Pourquoi les enfants ne comprennent pas du premier coup?

Pourquoi les enfants ne comprennent pas du premier coup?

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1er avril 2009 - « Attention au verre de jus! » « Va chercher ton manteau! » « Doucement avec le chat! » Les parents de jeunes enfants ont souvent l’impression de répéter constamment les mêmes consignes... sans que le message n’atteigne la cible!

Qu’on se rassure, les enfants enregistrent bien l’information. Le problème, c’est que la séquence des événements et l’anticipation ne font pas encore partie de leurs habiletés cognitives.

C’est ce que vient de démontrer une étude de l’Université du Colorado1. Selon les chercheurs, il est faux de croire que les enfants d’âge préscolaire sont comme de petits adultes qui s’entraînent à faire comme les grands. En fait, leur façon de traiter l’information et d’aborder les situations différerait totalement de celle des adultes.

Par exemple, un adulte dira à l’enfant de prendre son manteau avant de sortir, car il fait froid à l’extérieur. La façon de faire de l’enfant serait plutôt de sortir puis, une fois à l’extérieur, de réaliser qu’il fait froid. Sa mémoire entrera alors en jeu pour lui rappeler qu’il a un manteau dans son armoire et qu’il peut aller le chercher.

Est-ce utile alors de rappeler toujours les mêmes choses à nos grands de 3 ans? Tout à fait, car les enfants emmagasinent ces indications et les utilisent au moment où ils en ont besoin, d’après les chercheurs.

Ils suggèrent également, puisqu’il n’est pas très efficace de faire appel à la capacité de planification des enfants, de tenter de leur faire voir les conséquences ou encore d’utiliser leurs souvenirs. Comme leur rappeler qu’aujourd’hui, c’est aussi froid qu’hier où leurs doigts étaient gelés, même avec les mitaines.

Notons que l’étude a comparé la performance d’enfants de 3 ½ ans et de 8 ans pendant qu’ils jouaient à un jeu vidéo qui consistait à choisir la bonne séquence de deux éléments. Les plus âgés n’ont eu aucune difficulté à effectuer cette tâche; ils étaient même en mesure d’anticiper les réponses dès qu’apparaissait le premier élément. Les plus petits fournissaient un effort mental accru, démontré par un test qui mesurait le diamètre de la pupille. Pour les chercheurs, c’est comme s’ils ne pouvaient distinguer la séquence qu’une fois le dernier élément présenté, en faisant appel à leur mémoire pour se souvenir du premier élément.

 

Claudia Morissette – Naître et grandir.net

 

1. Chatham C.H, et al, Pupillometric and Behavioral Markers of a Developmental Shift in the Temporal Dynamics of Cognitive Control, Proceedings of the National Academy of Sciences, 24 mars 2009 (publié en ligne avant la version imprimée).

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