COVID-19: quels effets sur le calendrier de vaccination?

COVID-19: quels effets sur le calendrier de vaccination?
La pandémie de COVID-19 a perturbé le calendrier de vaccination des enfants. Quelles sont les recommandations actuellement?

14 octobre 2020 | Dans certaines régions du Québec, la pandémie a retardé la vaccination des enfants en raison du manque de personnel dans le réseau de la santé. Où en est maintenant la situation?

« En début de pandémie, le Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ) a jugé acceptable de reporter temporairement les visites de vaccination », rappelle le DMarc Lebel, pédiatre-infectiologue au CHU Sainte-Justine et président de l’Association des pédiatres du Québec. Le CIQ recommandait toutefois de prioriser la vaccination à 2, 4 et 12 mois.

Selon Marilou Kiely, conseillère scientifique à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), les tout-petits de moins de 1 an ont donc pu recevoir leurs vaccins sans trop de retard sur le calendrier prévu. « Pratiquement aucune région du Québec n’a arrêté complètement les activités de vaccinations », ajoute-t-elle.

Vaccination des femmes enceintes
L’avis du CIQ publié en mai recommandait aussi le maintien de la vaccination des femmes enceintes dans le cadre de leur suivi prénatal. « La coqueluche affecte beaucoup de jeunes bébés et la vaccination des femmes enceintes contre cette maladie pendant le dernier trimestre permet de protéger le nourrisson », explique Dr Lebel.

Toutefois, en mai, le Registre de vaccination indiquait que le nombre de doses administrées pour les vaccins à partir de l’âge de 18 mois avait diminué de façon importante. « Les régions frappées fortement par la première vague, comme Montréal, avaient plus de retard à rattraper que des régions moins touchées comme la Gaspésie », précise Dr Lebel.

Le CIQ a donc publié de nouvelles recommandations qui sont toujours en vigueur aujourd’hui. Notamment, la vaccination des enfants de moins de 2 ans devait être maintenue ou remise en place dans les régions où elle avait été suspendue. Par ailleurs, le vaccin prévu entre 4 et 6 ans devait aussi être conservé, mais pouvait être reporté temporairement au besoin. Selon Marilou Kiely, il est en effet acceptable de retarder cette dose, puisque l’intervalle de temps pour donner ce vaccin est plus long. Le CIQ mentionne toutefois que les enfants doivent le recevoir avant l’âge de 7 ans.

Pourquoi est-il important de continuer la vaccination?

« Des échos sur le terrain rapportent que certains parents seraient plus craintifs de se présenter à un rendez-vous de vaccination parce qu’ils ont peur d’être exposés au virus de la COVID-19, reconnaît la conseillère. Cependant, beaucoup de mesures de sécurité ont été mises en place pour les rassurer. » DLebel rappelle pour sa part que les vaccins sont la meilleure forme de prévention qu’on peut offrir aux tout-petits.

En effet, la vaccination permet d’éviter des maladies sérieuses qui peuvent provoquer des séquelles importantes. L’interruption prolongée de la vaccination pourrait entraîner une augmentation des infections par la coqueluche, des infections à pneumocoque et des gastroentérites causées par le rotavirus, note le CIQ dans son avis.

Cela dit, le confinement du printemps a non seulement réduit le nombre de cas de COVID-19, mais a aussi diminué la fréquence des autres infections. « Toutefois, le confinement ne dure pas éternellement et avec la réouverture progressive des services de garde et des écoles, il était important de reprendre la vaccination », souligne Dr Lebel.

Où faire vacciner son enfant?
Les parents qui souhaitent faire vacciner leur enfant peuvent visiter le site web du CIUSSS ou du CISSS de leur région pour connaître la procédure à suivre. La vaccination y est offerte gratuitement et sur rendez-vous.

La vaccination dans les écoles

Au printemps dernier, la vaccination scolaire a dû être suspendue en raison de la fermeture des écoles. En mai, le CIQ mentionnait d’ailleurs que les vaccins prévus en 4e année du primaire et en 3e secondaire pouvaient être reportés étant donné les répercussions majeures de la pandémie sur les activités scolaires.

Avec le retour en classe en septembre, la priorité est maintenant de vacciner les élèves actuellement en 4e secondaire et qui n’ont pas pu recevoir le rappel contre le VPH et l’hépatite B l’année dernière. « On ne veut pas manquer cette dose parce que ces élèves vont bientôt quitter l’école secondaire et ils seront alors plus difficiles à rejoindre, explique Marilou Kiely. Pour les élèves de 4e année du primaire, ce qu’on privilégie, c’est qu’ils reçoivent au moins une dose des vaccins contre le VPH et l’hépatite B. »

Selon la conseillère scientifique, il est possible que la vaccination ne se fasse pas à l’automne puisque les ressources pourraient être plus limitées, mais elle devrait avoir lieu pendant l’hiver. La Direction régionale de la santé publique de Montréal a toutefois annoncé qu’il n’y aurait pas de vaccination scolaire dans la région cette année.

Et le vaccin contre la grippe?

Selon DLebel, certains groupes sont plus à risque de connaître des complications s’ils attrapent la grippe. C’est le cas des personnes âgées et de celles avec des problèmes de santé. Dans un avis publié en juin, le CIQ recommande de les vacciner prioritairement. Par conséquent, les enfants en santé ne sont pas visés par la campagne de vaccination contre la grippe. « Dans une situation idéale, on serait capable de vacciner tout le monde contre la grippe, explique DLebel. Avec la deuxième vague, il risque toutefois de manquer de personnel dans les hôpitaux. »

 

Sources : INSPQ, INSPQ et Le Devoir

 

Kathleen Couillard – Naître et grandir

Naitre et grandir.com

 

Photo : GettyImages/FatCamera

Partager

À lire aussi