COVID-19: comment réagir quand nos enfants cherchent l'élève coupable?

COVID-19: comment réagir quand nos enfants cherchent l'élève coupable?
Il faut éviter le rejet ou l’intimidation des élèves atteints de la COVID-19. Comme parent, nous avons un rôle à jouer. Nicolas Chevrier, psychologue, propose quelques pistes.

Récemment, lors d’un souper tout ce qu’il y a de plus ordinaire…

Leloo : « À l’école, on pense que c’est Maxime qui a la COVID et qui l’a donnée à d’autres élèves. »

Papa : « Ah bon, mais pourquoi? »

Leloo : « Parce que les éducatrices lui répètent toujours de se laver les mains après le dîner et qu’il a éternué l’autre jour. On a décidé, avec Rose et Alisha, qu’on ne lui parlait plus et qu’on ne veut plus qu’il s’approche de nous pour ne pas attraper le virus. »

Je comprends soudain que je suis face à une réaction de « mobbing » : un groupe qui se lie en opposition à un individu pour des raisons douteuses. C’est comme ça qu’on appelle une telle réaction en psychologie du travail.

Trois petites filles de 8 ans qui discutent ensemble et statuent que le petit garçon en question est un agent propagateur du virus. J’imagine que cette situation n’est pas unique. À cet âge, on le sait, l’exclusion d’un jeune se produit rapidement et rarement pour des raisons valables.

Je me demande donc quel sera le sort réservé aux enfants qui seront en quarantaine ou seront infectés par le virus. Pour éviter le rejet ou l’intimidation, chaque parent doit intervenir auprès de son enfant afin de minimiser le risque de conséquences désagréables pour ceux qui auront à vivre la quarantaine en attendant un résultat ou qui auront la maladie.

Expliquer d’abord

C’est important d’expliquer à notre enfant que nous pouvons tous attraper le virus. Bien sûr, il importe de lui rappeler que le virus est inoffensif pour lui, mais que ça n’empêche pas la possibilité de l’attraper. On a seulement plus de chance d’attraper le virus si on ne suit pas les consignes : se laver les mains, porter un masque lorsque nécessaire, respecter la distanciation sociale, etc.

Mais même quand on respecte les consignes, c’est possible de contracter le virus.

Aussi, nous pouvons clarifier avec notre enfant un fait : si un ami est à l’école, c’est qu’il n’a pas la COVID-19. Il est bien important de laisser la responsabilité d’identifier les élèves présentant des symptômes suspects aux responsables des écoles et des services de garde, et non pas aux enfants. On insiste sur le fait que les amis de retour de quarantaine ne sont pas contagieux. Ils ne sont plus malades. De cette façon, on renforce l’idée que l’école est une zone sécuritaire et que la maladie est temporelle (elle a un début, un milieu et une fin).

Ensuite, parler d’empathie et de bienveillance

On peut faire un exercice avec notre enfant en lui posant ces questions. Comment aimerait-il être reçu à son retour à l’école après une absence de deux semaines. Comment se sentirait-il si ses amis le fuient alors qu’il n’est plus malade? Après avoir travaillé l’empathie, demandons-lui de travailler sa bienveillance. Un dessin pour souligner le retour de l’ami malade, un petit mot d’encouragement, un « je suis contente de te revoir en santé », permet à notre enfant d’exercer la bienveillance, une qualité essentielle dans ces moments difficiles.

De même, si un enfant de la classe est déclaré positif et que cela a des impacts directs sur nous (par exemple, toute la classe est placée en quarantaine), soyons vigilants en surveillant nos commentaires devant notre enfant et soyons attentifs à ne pas blâmer l’élève malade ou ses parents. Exprimer sa frustration ou sa déception face à une situation pénible est une chose, mais attribuer la responsabilité sans connaître les détails peut avoir un effet négatif sur notre enfant.

En plus de ces interventions, nous pourrions ainsi nous assurer d’être nous-mêmes empathiques et bienveillants face à d’autres parents qui, comme nous, n’ont certainement pas envie des inquiétudes qui viennent avec un diagnostic positif.

 

Photo : GettyImages/StockPlanets

Commentaires (1)

  1. Marie Gauthier 1 octobre 2020 à 21 h 41 min
    Merci pour ce beau billet éclairant. Nous avons tellement besoin de bienveillance en ces temps sombres!

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