Le dégoût des enfants pour certains aliments

Le dégoût des enfants pour certains aliments
Par Stéphanie Côté, Nutritionniste

Ma fille a 6 ans et, enfin, elle aime le concombre! Quand on dit qu’il faut être patient avec les petits « difficiles »! En fait, Laura n’est pas difficile. Elle avait un dégoût, ou si vous préférez, une aversion.

Toute petite, Laura aimait le concombre. Puis à 2 ans, elle a vomi après en avoir mangé. Ce n’était pas la faute du légume, mais dans sa tête, oui. Aucun argument rationnel ne changeait sa certitude : concombre = malade.

 - « Crois-tu que tu arrêterais d’aimer la crème glacée si tu étais malade après en avoir mangé? »
- « Ben non! »

Sauf que le concombre, ce n’était pas la crème glacée. Elle se savait capable de vivre sans!

Les aversions ont quelque chose d’irrationnel. Vous le savez si vous en avez connu durant votre grossesse : rien ne sert d’insister.

Les aversions alimentaires sont normales. On en a tous. Et il y a diverses raisons à cela. La génétique en explique certaines. De naissance, certaines personnes sont plus sensibles aux saveurs et les perçoivent avec plus d’intensité. Parfois, ce sont les textures qui provoquent un dégoût.

Cela dit, la plupart des aversions, tout comme les préférences alimentaires, sont influencées par les expériences que vit l’enfant et les souvenirs associés.

Si l’enfant découvre un aliment ou a l’habitude de le manger dans des circonstances agréables, cet aliment laissera une empreinte positive. Un repas en famille où il a du plaisir, une fête, la présence d’un ami, une sortie au zoo, au parc d’attractions ou une autre activité spéciale en sont des exemples.

Au contraire, un mal de ventre, une dispute à table, une obligation à manger, un chagrin, etc. imprimeront un mauvais souvenir dans la mémoire de l’enfant et un lien négatif pourrait être fait avec un aliment.

Le temps et surtout notre attitude a des chances d’arranger les choses. Quand l’aversion est installée, la première chose à faire est de... laisser faire. Ne pas forcer l’enfant à manger, ni même à goûter. L’aliment va lui « rouler dans la bouche » ou le faire courir aux toilettes. L’ambiance serait désastreuse et l’aversion s’en trouverait renforcée. Continuez de préparer cet aliment pour votre famille. Continuez d’en manger devant lui et même de dire que vous aimez ça. Un jour, la curiosité le poussera peut-être à donner une nouvelle chance à l’aliment rejeté.

Si Laura a osé manger de nouveau du concombre, c’est certainement en partie grâce à l’enthousiasme de son petit frère. Benjamin adoooore le concombre. Reste à voir si le plaisir de Laura à manger les tomates de notre jardin aura un effet sur lui à son tour!

Stéphanie Côté, Nutritionniste
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque mois!
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