Avoir un bébé à 44 ans

Avoir un bébé  à 44 ans
J’ai 44 ans. Un « âge maternel avancé », comme me l’a gentiment rappelé mon médecin de famille, ce qui m’a fait sourire.

J’ai 44 ans. Un « âge maternel avancé », comme me l’a gentiment rappelé mon médecin de famille. Ce qui m’a fait sourire. Disons que j’étais au courant! Je ne m’y suis pas trop attardée, trop consciente du privilège qui m’est donné de porter encore un enfant. En fait, deux au départ, mais nous en avons perdu un en cours de route. Mon grand aura bientôt 13 ans et mon amoureux a aussi deux beaux garçons de 9 ans et 11 ans.

Âgée de plus de 40 ans, j’entre aussi dans la catégorie Grossesse À Risque Élevé (GARE). Plus de suivis, d’échographies, de tests. Un peu plus d’inquiétude aussi… Aurai-je autant d’énergie, comment réagiront les enfants, moi qui suis travailleuse autonome, est-ce vraiment une bonne décision? Je me suis même demandé si nos amis allaient prendre du recul, ayant tous des enfants au primaire ou au secondaire. Pourquoi aussi vouloir un autre enfant alors que les activités familiales sont faciles à organiser, que nous sommes à la porte d’une certaine autonomie, que nous avons quelques jours par mois à nous tout seul? Bref, que nous sommes bien loin du quotidien avec un bébé?

Mais vous savez quoi? On s’aime, tout simplement. On aime profondément les enfants et on avait envie d’en avoir un ensemble. On a écouté notre cœur et nos tripes plus que notre côté rationnel. Une impulsion planifiée qui aurait pu aussi bien ne pas se réaliser, car soyons franc, nous avons été plus que chanceux. Après en avoir discuté, j’étais enceinte le mois suivant!

Malgré les hauts et les bas qui ont suivi, cette grossesse est remplie de sérénité et de bien-être. Je la savoure et la vis différemment. Je sais que c’est ma dernière, que je ressens pour la dernière fois cette vie grandissante dans mon ventre. Je ne trouve rien de banal à être enceinte. C’est magique. Je ne ressens plus le besoin de meubler en neuf la chambre de bébé, de lui acheter les plus beaux vêtements ou d’avoir les accessoires dernier cri.

Je ne ressens pas non plus cette pression d’être une super maman ultra performante… Je suis ailleurs dans ma vie et j’ai appris à doser, à me faire confiance et à faire confiance à mon enfant. J’ai peut-être 44 ans, mais je serai probablement mieux outillée cette fois-ci pour mon rôle de mère, car mon expérience de vie m’amène à la voir et la vivre différemment. Pour le reste, il y a le cache-cernes!

Carole St-Denis
Treize ans plus tard, j’ai accouché d'un deuxième enfant qui est en fait le quatrième garçon d’une famille recomposée. Comment je vivrai cette expérience cette fois-ci?
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