La dyslexie: les signes à surveiller en bas âge

La dyslexie: les signes à surveiller en bas âge
La dyslexie ne peut être détectée en bas âge, mais des signes peuvent laisser penser qu’un enfant pourrait avoir de la difficulté à apprendre à lire.

La dyslexie est un trouble du langage d’origine neurologique. Il s’agit donc d’un problème de fonctionnement dans le cerveau et non d’un problème d’intelligence ni de stimulation. Plusieurs études suggèrent que la dyslexie est héréditaire.

Un enfant qui souffre de dyslexie a de la difficulté à reconnaître les lettres, les syllabes ou les mots. En lisant, il en oublie, en inverse ou en modifie involontairement.

De 5 % à 17 % des enfants d’âge scolaire ont de la difficulté à lire. Parmi ceux-ci, de 2 % à 6 % sont dyslexiques. La probabilité d’être dyslexique monte à 50 % si l’un des parents l’est.

Les signes à surveiller

Si un membre de votre famille a eu beaucoup de difficultés à apprendre à lire, votre enfant pourrait, lui aussi, avoir cette difficulté. La dyslexie ne peut toutefois être diagnostiquée que lorsque l’enfant commence à apprendre à lire et à écrire. Néanmoins, certains signes permettent de penser qu’un enfant en bas âge pourrait être à risque de présenter des difficultés dans l’apprentissage de la lecture plus tard :

  • Il n’est pas capable d’imiter le cri d’un animal en voyant sa photo.
  • Il a du mal à apprendre les couleurs.
  • Il a de la difficulté à apprendre les nouveaux mots rencontrés au cours des activités quotidiennes.
  • Il utilise énormément de mots passe-partout (choses, affaires, etc.).
  • Il n’aime pas du tout jouer avec les sons (rimes, comptine, inventer de nouveaux mots, etc.).

Si un enfant de 3 ans et plus présente plusieurs de ces caractéristiques, il serait pertinent de consulter un orthophoniste. Pour trouver un orthophoniste, visitez le site de l’Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec : www.ooaq.qc.ca. Si l’enfant est déjà à l’école, l’équipe de spécialistes pouvant offrir de l’aide inclut aussi l’orthopédagogue et le psychologue.

Les bases nécessaires à l’apprentissage de la lecture

Pour votre enfant, le premier pas consiste à être conscient des sons qui composent un mot qu’il entend. Dès l’âge de 4 ans, la plupart des enfants apprécient jouer avec les sons de leur langue. Les rimes les fascinent et la capacité d’en faire (ex. : plat - chat) est un indice certain que votre enfant a en main un outil important pour apprendre à lire. Un enfant qui ne s’intéresse pas du tout à ce type de jeu d’exploration, même s’il y est souvent incité par l’adulte, est à risque de présenter une difficulté dans l’apprentissage de la lecture.

Une fois que votre enfant est conscient qu’un mot est composé de plusieurs sons, il doit comprendre que les lettres de l’alphabet correspondent aux sons du langage. Il pourra alors reconnaître les syllabes écrites, puis les mots et associer ceux-ci au vocabulaire qu’il connaît.

Après avoir reconnu les mots écrits, votre enfant aura à les combiner avec les autres mots de la phrase et du texte pour bien comprendre ce qu’il lit. S’il comprend bien le langage parlé, il aura davantage de facilité à comprendre ce qu’il lit. Sa capacité à imaginer la suite de ce qu’il lit ou de ce qu’il entend l’aidera aussi à comprendre les histoires.

Comment soutenir le développement de votre enfant?
Faites tous les jours des activités qui renforcent ses habiletés langagières telles que raconter des histoires, réciter des comptines ou encore regarder des livres d’images en utilisant un vocabulaire précis. Il s’agit de moyens particulièrement agréables et efficaces pour lui fournir l’appui supplémentaire dont il a besoin pour développer ses bases en lecture. Si toute la famille participe dans le plaisir, l’enfant qui a plus de difficulté améliorera ses compétences sans se sentir différent.
Pour rendre ces activités plus vivantes, vous pouvez utiliser :
  • des gestes ou des images, ou les 2 à la fois;
  • une intonation qui fait ressortir les mots les plus importants;
  • un débit plus lent que celui d’une conversation habituelle;
  • la répétition fréquente de mots ou de sons amusants (ex. : « Ron-ron-ron le petit chat! »).

 

Naitre et grandir.com

Révision scientifique : Élisabeth Déry, orthophoniste et coordonnatrice de la clinique d’enseignement en orthophonie de l’Université Laval
Recherche et rédaction :
Équipe Naître et grandir
Mise à jour : Novembre 2013

 

 

Références

Note : les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est donc possible qu’un lien devienne introuvable. Dans un tel cas, utilisez les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

  • DESTREMPES-MARQUEZ, D. et Lafleur, L. Les troubles d’apprentissage : comprendre et intervenir. Éditions de l’Hôpital Sainte-Justine, 1999.
  • EKINS E., Schneider P. Predicting Reading Disabilities from Oral Language Skills : A critical Review of the Literature., Journal of Speech-Language Pathology and Audiology, Spring 2006.
  • HAGTVET, B. E. Phonological and Linguistic-Cognitive Precursors of Rading Abilities., Dyslexia, Vol. 3 163-177, 1997.
  • ORDRE DES ORTHOPHONISTES ET AUDIOLOGISTES DU QUÉBEC. Prévenir les difficultés de la lecture dès l’âge de 12 mois? C’est possible. Communiqué de presse, mai 2012, www.newswire.ca.
  • ST-PIERRE, M.-C et al. Difficultés de lecture et d’écriture, prévention et évaluation orthophonique auprès des jeunes. Presse de l’Université du Québec, 2010.

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