Mentir, un signe avant-coureur de succès!

Mentir, un signe avant-coureur de succès!

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25 mai 2010 – « C’est pas moi! », rétorque votre petit de 3 ans, seul à table devant le lac de jus de raisin qui s’échappe de son verre. Visiblement, il vous ment. Doit-on s’inquiéter du fait qu’un enfant dise des mensonges?

Pas d’après une nouvelle étude1 menée par l’Institute of Child Study de l’Université de Toronto. Selon les chercheurs, le mensonge chez l’enfant indique que ce dernier a atteint un certain niveau d’habileté cognitive. Et surtout, cela ne prédit aucunement un comportement de menteur dans l’avenir.

Mentir nécessite que les fonctions exécutives2, telles l’anticipation et la planification, soient suffisamment assimilées. L’enfant doit être capable d’intégrer des informations et de les manipuler à son avantage. Pour les chercheurs, plus un enfant commence tôt à mentir, plus il démontre un développement intellectuel précoce; un signe prometteur en vue d’un succès futur!

Les résultats de l’étude révèlent qu’à 2 ans, à peine 20 % des enfants sont capables de mentir. Ce pourcentage grimpe à 50 % vers 3 ans, et à 90 % à 4 ans. Les chercheurs soulignent que l’âge de 7 ans s’avère « l’âge Pinocchio » par excellence. C’est aussi le moment idéal pour parler avec son enfant de l’importance de l’honnêteté et des aspects négatifs du mensonge (perte de confiance et de crédibilité chez les autres, chagrin causé, etc.).

Ils insistent sur le fait qu’il est inutile de crier ou de frapper son enfant lorsqu’il ment, mais plutôt profiter de l’occasion pour en faire un moment d’éducation. Surtout qu’après 8 ans, il devient plus difficile de distinguer les mensonges de l’enfant de la réalité. Par ailleurs, on observe qu’en gagnant en maturité, les enfants mentent moins. Vers 16 ans, la propension à mentir chute à 70 %.

L’étude consistait à des rencontres individuelles avec les enfants. On disait à chacun d’eux qu’un jouet se trouvait derrière lui, dans la pièce, mais il ne pouvait pas se retourner pour le regarder. Puis, prétextant un appel téléphonique, le chercheur sortait de la pièce, mais observait le comportement de l’enfant à distance, par caméra. La majorité des enfants (90 %) se sont retournés et ont menti, indépendamment de l’influence de leur milieu familial (ex. strict, ouvert, etc.).

 

Claudia Morissette – Naitreetgrandir.net

 

1. L’étude a comparé 1 200 enfants, âgés de 2 ans à 16 ans.
2. Les fonctions exécutives sont des processus cognitifs permettant d’adapter son comportement en fonction du contexte. Elles comprennent entre autres l’anticipation, la planification, l’organisation, la résolution de problème, le raisonnement logique, le contrôle cognitif, la pensée abstraite, l’apprentissage de règles, l’attention sélective, l’initiative, etc.

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