Une école adaptée pour mon enfant… ou pas?

Une école adaptée pour mon enfant… ou pas?
Entre son hyperactivité, son retard de développement, ses difficultés motrices, ses troubles du langage et ses crises d’épilepsie, quelles seront les ressources nécessaires pour lui permettre d’avancer et de se développer à son plein potentiel?

Mon plus vieux entrera à la maternelle à l’automne. Il a hâte, il est prêt, il est curieux, débrouillard et il a soif d’apprendre.

Mon plus jeune a 3 ans et demi. Il n’ira pas à l’école l’an prochain ni l’année suivante. Ça nous laisse du temps. Du temps pour l’observer, pour le soutenir, pour analyser la situation. Du temps pour espérer, comme parents, réussir à prendre la décision qui sera la meilleure pour son avenir.

Je me souviendrai toujours cette phrase dite par son neurologue juste après avoir interprété un électroencéphalogramme qui nous démontrait encore des « orages » dans son cerveau :

« Il aura des défis dans la vie, en grandissant, c’est certain. On ne sait pas encore quels seront ces défis et de quelle ampleur ils seront. Je ne suis pas en mesure de vous dire s’il aura besoin de ressources spécialisées ou d’une école adaptée. Il faut se laisser le temps. »

À ce moment-là, nous ne savions pas à quoi nous en tenir, mais nous étions confiants.

Deux ans plus tard, ce n’est toujours pas aussi clair que nous le souhaiterions. Ce n’est ni tout blanc, ni tout noir. Mais, force est d’avouer que le retard de développement global persiste. Que les troubles du langage perdurent de façon importante et que l’écart continue de se creuser avec les enfants de son âge.

Nous sommes très bien entourés et avons un excellent accès aux professionnels de la santé (pédiatre, ergothérapeute, physiothérapeute, orthophoniste, éducateur spécialisé, etc.). Mais, quand viendra le temps de sauter sur les bancs d’école, qu’en sera-t-il?

Ma femme est enseignante au primaire. En région.

« Si j’avais notre enfant dans ma classe, je ne sais même pas de quelle façon je composerais avec lui! », me dit-elle.

Entre son hyperactivité, son retard de développement, ses difficultés motrices, ses troubles du langage et ses crises d’épilepsie, quelles seront les ressources nécessaires pour lui permettre d’avancer et de se développer à son plein potentiel?

Il reste du temps. Les choses peuvent changer. Un enfant peut évoluer rapidement. Parfois.

Mais moi, comme papa, je fais quoi d’ici là?

Je suis prêt à quitter mon boulot. Ma blonde est prête à sacrifier son ancienneté en enseignement même si elle pourrait, enfin, obtenir un poste à temps plein d’ici probablement 2 ou 3 ans. Nous serions prêts à mettre une pancarte devant la maison et à sauter dans le vide.

Nous sommes prêts à bien des affaires pour nos enfants!

Mais, ce serait tellement plus facile si nous n’étions pas dans cette fameuse zone grise.

Allons-nous prendre une décision trop rapidement? Trop lentement? Opterons-nous pour une école adaptée ou une classe spécialisée? Où irons-nous? Qu’adviendra-t-il de nos emplois? Regretterons-nous notre choix? Ferons-nous la meilleure chose pour nos deux garçons?

 

14 avril 2016

Naître et grandir

Photo : iStock.com/MachineHeadz

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