À l’aide, il n’aime pas le goût de son médicament!

À l’aide, il n’aime pas le goût de son médicament!
Par Dre Taz, Omnipraticienne
3 décembre 2009

Quel souvenir horrible! Une bouteille translucide et son contenu visqueux et jaunâtre, au vague goût de banane... Une grosse cuillère à soupe plusieurs fois par jour... Ma douleur à la gorge ou à l’oreille me paraissait soudain décuplée! Ça vous dit quelque chose?

Aujourd’hui, quand je me vois dans l’obligation de donner un médicament à mon fils, je ne peux qu’éprouver une grande compassion... qui fait rapidement place à une profonde exaspération quand il me crache à la figure! Pour les doses ultérieures, cela devient une vraie partie de cache-cache!

Il n’est jamais facile de voir son enfant malade, et encore moins de devoir administrer un médicament rebutant. On est inquiet, fatigué, et tout ce qu’on veut, c’est qu’il guérisse vite.

Voici quelques trucs pour vous métamorphoser en gentille et patiente infirmière!

Demandez à votre médecin si le médicament prescrit peut être administré en de plus grosses doses, mais à plus longtemps d’intervalles (pour réduire au maximum le pénible moment!). Ou encore, demandez au pharmacien si le médicament en question est fabriqué sous une forme ou une saveur qui conviendrait mieux à votre enfant (comprimés à croquer, sirop saveur fraise, etc.).

Sachant que le froid engourdit les papilles, vous pouvez également réfrigérer le médicament si le pharmacien le permet. Sinon, faites sucer un popsicle à votre enfant juste avant de lui donner l’infâme substance.

Toujours auprès du pharmacien, vérifiez si le médicament prescrit peut être mélangé à de la nourriture ou à des produits laitiers. Si c’est le cas, essayez avec une petite quantité de compote, de confiture, de crème glacée, de jus, de yogourt, de sirop de chocolat, etc. (La purée de brocoli étant l’aliment préféré de mon fils, c’est mon subterfuge!). Le sirop de maïs, le sirop d’érable et le miel masquent aussi les mauvais goûts. Il faut toutefois éviter ces produits avant l’âge de 1 an. Utilisez une petite quantité de nourriture et assurez-vous que votre enfant mange bien toute la portion.

Si le mélange est contre-indiqué, la tactique de la récompense est bien utile : un chocolat ou un bonbon quelques minutes après le médicament!

Distrayez l’enfant pendant l’administration. C’est un des rares moments où je n’ai aucun scrupule à laisser mon fils se faire hypnotiser par la télévision. Il est difficile de se concentrer sur Mickey Mouse ET sur le mauvais goût du médicament!

Vous pouvez faire semblant de donner le même médicament au jouet préféré de votre enfant (dans mon cas, Spider-Man!). Il pourrait être moins réticent à l’avaler! Et pourquoi pas une mise en scène complète? Prenez donc 5 minutes et jouez au docteur pour rendre agréable ce moment tant redouté!

Suggérez à votre enfant de se boucher le nez pendant l’administration du médicament : l’odorat est très lié au goût.

Les papilles gustatives qui détectent entre autres les saveurs amères se trouvent au fond de la langue. Vous pouvez utiliser une seringue ou un compte-gouttes, et donner le médicament dans le fond de la joue, pour un minimum de dégoût! Vous pouvez aussi proposer à votre enfant de le prendre avec une paille pour que le médicament n’entre en contact qu’avec l’arrière de la bouche.

Après avoir administré un médicament à un très jeune enfant, soufflez délicatement sur son visage. Ceci déclenche le réflexe de déglutition. Bébé avalera alors le médicament plutôt que de le garder dans sa bouche.

Encouragez votre enfant à coopérer en lui expliquant qu’il a besoin de ce médicament pour guérir et félicitez-le s’il collabore.

Par contre, ne faites jamais croire à un enfant que le médicament donné est un bonbon! Cela pourrait l’inciter à vouloir en consommer en votre absence, au risque de s’intoxiquer. Expliquez-lui bien que c’est vous qui contrôlez la dose et que vous devez être présent lorsqu’il prend le médicament. Assurez-vous de bien le ranger dans un endroit inaccessible (et pas dans la pharmacie au-dessus de la toilette!).

Et n’oubliez jamais que même si votre enfant va mieux, il faut aller jusqu’au bout du traitement.

Alors? J’espère que vous redouterez moins la prochaine dose!

Et vous, quel est votre truc préféré?

Dre Taz, Omnipraticienne
Je sais combien la santé est un sujet qui nous préoccupe tous... Inspirés par ma pratique d'omnipraticienne, mes textes sont d'abord ceux d'un parent comme vous!
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Commentaires (3)

  1. Geneviève D. 3 décembre 2009 à 17 h 28 min
    Quel texte pertinent! Et vous n'en avez pas parlé, mais que dire de l'horreur aussi des gouttes dans les yeux ou dans les oreilles...

    Moi ce qui m'embêtait toujours, c'est lorsque ma fille crachait ou vomissait son médicament. Je ne savais jamais quoi faire, si je devais lui en redonner ou attendre.
  2. Catherine 9 décembre 2009 à 13 h 59 min
    Waouh! Mais c'est génial. J'ai presque hâte que mon Spider-Man à moi tombe malade pour essayer tous ces trucs! ;-)
  3. Tasnime Akbaraly 12 février 2010 à 05 h 41 min
    Bonjour Geneviève,

    L'absorption d'un médicament dépend beaucoup de facteurs: le type de médicament, (antibiotique, antiinflammatoire, etc), de la forme (suspension, comprimé, etc), si l'enfant a l'estomac plein ou non, etc.

    En général, on s'entend pour dire que si un enfant vomit son médicament à l'intérieur de 30 minutes, il faudra répéter la dose.

    mais je vous suggère de toujours demander à nos bons amis les pharmaciens!

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