. À la première cuillerée, il m’a regardée en ouvrant les yeux comme des billes et il a reculé sur sa chaise. C’était très drôle! »

Les émotions secondaires, ou mixtes, apparaissent entre 15 et 24 mois au moment où votre enfant prend conscience qu’il est différent des autres et qu’il est une personne à part entière, explique Sylvain Coutu, un professeur de psychoéducation et de psychologie à l’Université du Québec en Outaouais qui mène des recherches sur le développement émotionnel des enfants. Cette découverte amène votre tout-petit à ressentir des émotions liées à la conscience de soi, comme la gêne et la jalousie. La gêne peut être ressentie lorsqu’il comprend qu’on lui porte de l’attention, et la jalousie, lorsqu’il réalise que d’autres ont ce qu’il désire.

Un peu plus tard, au cours de sa troisième année, il expérimente des émotions secondaires qui nécessitent la compréhension de règles, de normes et d’objectifs à atteindre. C’est le cas de la culpabilité, de l’embarras et de la fierté. Par exemple, si votre enfant sait qu’il ne doit pas dessiner sur les murs et qu’il désobéit à cette règle, il peut se sentir coupable. Et s’il réussit à conduire son tricycle ou à assembler un grand casse-tête après beaucoup d’efforts, il est fier de lui.

Au fur et à mesure que votre enfant grandit et développe sa pensée, il perçoit et interprète les situations différemment, ce qui a un effet sur ses réactions émotives. Par exemple, votre tout-petit de 3 ans peut avoir une peur bleue s’il voit une personne déguisée en monstre. Mais à 5 ans, la même personne ne l’effraie plus, car il sait qu’elle porte un déguisement. Avec le temps, il devient aussi plus habile à maîtriser ses émotions, car il comprend de mieux en mieux le monde qui l’entoure.

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, février 2014
Recherche et rédaction : Nathalie Vallerand
Révision scientifique : Nathalie Parent, psychologue

Crédit photo : Maxim Morin