Prévenir l'intimidation

Prévenir l'intimidation
Les tout-petits peuvent parfois vivre de l’intimidation. Il est toutefois possible de prévenir les comportements menant à l’intimidation.


Malgré leur jeune âge, les tout-petits peuvent parfois vivre de l’intimidation lorsqu’ils sont au service de garde ou en groupe. Il est toutefois possible, dès l’âge de 2 ans, de prévenir certains comportements menant à l’intimidation.

Enseigner le respect dans les jeux de rôles

Lorsqu’ils jouent, les enfants s’amusent à expérimenter différents rôles : domination, soumission, assistant, observateur, etc. Selon leur tempérament, les enfants occuperont plus souvent certains rôles. Il est néanmoins important de faire la différence entre jeu de rôles et acte d’intimidation envers un enfant.

L’enfant plutôt meneur

Pour un enfant meneur, qui aime diriger, le jeu de rôles peut être naturel et plaisant. Lorsqu’il joue « au bébé et à la maman ou au papa » par exemple, il se donne souvent le rôle du parent. L’autre enfant doit alors jouer le bébé, qui est un rôle plus passif dans lequel il peut, par exemple, se faire dire : « Tu dois dormir pendant que maman va travailler. »

Par son comportement plus directif, l’enfant meneur peut cependant parfois faire preuve de maladresse. Lorsque cela se produit, il suffit habituellement de l’inviter à utiliser des méthodes plus respectueuses pour que tout rentre dans l’ordre.

Par exemple, pour développer l’empathie, on peut demander à l’enfant meneur s’il aimerait que son ami choisisse pour lui. On peut aussi lui rappeler une situation qu’il a vécue et n’a pas aimée dans laquelle un autre tout-petit a décidé pour lui.

De plus, on peut inciter l’enfant à adopter d’autres comportements, comme « chacun son tour », dans un jeu de rôles afin que chaque enfant puisse avoir du plaisir. Tirer à pile ou face pour déterminer qui est le premier à choisir son rôle et utiliser une minuterie pour indiquer quand les rôles seront échangés est une autre idée pour permettre à tous les enfants de s’amuser durant le jeu.

L’enfant plutôt dominateur

Contrairement au meneur, un enfant au tempérament dominateur a tendance à imposer ses règles. Il a un tempérament plus égocentrique qui l’empêche de prendre en considération le point de vue de l’autre. Cet enfant ne choisit pas son compagnon de jeu au hasard. Il sait comment attirer l’attention des autres et reconnaître ceux qui auront tendance à se soumettre. Le comportement intimidant de l’enfant dominateur gâche le plaisir de ses amis parce qu’il utilise la menace, particulièrement auprès des tout-petits plus vulnérables.

L’intervention précoce auprès de l’enfant au tempérament dominateur est importante afin de prévenir les comportements violents éventuels. Il est cependant nécessaire de faire une distinction entre une chicane d’enfants et une situation où il y a un déséquilibre de pouvoir ainsi qu’une intention de faire du mal à l’autre.

Avec de l’aide, un enfant dominateur peut apprendre à devenir plus sensible aux autres. Pour y parvenir, il doit tout d’abord apprendre à décoder les signes d’intérêt ou de refus de ses compagnons de jeu. Ainsi, il apprend à respecter les autres et leurs idées.

Il est aussi important que l’enfant qui tente d’imposer sa volonté apprenne à accepter la frustration causée par le refus d’un autre tout-petit. Différentes options peuvent lui être offertes : jouer seul, proposer un autre jeu, écouter l’idée de l’autre ou négocier un compromis.

L’importance de la famille dans la prévention
Un milieu familial empreint de respect, d’écoute et de chaleur est la première protection contre l’intimidation. Un tel environnement offre à l’enfant un modèle où chacun a le droit de s’exprimer et le devoir de le faire dans le respect de l’autre.

Enseigner l’affirmation de soi

Les garçons ont tendance à avoir davantage recours à l’agression physique que les filles. Ces dernières ont plutôt tendance à faire appel à l’agression indirecte (ex. : exclure, parler dans le dos, dévoiler des secrets) que les garçons. Cette forme d’agression indirecte peut apparaître vers l’âge de 4 ans. Toutefois, autant les garçons que les filles auraient recours à l’agression verbale.

De leur côté, les filles ont souvent tendance à céder davantage que les garçons aux demandes ou au chantage. Une étude a d’ailleurs montré que les mères disaient à leurs filles de céder durant un jeu 3 fois plus souvent qu’à leurs garçons. Mais les garçons peuvent être, eux aussi, victimes d’intimidation.

Il est donc important d’enseigner l’affirmation de soi autant aux filles qu’aux garçons. En enseignant l’affirmation de soi à votre enfant, vous l’aidez à exprimer ses sentiments et à écouter sa petite voix intérieure qui lui dit ce qui lui convient, afin qu’il sache se défendre. Par exemple, lorsqu’un jeu ne l’amusera plus, il sera capable de dire qu’il veut arrêter d’y jouer. Vous pouvez lui montrer à s’exprimer d’une voix ferme, sans crier.

Lorsque vous décodez chez votre enfant des signes d’impuissance ou d’exaspération, intervenez en lui montrant comment formuler ses limites : « Tu peux dire à ton ami que tu ne veux plus jouer à être le chat, que tu as mal aux genoux ou que c’est à ton tour de décider à quoi vous jouez. » Avec votre enfant, désignez aussi une personne de confiance à qui il peut demander de l’aide, au besoin, lorsque vous n’êtes pas à ses côtés.

 

À retenir

  • Enseigner l’affirmation de soi aux enfants est un moyen d’éviter qu’ils soient victimes d’intimidation.
  • Même s’il est normal que les tout-petits expérimentent différents rôles dans leurs jeux, il faut s’assurer que tous ont du plaisir.
  • Il est nécessaire de distinguer une chicane d’enfants d’une situation où il y a un déséquilibre de pouvoir entre deux tout-petits ainsi qu’une intention de faire du mal à l’autre.

 

Naitre et grandir.com

Révision scientifique : Stéphanie Deslauriers, psychoéducatrice
Recherche et rédaction : Équipe Naître et grandir
Mise à jour : Mars 2018

 

Photo : iStock.com/imagepointphoto

 

Ressources et références

Pour les parents

  • DESLAURIERS, Stéphanie. Jeux d’enfants? L’heure juste sur l’intimidation. Montréal, Éditions Stanké, 2016, 160 p.
  • LÉOUZON, Roxane. « Intimidation à la garderie : un problème ignoré », Métro, 15 juin 2015. www.journalmetro.com
  • LIGNEPARENTS. Ligne téléphonique et clavardage. Services et écoute 24 heures par jour. 1 800 381-5085. http://ligneparents.com/
  • MALENFANT, Nicole. De l’intimidation à la garderie. Vraiment? www.petitmatin.com
  • MINISTÈRE DE LA FAMILLE DU QUÉBEC. Intimidation. www.mfa.gouv.qc.ca
  • PLAMONDON ÉMOND, Étienne. « La parole et l’écoute pour prévenir l’intimidation en bas âge », Le Devoir, 11 février 2017. www.ledevoir.com
  • PROGRAMME BRINDAMI, développé par le Centre de psycho-éducation du Québec. Permet aux enfants de 0 à 5 ans de développer des habiletés et des comportements sociaux. www.cpeq.net/offre/programmes/brindami/
  • SAINT-PIERRE, Frédérique. Intimidation, harcèlement : ce qu’il faut savoir pour agir. Montréal, Éditions du CHU Sainte-Justine, 2013, 144 p.

Pour les enfants

  • STANKÉ, Claudie et BARROUX. Ça suffit! Les 400 coups, 2018, 36 p.

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